i38
CINQUIESME LIEU
Chasser •aux rats, des-tructeurs denos vers.
Qu'aucunhuile ne tou-che vers.
ufpprester htmatière auxvers pour yfiler la soye.
traint ceux qui l’ont en charge , nonseulement d’en estre près durant tout lejour ; ains d’y employer bonne partie dela nuict, pour les secourir à toutes occa-sions , lesquelles curieusement l’on re-cerchera. Les souris, rats, chats, fontgrand dégast à la trouppe de nos vers ,quand ils y peuvent aüaiiulrc , les man-geans avec grand apétit, comme exquiseviande. Contre telles tempestes , poursingulier remède , l’on tient des lumièresdurant la nuict autour des magniaux ,dont l’intérieur du logis en estant esclairé,les rats et chats n’y vont qu’avec crainte.Et sont du tout chassés , par le son desclochettes qu’on y tinte. De l’un et del’autre l’on s’accommodera, disposant deslampes ès endroits requis, en divers lieux :aussi des sonnettes , clochettes, et autresengins menans bruit, mis en lieu facileà les remuer. Mais tout cela en vain, sisouventes-fois la nuict on ne va laire laronde à l’entour du bestail ; à quoi ser-vira la lumière , qui esclairant, donneramoyen d’aller et venir aisément par-tout.Garderés cependant qu’aucun huile netumbe sur les magniaux : car il n’en fau-droit qu’une goutte, pour leur nuire beau-coup , par les maladies que l’huile leurengendre. Ce que prévenant, ne se ser-vira-on de l’huile pour veiller , qu’èslampes attachées ès murailles : et pourlumière portative à panser le bestail, dechandelles de suif, de cire, ou d’autrematière selon le pays.
Par tel traictement, et de la viande etde la main , dans sept ou huict jours sui-vans le dernier despouillement , vostrebestail se disposera à payer les despencesde sa nourriture. Ce que prévoyant debonne heure, ferés préparer les rameaux
nécessaires à la montée des vers, poury vomir leur soye, s’y agrafans. A ra-masser les vers ( ainsi appelle - on telleoeuvre) plusieurs matières sont bonnes,mais non aucune rameure verte, pour ledanger d’offencer le bestail se reverdis-sant , mise en oeuvre, comme elle f’eroitle temps s’addonnant à la pluie. Les pluspropres sont le rosmarin, le brusc, lessarmens de vignes , le jenest, les jettonsde chastanier, de chesne, d’ozier, desaule , d’orme , de fresne , et en sommede tout autre arbre et arbrisseau flexible,n’ayant mauvaise senteur. En l’appli-cation des rameaux va-on diversement,selon les divers avis des personnes. Aprèsavoir nettoyé le pied des rameaux , afinde tant moins occuper de place, on lesarrengera droictement, comme rengs decolomnes équidistans d’un pied et quart,peu plus ou moins, traversans les tablesd’une largeur à l’autre. Le pied du ra-meau joindra à la table en bas, et la cime,pour le rencontre de la table supérieure,et sa longueur, se recourbera ès costés ,dont se façonneront des arceaux. Par telledisposition , l’estaudis ressemblera à desgalleries faictes à arcades, à plusieurs es-tages , les uns surpassons sur les autres,comme amphithéâtres $ chose plaisante àvoir. Le vuide de l’entre-deux des ar-ceaux , joignant la table d’en haut, estrempli cle jettons de lavande , d’aspic ,de thym et semblables arbustes odorans;selon la commodité du pays, pour servirdoublement. Car en cest enramement,les magniaux ont à choisir de place , pourfermement y attacher leur riche matière,comme à cela ils sont fort difficiles , yallans fantastiquement : et y sont commeperfumés , par l’agréable senteur de ces