CINQUIESME LIEU
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dire brûlés, à la place où les excrémens ont sé-journé.
Lorsqu’ils tombent frais sur les animaux , lepoil se détache quelquefois , et laisse une tracesèche et dartreuse sur la peau.
L’extrémité de la laine des moutons est sé-chée et pour ainsi dire calcinée à l’endroit ex-posé à l’action de ces excrémens.
Lorsqu’ils tombent dans les auges , et qu’ilsse mêlent frais aux fourrages et aux grains ,l’odeur fade et particulière qu’ils exhalent, dé-goûte les animaux ; cette odeur devient ammo-niacale ou urineuse en séchant , les alimenss’en imprègnent , et les animaux les refusentégalement : ils les rejettent aussi, lorsqu’ils lesrencontrent sous les dents avec les fourrages.
Olivier de Serres a déjà dit que la fiente de lavolaille étoit nuisible aux pourceaux (tome I,Lieu IV, chap. XV, page5y5, colonne I.)
Quant aux plumes , j’avoue que, malgré lepréjugé, je ne les crois pas aussi nuisibles:peut-être l’idée de la toux que l’on croit qu’ellesoccasionnent, vient-elle de ce que quelquefois ,en passant une plume dans le fond de la gorge ,on excite les animaux et l’homme à tousser et àvomir.
J’ai vu souvent des chevaux manger des four-rages dans lesquels il y avoit des plumes , sansen être incommodés , et j’y en ai quelquefois in-troduit exprès moi-même ; lorsqu’elles sont unpeu fortes, ou qu’ils lessentent sous les dents,ilsles rejettent, ainsi que la bouchée de fourragequi les contient; mais ils les avalent lorsqu’ellessont petites , parce qu’alors elles se mêlent etse mâchent facilement avec les autres alimens.
Au reste , les plumes ne pouvant servir d’a-limens , même aux animaux carnivores , qui lesrejettent, et à plus forte raison aux herbivores,qu’elles peuvent dégoûter , et salissant les four-rages , dont la propreté est une des conditionsessentielles, il est bon d’éviter qu’elles s’y trou-vent mêlées d’une manière quelconque.
Toutes ces considérations suffisent sans doutepour éloigner les volailles des écuries , étables ,bergeries , fenils et greniers , et pour ne pointpermettre qu’elles juchent sur les râteliers etsur les auges , comme il arrive dans beaucoupd’endroits. {Jri.)
(5) Les œufs sont en effet le revenu principalde l’entretien des oiseaux domestiques, dans unebasse-cour; ils présentent, comme aliment,comme assaisonnement et comme médicament,une ressource infiniment précieuse dans toutesles circonstances de la vie ; apprêtés sous unemultitude de formes, et sous toutes égalementutiles et salutaires , ils figurent sur la table del’homme riche comme sur celle du pauvre , ducitadin comme de l’habitant des champs, del’homme robuste comme du convalescent. Mais,combien cet objet est négligé, sur-tout dansles grandes exploitations ! on ne s’y donne pasmême la peine de compter le nombre des pouleset des coqs qu’on entretient, et d’examiner s’ilsréunissent les conditions propres à remplir lebut auquel on les destine. Le poulailler malsitué, dans l’état le plus incommode et le plusmalpropre , n’attache nullement les poules à leurdemeure; elles vont pondre dans tous les coinset recoins de la ferme, et souvent au-dehors,dans les terres cultivées , où elles font en mêmetemps beaucoup de dégâts ; enfin, aucun de leursproduits n’est soumis au calcul et à la moindresurveillance : faut-il être étonné que la volaillene présente souvent qu’une source de dépenseset de médiocres résultats ? Il m’est arrivé plu-sieurs fois de parcourir quelques - unes de cesgrandes fermes, avec l’intention de vérifier parmoi-même dans quelle proportion les femellesse trouvoient respectivement aux mâles : aprèsm’être assuré que le nombre des premières s’é-levoit à cent cinquante environ, et celui des se-conds à vingt-cinq, et qu’il y avoit par consé-quent un coq pour le service de six poules, lors-que quatre mâles au plus suffisoientpour fécondertoute cette peuplade volatile, je questionnai lafille qui en avoit le gouvernement, pour savoirà combien s’élevoit la quantité d’œufs qu’ellerecueilloit par jour, et c’étoit au mois de Mai(Floréal) , époque où la ponte est dans la plusgrande activité ; elle me répondit que la quan-tité alloit de trente à quarante, ce qui me fitjuger que le maître perdoit journellement, paraperçu , soixante à soixante-dix œufs. Cettefille fut de mon avis ; mais elle m’ajouta que lelogement des poules étant incominodément pla-cé , elles se rendoient par toutes les ouvertures
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colonne II,ligne 27 .