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Tome II.
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DU THÉÂTRE DAGRICULTü R E.

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En ce Lieucliap. xi.

des meuriers , en quelque part quilssoyent plantés, cliéant delle-mesme àterre à la lin de lesté , serrée en grenierséparé, prise de jour à autre, et donnéebouillie aux pourceaux, les tient en bonpoinct, commenceant de les mettre enchair : ce que leur vient très à propos ,quand , en suite , se rencontre bonneglandée, dont ils parviennent au super-latif degré de graisse.

Je couclieroi ici pour sixiesme com-modité les meures, Iruict de ces arbres ,

tant aimées de la poulaille pour leurgrande douceur, si le cueillir de la fueilledes meuriers pour les vers, ne nous os-toit le moyen den faire profit : les-quelles arrachées de larbre, quand-et lafueille , encores vertes , beaucoup de-vant leur maturité, restent de nulle va-leur , dont nen peut estre faict estâtcertain.

Toutes lesquelles choses, mettent àjour la valeur du meurier , arbre remplide la bénédiction de Dieu , qui en cesteseule plante , donne à toutes sortesdhommes et estats , ces belles matièrespour les vestir et meubler, selon leurs af-fections. La terre propre au meurier pourporter digne nourriture au ver , est celle

mesme que la vigne désire. Le vin estsalutaire au ver , le fortifiant, le préser-vant et le guérissant de maladie. Etcomme la vigne commence à produirebon vin, en sa cinquiesme ou sixiesmeannée , aussi en semblable aage, le meu-rier commence à porter fueille, très-bonneà bien nourrir le bestail , observationja marquée ci-devant. Ayant faict mar-cher de compaignie ces deux excellentesplantes-ci, ne sera mal à propos, en con-tinuant de représenter leurs sympathies,de dire , que comme l'esprit du vin , pardistillation , se convertit en eau-de-vie :aussi la quint-esscnce du meurier , serapportant à la fueille, est de alambi-quée par le ver , qui la convertit en soye :restant le terrestre dans le bois, duquel,encores la plus cuite partie, se rend àlescorce , d elle est retirée, comme aesté veu. Or dentrer plus avant en laconsidération de tels secrets de Nature,ce seroit surpasser les limites de ma dé-libération , qui est, de ne traicter en cestendroit, que de lescorce du meurierblanc , pour en recueillir le bien qui yest caché. Ainsi mes discours ne senfon-ceans jusques au centre, sarresteront àla sujmrficie.