CINQUIESME LIEU
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agréable aux vers, et chauds à suffisance.Lesquelles qualités joinctes à la capacitédes vazes, font que d’iceux se servent as-sés longuement, car c’est jusques à latroisiesme mue qu’ils y tiennent les vers :faisans si grands ces garbillos, et s’enfournissans de si grand nombre, qu’ilsuffit pour satisfaire à leur dessein.
Loginrh- Pour plus d’aisance , un logis aux vers
propre pour 1 f ' f 0 .
tes vers en est expressément dresse, pour les j tenir
Uurpremière • -» , . -i •
/tune,»,. unis ensemble, neantmoins, par dis-tinctes séparations, jusques à la secondeou troisiesme mue , si on veut : où ils seconservent et chaudement et hors du dan-ger des souris, cliats , poussièi’es , etautres injures, avec plus d’asseurance,qu’en autre endroit. C’est comme unegrande garderobeou gardemanger, faicteà plusieurs estages, esloignés l’un de l’au-tre de quatre doigts, ou demi pied, surlesquels le bestail est reposé, sans au-cunement se presser. Ces estages sontcomme petits planchers , composés , oude légers aix de bois de sapin , ou d’autreà ce propre, ou de rozeaux refendus, oude longue paille , et posés tant propre-ment , qu’on les puisse séparément osteret remettre à volonté, en les glissantcomme liétes, pour facilement visiter etpanser le bestail. On les enduira de fiende beuf, à l’Espaignole, si ainsi on le dé-sire : et telle curiosité aura esté treuvéeutile, à ce que rien ne défaille à l’eslè-vement de nos vers. Le logis sera en-tourné de toile, clouée à des huis, commechâssis ouvrans etfermans de trois costés :et au devant des châssis , un ventau seraad-jousté, pour, en le fermant au be-soin , tantjilus chaudement tenir le bes-tail , et en l’ouvrant, lui donner de l’aer,comme l’on voudra. Ainsi, avec beau-
coup de commodité , les vers seront logésen leur première jeunesse , qui est lorsque plus ils en ont de besoin, passans enasseurance ces pas glissans de leur tendreaage , où plusieurs périssent, par fautede bonne habitation : pour, fortifiés avecle temps, sortis de là, estre remués enplus ample logis , comme sera monstre*.
Est à souliailter que les vers naissent De Us faire
. 1 , • . • i > ♦ , naistre dans
tous clans quatre ou cinq jours d inter- peu Jevalle, despuis les premiers esclos, jusques es,nices ““”‘•aux derniers ; ne faisans jamais guièresbonne fin ceux qui tardent davantage ;ains chétifs et paresseux , achèvent leurvie en langueur, souventes-fois sans pro-fit. C’est pourquoi à cel’onincite lagraine,la chauffant avec curieuse diligence ,comme a esté monstré : moyennant le-quel ordre, peu de graine reste à es-clorre. Il ne faudra doncjues faire estât delagraine qui sera restée dans les boistesaprès ledict terme, ni des vers aussi quiseront ainsi tardifs : ains rejetter toutcela comme inutile. Telle naissance decompaignie est l’un des plus notables ar-ticles de ce mesnage, dont finalementavec espargne , sort le profit selon le pro-ject, pource qu’estant ce bestail né pres-ques en mesme jour, plus facilement est-il traicté, que s’il estoit de diverses aages.
J’ai aussi dict qu’il souffre beaucoup par o
les froidures et par les chaleurs , et en f"J * [‘ e
toutes aages : car jeune, le froidl’impor- chauJ -
tune estrangement, ayant grande prinse
sur lui , le plus débile et délicat bestail
qui se nourrisse : et vieil, le chaud le
tue, quand en sa grande force , le treuve
gros et importun, pour la soye dont il
est rempli, qui le contraint recercher la
frescheur. Par contraires remèdes l’on lit midest
pourveoid à ces choses : mais avec moins