CINQUIESME LIEU
Rac esde rneuriers.
Troiscouleursde fruictses rneuriersblam s.
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quelques-fois fumé, les meuxiers profite-ront assés, ne leur pouvant beaucoupnuire la motte endurcie de la prairie, veuqu’elle ne les joinct que d’un costé. Ainsise dressera la meureraie avec beaucoupd’utilité, pour la bonté de la fueille, etsans nullement incommoder le domaine ;qui ainsi fourni de meuiriers , en demeu-rera très-plaisant avoir : aussi s’ageanceraet s’emmeliorera-il tant mienx que plussouvent le maistre visitera son terroircomme à ce sera-il incité , par le facilepourmenoir en ces belles allées : esquellessi bon lui semble, semera quelques grains,comme avoines ou petits pois, qui paye-ront tous-jours le labourage du fonds.
Deux races de rneuriers y a-il, discer-nées par ces mots , noir et blanc, et dis-cordantes en bois, fueil le, et fruict : ayansnéantmoins cela de commun , de bour-geonner tard , le danger des froidurespassé ; et de leur fueille, nourrir les vers-à-soye. On ne void que d’une sorte derneuriers noirs , dont le bois est fort etsolide, la fueille grande et rude au ma-nier, le fruict noir, gros et bon à manger.Mais des blancs , notoirement en reco-gnoist-on de trois espèces, distinguéespar la seule couleur <du fruict, qui estblanc , noir , rouge, tel séparément pro-duit par divers arbres, jortans tous néant-moins le nom de blan<c. Ce fruict est pe-tit , de saveur des-agréable , pour sa fadedouceur, dont il est immangeable parautres que par femmes desgoustées , en-fans, et pauvres gens e:n temps de famine.Au reste, ils se ressemiblent tous tiuis, nediscordans nullement par - ensemble : nien fueille , qu’ils prodiuisent de moyennegrandeur et de doux a ttouchement : ni enbois, estant jaune au dedans, comme ce-
lui des meuriers noirs, et presques aussiferme, dont tous ces meuriers se rendentpropres à la menuiserie. La fueille pro- »<>.,«
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venante des meuriers noirs , taictlasoye quaund «grossière , forte et poisante : au contraire U f ue,ü ‘'celle des blancs, fine, foible, légère: ainsidifférentes pour la diversité du natureldes fueillcs, dont sont nounis les vers ,qu’ils rapportent à leur ouvrage. Pour la-quelle cause, plusieurs désirans compo-ser ces choses en espérance de profit,nourrissent leurs vers , de deux viandes ,par distinction de temps : assavoir aucommencement, de fueille blanche, pouravoir la soye fine ; et à la fin , de noirepour la fortifier et appesantir. En quoitous-jours ne rencontrent-ils : quelques-fois le changement de viande, mesme dedélicate en grossière, n’estant agréableaux vers, qui en sont importunés. Et neseroit à px’opos, pour le fondement gros-sier qu’on donneroit à la soye , tenantcontraire chemin, commencer par la f ueillenoire, et finir par la blanche. Aussi telmeslinge de viande n’est l’eceu ès grandesnourritures, ains seulement où la fueilledu meurier blanc est rare, inventé pourla nécessité. Pour le plus asseuré, ce seratout d’une viande, que nous nourrironsnos magniaux, et ce de la plus profitable:ce qui se rapporte à la soye, laquelle tantplus fine est-elle , tant plus prisée , et ensuite tant plus d’argent elle donne, butde ce négoce. Et encores que la fueilleblanche face la soye foible et légère , nefaut pourtant la postposer à la noire : veumesme qu’elle ne discorde tant en cesqualités-là, d’avec celle provenante defueille noire, qu’il ne lui reste de forceassés pour les plus exquis ouvrages, et depoids à suffisance, pour en tirer raison-