DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.
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encore. Je ne répéterai pas ici ce qui a été dit àce sujet par notre collègue M. Grégoire , dansl’Essai historique sur l’état de l’agriculture enEurope , à l’époque à? Olivier de Serres (tome I ,page dix) ; je me contenterai d’observer, i°. queles auteurs de la Zoologie britannique ( BritishZoology, page 21 3 ) avancent comme un fait no-toire , que le dindon a été apporte en Angleterresous le règne de Henri VIII , contemporain deFrançois , et qui vivoient, l’un et l’autre ,au commencement du seizième siècle ; 2°. etqu’ Aldrovande, dont le second volume d’orni-thologie a été imprimé à Bologne en 1600 , ditqu’il y a à peine quatre-vingts ans que cet oiseaua été apporté en Europe (lib. XIII, cap. IIII,pag. 36 , 20 ).
On en trouve une assez bonne figure en bois ,et je crois que c’est la première , dans un ou-vrage écrit avant i 55 o, et imprimé cette an-née à Lyon , intitulé : Second livre de la des-cription des animaux, contenant le blason desoiseaux , composé par G. Gueroult, in-8°. 5cette ligure est antérieure à celles de Selon etde Gesner .
II. La peintade, ou poule de Numidie , quifaisoit chez les Romains les délices des meil-leures tables, est aujourd’hui assez communedans plusieurs de nos basses-cours , pour espérercjue, moyennant les soins de l’éducation, 011 par-viendra à empêcher cet oiseau de crier, à calmerson ardente impétuosité , à adoucir son humeurirascible, et à affoiblir ses dispositions à faire laguerre aux autres volailles. Cette conjecture estd’autant mieux fondée , que déjà on a pu, dansquelques endroits , le familiariser au point d’ac-courir de très-loin à la voix qui l’appelle , et devenir, aux heures du repas, manger jusques surla table.
III. L’outarde présenteroit un bien plus grandintérêt cpie la peintade : quelques tentatives in-fructueuses , entreprises à dessein de l’apprivoi-ser, n’ont pas été soutenues assez long-tempspoumons faire perdre l’espérance d’un meilleursuccès; nous ne doutons pas qu’un jource grandoiseau , si précieux par la bonté de sa chair etpar sa fécondité , ne perde de son caractère sau-vage, et ne vive en société avec les autres vo-lailles. Notre collègue M. Chaptal, pendant
Théâtre d’Agriculture, Tonte II,
son Ministère, a écrit aux Préfets des dépar-temens à travers lesquels les outardes passentdeux fois l’année , pour nous en procurer, soit àla faveur des filets, ou en s’emparant de leursœufs , lesquels, couvés par une de nos poulesordinaires, donneraient des petits plus propiresencore à la naturalisation.
IV. Pourquoi la gélinottene pourroit-elle pasêtre également admise dans nos basses-cours ?
Il a fallu peu d’eftorts à un habitant de la Silé-sie , piour en fixer de grandes quantités dans sesdomaines. Ne bornons jamais nos recherchesen ce genre : l’exemple du dindon transporté desi loin , et qui s’est multiplié piarmi nous commedans sa terre natale , 11e devroit-il pas être piourles voyageurs un motif puissant de faire à l’Eu-rope de piareils pirésens ?
V. Le Vaillant dit avoir vu dans les basses-cours des Hollandois , au cap) de Bonne-Espié-rance , plus de vingt espèces de canards et d’oiessauvages , qui nous sont inconnues ; elles s’ymultiplient comme les autres oiseaux domes-tiques de nos climats. L’oie de la Chine , deNorvège , de Guinée , d’Égypite , de Barbarie,du Canada , de la Frise ; les différens canardsdu cap de Bonne-Espérance , la sarcelle de laCaroline , les hoccos d’Amérique , prospèrentnon seulement sur les marais glacés de la Hol-lande , mais dans d’autres Etats du nord del’Europe , et on en obtient des métis, en croi-santleurs races. ( H. et P .)
(4) On trouve cette opinion dans presque tous page 4,les auteurs d’ouvrages sur l’économie rustique , «ton»* H,et dans tous ceux qui ont écrit sur l’hippiatrique. ! ‘ S " e ’ 7 'Les propriétaires, les écuyers et les gens d’é-curie ne manquent pas d’assigner encore pourprincipale cause de la toux des chevaux , d’avoiravalé quelques plumes. Je ne sais jusqu’à quelpioint cette opinion est fondée ; mais voici ceque j’ai été à portée d’observer relativement auxexcrémens :
Les volailles juchées dans les écuries , dansles étables, dans les bergeries , salissent, parleurs excrémens, tout ce qui se trouve au-des-sous d’elles.
Les cuirs des harnois qui s’y trouvent expo-sés sont bientèt séchés , gercés, et pour ainsi
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