DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.
tirera la fueille le plus doucement qu’onpourra, et avec le moins de perte desConvientia- ai’bres qu’il sera possible. Les amasseursavant que de fueille laveront les mains avant que latoucher à la touc }j er ? et l a reposeront en sacs bien nets,
aiin qu’elle ne joigne à aucune saleté.
Mai Moins quand on les tond, souffrent lesla fuciiiequi arbres, que quand on les eiiueille autre-goùlerJ™ ment : toutes-fois pour retenu qu’on yaille, c’est tous-jours avec leur intérest,dont finalement ils périssent, ravalansd’année à autre , la valeur de leur fueilleà mesure qu’ils deschéent de force. Cequi est la cause principale que les nourri-tures des vers ne sont tous-jours de mesinerapport, les unes que les autres, ne pou-vant autre que bonne fueille , nourrirheureusement ce bestail. Or bonne 11epeut estre celle qui vient d’arbre mal gou-verné , en l’effueillant ; ains seulementcelle dont l’arbre ayant esté bien mes-nagé durant les précédentes années, de-meure vigoureux. Par ainsi se trompentceux, qui sans regarder de près à ceci ,s’enfoncent en ce négoce. De là procèdentles plus fféquens défauts de ces te nourri-ture, et non du naturel de l’oeuvre : commescrupuleusement , voire superstitieuse-ment et fantastiquement, plusieurs du vul-gaire ignorant tiennent ne pouvoir deuxannées de suite bien rencontrer , pourquelque occulte imperfection qu’ils esti-ment estre en ce bestail, qu’aucuns don-nent, sans aucune raison, au logis ne seprenans garde des choses susdictes. Afindonques d’asseurer ce mesnage, pour unpréallable l’on avisera aux meuriers, enles logeant et conduisant comme j’ai dict.serait bon Et passant plus outre , d’avoir si grandetru^frï,, quantité de ces arbres, que si possibleIZfun^ est, la seule moitié suffise pour vostre
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nourriture, qu’on effueillera pendant quel’autre s’apprestera pour l’année prochai-neme nt suivante. Ainsi à l’imitation des la-bourages , alternativement, par années,la meurière partie en deux, servira etchornniera ) dont les arbres se maintien-dront en bon poinct, pour abondammentfournir de bonne lueille par plusieurs gé-nérations : tant pour n’estre les arbrestourm entés en leurs branches , que , parce loisir leurs racines pouvoir estre culti-vées sans despence. D’autant que les fraisdu labourage sortiront des grains qu’onsemera au fonds de la partie chommante( restans de l’importunité des meuriers )laquelle seule l’on chargera de blé, lais-sant l’autre vuide de semence l’année del’effuelllement des meuriers , pour tantplus à l’aise cueillir la fueille des arbres,sans fouler le blé ; comme sans tel ordrel’on feroit en le trépignant, par ce moyen,tirant le digne rapport et des arbres et dufonds. En outre, ceste notable commo- Commo-dité s’y ad-jouste, que lors que par heu- «««*!,• T.reuse nourriture , la fueille destinée pourvosmagniaux, défaut, comme cela avientquelques-fois, avec desplaisir et regret deles voir périr de faim 5 les vers sont oppor-tunément secourus de f ueille qu’on prendsur les meuriers de relais, par-ci par-là ,en plusieurs arbres et en divers endroits,sans les incommoder, en telle quantitéqu’il est requis pour la perfection de l’en-treprinse. Et encores que sous les meu-riers, toutes sortes de semences ayent àsouffrir , par les importunes racines etbranche s de ces arbres , ainsi qu’a estédict 5 si est - ce que moindre en sera laperte , que moins l’on trépignera les blésy estans j comme francs de telle tempeste,demeureront ceux qui seront logés en la