DU THEATRE D’AGRICULTURE.
arbres : desquels l’importunité est très-grande, opprimans par les racines etbranches , presques toutes sortes de se-mences qu’on pourroit loger auprès. Orde cuider aussi planter des meuriers enterre déserte et infertile, ce seroit, tum-bant en l’autre extrémité , se tromperlourdement, pour le peu d’advancementqu’ils y feroient, encores qu’ils y re-prinssent : leur tardité vous donnant ma-où pister tière de vous repentir de ce conseil. Ce
les meuriers. •» \ ■* •, y / l'f r
sera (longues es endroits ou edineres vosmeuriers, que jugerés propres à la vigne,c’est assavoir, en terre de moyenne va-leur : plustost sèche, qu’humide : légère ,que poisante : sablonneuse, qu’argilleuse.Telle terre vous apportera fueille souhait-table, et en moyenne quantité, dont au-rés à suffisance, par la voie du nombredes arbres , l’amplifiant comme a estédict.
Disposer De quatre en quatre toises, ou de cinq
les meuriers . x •* . 9
par bocca- en cinq, en tous sens, a la quinqu once,
»«, rmgee,, pi an t era _ on [ es meuriers, si on en veutfaire desforests. Et désirant les disposerparrengées, aux orées des terres-à-grain,ou à l’entour des autres possessions, unpeu plus estroictement on les logera, sanstoutes-fois se restraindre par trop : cequ’on ne pourroit faire sans notable in-térest des arbres. Très-bien peut-on am-plifier la mesure , voire tant qu’on vou-dra , trop au large ne pouvans estre posésles meuriers ; veu l’apparente utilité quel’aer, le soleil et l’amplitude du fonds,causent à l’aggrandisseinentdes arbres età la bonté de la fueille.
et Mais d’autant que les seuls orées etpara eet. jj 0r[ | s j es terre s - à - g tain , vignobles, etautres parties d’un domaine d’estenduemodérée, ne suffisent de recevoir le grand
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nombre de meuriers requis à une bonnenourriture : et que d’ailleurs , la fueilledes arbres qui est au dedans des boc-cages , n’est si bonne que celle des envi-rons, par n’avoir le soleil ni les vents àsouhait 5 un milieu a esté treuvé entre cesdeuxextremes, pour convenablement lo-ger les meuriers au profit de leur fueille,et sans trop importuner le labourage desbonnes terres. C’est de planter les meu-riers parmi les terres , en doubles ren-gées, équidistantes de deux toises et de-mie , et de semblable mesure estant l’es-pace d’un arbre à l’autre, faisans les deuxrengées, une allée. Et disposer les allées,en long et en travers du champ , s’entre-croisans l’une l’autre, faisans des grandsquarrés vuides, chacun contenant un ar-pant, ou davantage si on veut, pour ysemer du blé, lequel s’y recueillera sansestre foulé par les amasseurs de la fueille :ains ce seront les allées, qui, seules ensouffriront le trépignement ; où pour leurpeu d’occupation de terre, la perte du blén’en sera pas grande. Conviendra aussiplanter les arbres de telle sorte, qu’ils nesoyent l’un au droit de l’autre, afin de nes’entre-presser, ains que celui d’une ren-gée , soit posé contre le vuide de l’autre,par ainsi, auront-ilsd’aer asséspour s’ac-croistre gaiement, mesme à l’aide du so-leil, qui leur restera libre du costé desgrands quarrés. Esquels, non seulementpourront estre commodément semés desblés, mais plantées des vignes où ellesprofileront, n’y esta ns par trop impor-tunées de l’ombrage des arbres : voiredressées des prairies, mais après avoirdonné aux arbres, quatre ou cinq an-nées , pour s’enraciner. Car par le moyendu parterre des allées , bien cultivé et
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