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dressés en chacun membre, salle ou cham-bre , selon sa capacité, et de telle sortequ’aucun n’en touche les murailles, depeur des rats : et pour aussi pouvoir detous costés donner commodément à man-ger au bestail : par-entre lesquels estau-dis , laissera-on des chemins assés larges,pour aisément y passer et repasser. Seprendra-on aussi soigneusement garde,de bien affermir les estaudis , afin que lebestail en s’aggrandissant, n’en face crou-ler quelque partie (comme autres-fois celam’est avenu, avec perte), et qu’ils ne s’cs-branlent par sa poisanteur, pour l’appuides eschelles qu’on y met contre, allantvisiter le bestail : ains demeurent asseu-rés jusques à la fin , pour telle cause n’yespargnant ne bois ne fer. Diverses sortesd’eschelles se font pour ce service-là, se-lon la fantasie. Aucuns accommodent àl’entour des estaudis, des aix, sur les-quels l’on va comme par galleries , pourpanser le bestail, faisans la ronde à l’en-tour : l’on y monte dès la terre , par pe-tits degrés , à ce apropriés. Autres fontdes bancs hauts et longs de bois léger ,pour estre tant plus faciles à remuer, se-lon le besoin. Autres ne se servent en cestendroit que de l’eschelle commune. Orquelles que soyent les eschelles ou mon-tées , toutes sont bonnes ; pourveu qu’ellesservent à ce négoce , jusques-là , que sanstrop de peine, par icelles on puisse com-modément aller paistre et visiter lebestail.
Z>a graine La fin de ces provisions est la soye,' er "°' laquelle tant meilleure et plus abondanteaurés-vous , que mieux choisie en sera lagraine. Considération commune avec toutesorte d’ensemencement, pour la diffé-rence qu’il y a de semence à semence. Car
que devés-vous attendre de graine bas-tarde, que soye bastarde, quelle bonnefueille que vous ayés , chacun produisantson semblable? Avec grande curiositédonques recercherons-nous la plus profi-table graine, rejettans celle dont la va-leur nous est suspecte. A la preuve con-siste la plus seure cognoissance de cestegraine,bien-qu’il y aie plusieurs addresses,jîour discerner la bonne d’avec la mau-vaise. Entre toutes les semences de ma-gniaux , dont nous ayons cognoissance ,jusques ici avons-nous tenu celle d’Es-paigne, pour la meilleure , fructifianttrès - bien par toutes les provinces de ceroyaume, où l’on faict estât de ceste nour-riture. Celle de Calabre despuis quelquesannées, y a acquis de la réputation ; nontant pour la bonté de la soye qu’elle pro-duit, que pour l’abondance. Cela pro-vient du ploton qui est grand, au res-pect de celui d’Espaigne. Etencores queles deux soyent durs, signe certain d’a-bondance de matière, et qu’à telle rai-son l’un soit à préférer à l’autre : la qua-lité l’emportant, la graine d’Espaignesera tenue au premier reng, en attendantque par réitérées espreuves, nous la puis-sions raisonnablement postposer à quelqueautre. Quant à la graine qui dès longtemps s’est naturalizée ès provinces duLanguedoc et celles de son voisinage,n’en faut faire grand estât, ne pour lafinesse, ne pour la quantité de soye qu’ellerend : car quelque exquise que soit lagraine de vers-à-soye , transportée deloin en tels quartiers, ne s’y maintientlonguement en bonté , ains s’abbastardit
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au bout de quelques années. La grainequi d’Espaigne est là directement portée,la première année n’y faict si bien, que