Band 
Tome II.
Seite
118
JPEG-Download
 

CINQUIESME LIEU

Amasser lafueille pourla bailler dmanger auxvers.

118

et le suivant de Juin, les enter); et enceux- , sur les plus petits arbres de labastardière. Lenter de ces arbres e n leurtendre jeunesse est beaucoup à priser ,pour lavantage que cest davoir la meu-rière entièrement affranchie. Car pouirveuque quelques centaines darbres soyent en-tés, suffit une lois pour toutes, sans estrecontraint dy retourner : moyennant quela bastardière soit tenue tous-jours rem-plie. Ce qui sefaict en provignant les jet-tons sortans des enteures, desquels autantdarbres entés sortent, quil y a de bran-ches couchées dans terre : et dicelles par-après dautres en ressortans, sont demesme provignées à linlini ; dont lesarbres en provenans , pour tous - jourssont fournis dexcellente fueille, douce ,et grande : et par conséquent exempte detoute sauvaigine ; exquise et abondantenourriture. Voilà quels lieux et arbresavés à eslir pour vos meurières , afindavoir abondance de bonne soye.

A lordre quon a à tenir au eue illir lafueille des meuriers, pour le vivre desmagniaux, consiste le second artücle dece mesnage, pour rendre les arbres deperpétuel service. Il est à noter , queleffueiller porte grand dommage à tousarbres , souventes-fois jusques à les fairemourir : mais dautant quà cela est des-tiné le meurier, faict que naturellementil supporte mieux telle tempeste , quenulle autre plante. Si faut-il néantmoinsy aller fort retenu, car deffueiller incon-sidérément les meuriers, cest les rabou-grir, pour finalement, devenus chétifs,se mourir de langueur. Chacun confessequamasser la lueille à-tout la main, luneaprès lautre, sans toucher au bourgeon,est la plus seure voie pour la conser vation

des arbres : mais aussi la plus despen-cière, à cause du grand nombre de per-sonnes nécessaires à telle œuvre. Pourlespargne, le commun y procède dautresorte, qui est en arrachant la fueille à poi-gnées ; ce qui ne se peut faire que souventles branches nen soyent escorcées et quel-ques-fois esclatées, dont à la longue lesarbres périssent. Et mesme cest amasser,corrompt et ensalit la fueille , au détri-ment des magniaux , quand en la pre-nant à la mode quon traict le laict desvaches, on la froisse, comme si on envouloit faire sortir le jus: et le plus sou-vent avec mains mal nettes, la rend-on demauvaise odeur et saveur. Ces pertes se Eni aC ou P .préviendront, si à la mode de certainsendroits dEspaigne, la fueille est cueillieen la tondant avec de grands cizeaux detailleur : de laquelle couppant plusieursqueues à la fois, et icelle tumbantsur deslinceuls estendus sous les arbres, la des-pence sen rend modérée : mesme parestre de directement portée au bestail,sans avoir besoin destre triée, comme né-cessairement convient faire avant quelemployer, en séparant ce qui est gastédu bon, et les bourgeons avec, qui pourleur tendreur sont nuisibles aux vers : at-tendu quen faisant jouer les cizeaux, lonesjmrgne les cimes des arbres , et neprend-on que fueille bien qualifiée. Deceste invention ne se peut-on indifférem-ment servir par tout, ains seulementlassiete des arbres favorise lœuvre, pourcommodément y pouvoir estendre les lin-ceuls, réceptacles de la fueille, ni aussien temps venteux et pluvieux. Ce qui estlaissé à la discrétion du père-de-famille ,pour lemployer y treuvant de la com-modité. Au défaut duquel tondre, lon