DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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Causes desmaladies desvers ,
Et leursremèdes.
rantes, pour les res-jouir. Comme aussise plaisent-ils à la senteur des pourreaux,des aulx, des oignons , si la leur accous-tuinés dès leur jeunesse j contre l’opinionde ceux qui tiennent ces fortes senteursleur nuire, pour ne l’avoir bien expéri-menté : ce doubte ayant esté suffisammentesclarci par la preuve. Et non seulementres-jouissés vos vers par agréables sen-teurs , ains les en soulagés en la plus-partde leurs maladies. Sur quoi parlerons deleurs maux et de leurs remèdes.
Les extrémités des froidures et cha-leurs ; le trop ou trop peu manger ; lepaistre de mauvaise fueille, sont les prin-cipales causes des maladies extraordi-naires de ce bestail. S’il est travaillé decause froide, on le secourra par chaleur,en fermant le logis , comme dessus , enle perfumant avec de l’encens et autresmatières odoriférantes : auquel perfumaucuns ad-joustent du lard et des sau-cissons couppés par rouelles. Le bon vin,le fort vinaigre , et l’eau-de-vie , confor-tent ces animaux , ayans esté refroidis.Si au contraire ces animaux sont tra-vaillés du chaud , faudra recourir à lafrescheur, en ouvrant portes et fenestres,pour donner passage à l’aer et aux vents,passans à travers des chambres et salles,esventans l’intérieur au contentement desvers , se remettans en bon estât, par ceseul et petit remède. N’estant le logis sibien disposé que de besoin, seront lesvers portés par tables , dehors à l’aer ,pour le leur faire humer, demie heuredevant soleil levant. La diète, est le vraimoyen pour guérir ceux de ces animauxqui par trop avoir mangé , sont devenusmalades. L’on ne leur baillera rien d’uncouple de jours ; passés lesquels, ce seraThéâtre d*Agriculture, Tome II.
fort sobrement qu’on les paistra et peu àla fois. Comme aussi peu et souvent,convient donner à manger à ceux qui parfamine , sont devenus langoureux , pourles remettre et saouler, sans les engorger.Le mal est bien plus difficile à guérir, deceux qui ont esté repeus de mauvaisefueille, comme de la jaune, maculée,ou trop nouvelle: car souventcs-fois, deceste-ci, ainsi qu’a esté dict, leur avientflux de ventre, qui les crève : et de celle-là , la peste toute certaine. De cestema-ladie-ci les magni aux viennent tous jauneset tachetés de meurtrisseures,de quoi vousappercevant tant soit peu , ne faillés deles remuer diligemment en chambre ettables séparées, pour essayer de les sauverpar bon traietenient , ou du moins, pouréviter la contagion au reste dutrouppeau.Mais tenés pour désespérée, la guérisonde ceux qu’avec les marques dictes, verresestre baignés au ventre , par certainehumeur leur découlant en telle partie ducorps, lesquels enleverés d’entre les au 1res,pour viande aux poules (roi). Comme lesperfums aident à guérir toutes les ma-ladies de ce bestail, aussi ce remuer dechambre en autre , lui est généralementsalutaire ; par tel changement, estantremis en vigueur. En aucune ou peu deces maladies-ci, n’entreront les vers , sileur gouverneur les manie avec l’artificeet diligence susdicts : en quoi, outre le ha-sard de tout perdre, s’espargne la peine :estant beaucoup plus aisé à destourner lemal, par prévoyance , que le curer, parmédicamens. A quoi premièrement l’onvisera , afin que par négligence , l’on nese prive du profit espéré de cestc nour-riture. La solicitude estant requise très-grande à la conduicte de ce bestail, con-
S
Mal très -
dangereux ,
Et cestui-ciincurable.
Profit delàcurieuse dili-gence.