Volume 
Tome II.
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CINQUIESME LIEU

1 02 .

agréable aux vers, et chauds à suffisance.Lesquelles qualités joinctes à la capacitédes vazes, font que diceux se servent as-sés longuement, car cest jusques à latroisiesme mue quils y tiennent les vers :faisans si grands ces garbillos, et senfournissans de si grand nombre, quilsuffit pour satisfaire à leur dessein.

Loginrh- Pour plus daisance , un logis aux vers

propre pour 1 f ' f 0 .

tes vers en est expressément dresse, pour les j tenir

Uurpremière -» , . -i

/tune,»,. unis ensemble, neantmoins, par dis-tinctes séparations, jusques à la secondeou troisiesme mue , si on veut : ils seconservent et chaudement et hors du dan-ger des souris, cliats , poussièies , etautres injures, avec plus dasseurance,quen autre endroit. Cest comme unegrande garderobeou gardemanger, faicteà plusieurs estages, esloignés lun de lau-tre de quatre doigts, ou demi pied, surlesquels le bestail est reposé, sans au-cunement se presser. Ces estages sontcomme petits planchers , composés , oude légers aix de bois de sapin , ou dautreà ce propre, ou de rozeaux refendus, oude longue paille , et posés tant propre-ment , quon les puisse séparément osteret remettre à volonté, en les glissantcomme liétes, pour facilement visiter etpanser le bestail. On les enduira de fiende beuf, à lEspaignole, si ainsi on le dé-sire : et telle curiosité aura esté treuvéeutile, à ce que rien ne défaille à leslè-vement de nos vers. Le logis sera en-tourné de toile, clouée à des huis, commechâssis ouvrans etfermans de trois costés :et au devant des châssis , un ventau seraad-jousté, pour, en le fermant au be-soin , tantjilus chaudement tenir le bes-tail , et en louvrant, lui donner de laer,comme lon voudra. Ainsi, avec beau-

coup de commodité , les vers seront logésen leur première jeunesse , qui est lorsque plus ils en ont de besoin, passans enasseurance ces pas glissans de leur tendreaage , plusieurs périssent, par fautede bonne habitation : pour, fortifiés avecle temps, sortis de, estre remués enplus ample logis , comme sera monstre*.

Est à souliailter que les vers naissent De Us faire

. 1 , . i > , naistre dans

tous clans quatre ou cinq jours d inter- peu Jevalle, despuis les premiers esclos, jusques es,nicesaux derniers ; ne faisans jamais guièresbonne fin ceux qui tardent davantage ;ains chétifs et paresseux , achèvent leurvie en langueur, souventes-fois sans pro-fit. Cest pourquoi à celonincite lagraine,la chauffant avec curieuse diligence ,comme a esté monstré : moyennant le-quel ordre, peu de graine reste à es-clorre. Il ne faudra doncjues faire estât delagraine qui sera restée dans les boistesaprès ledict terme, ni des vers aussi quiseront ainsi tardifs : ains rejetter toutcela comme inutile. Telle naissance decompaignie est lun des plus notables ar-ticles de ce mesnage, dont finalementavec espargne , sort le profit selon le pro-ject, pource questant ce bestail pres-ques en mesme jour, plus facilement est-il traicté, que sil estoit de diverses aages.

Jai aussi dict quil souffre beaucoup par o

les froidures et par les chaleurs , et en f"J * [ e

toutes aages : car jeune, le froidlimpor- chauJ -

tune estrangement, ayant grande prinse

sur lui , le plus débile et délicat bestail

qui se nourrisse : et vieil, le chaud le

tue, quand en sa grande force , le treuve

gros et importun, pour la soye dont il

est rempli, qui le contraint recercher la

frescheur. Par contraires remèdes lon lit midest

pourveoid à ces choses : mais avec moins