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Tome II.
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CINQUIE SME LIEU

croit encore dans beaucoup dendroits , quoiquecetteerreur soit tellement reconnue aujourdhui,que je crois inutile den parler ici. ( H .)

* » (8) La poule quon appelle commune, à cause

%i« ij. 8e la préférence quon lui donne presque par-tout, est celle quon doit sattacher à multiplier:sa fécondité est intarissable, hors le temps dela mue; elle pond sans sarrêter , jusquà lap-parition des froids : elle a encore lavantagedêtre la plus vigoureuse et la moins difiicile surle choix de la nourriture ; quand la cour, lagrange, les écuries, les fumiers , sont insuffisanspour fournir à sa subsistance , elle trouve , lelong des haies et des chemins, des insectes et desgrains pour y suppléer. Cest donc principale-ment de cette race quil faut peupler les basses-cours , sur-tout lorsque les soins et les dépensesont pour objet les œufs. Nous ignorons à quhnous sommes redevables de cette conquête : lé-poque de son acquisition se perd dans la nuit:des temps ; mais on peut lenvisager comme unvrai bienfait pour lhumanité.

On connoit des races de poules qui donnentfcdaussi gros œufs que les dindes et les oies de laigrande espèce ; mais la ponte nen est pas aussi!considérable. Les variétés dans la couleur des;plumes et des pattes , dans le volume et la forme:du corsage, sont nombreuses; mais les poules àiplumage frisé et à pattes emplumées, doivent,,malgré les éloges quon leur a prodigués , être;proscrites dune basse-cour utile : les premières,,parce quayant la peau à découvert, elles sonttplus facilement affectées du froid et moins em-pressées à pondre ; les secondes , à cause de:lhumidité quelles rapportent au poulailler, ettqui les rend inhabiles à la ponte etsujètes à havermine. Le pays de Caux possède deux va-riétés de poules, lune huppée , dun plumagtevarié , qui produit de gros œufs, mais peu ;lautre, noire , portant une petite crête, pon-dant beaucoup et de beaux œufs. Lune et lautrresont également bonnes pour élever des poulets ,dont on fait, suivant le sexe , des poulardes e:tdes chapons ; mais M ck. Chaumontel a observé ,relativement aux huppes et aux crêtes , qmeplus la Nature sest mise en frais pour décoreirles poules, moins elles pondent. Mes effort s

ne tendent quà augmenter la production desœufs sans augmenter le nombre des poules.Je voudrois retrouver la poule dAdria, qui,selon Aristote , pondoit régulièrement tous lesjours , et quelquefois deux œufs par jour; cestsur cette poide que jappellerois tous les soins ,en supposant cependant que ses œufs se rap-prochassent , par leur volume , de ceux de lapoule commune ; car il paroit que la ponte estdautant plus considérable, que les œufs sontmoins gros.

La poule de soie , si jolie et simignone à causede sa forme et de la lînesse de ses plumes , si at-tentive à pondre , si assidue à couver, qui apour ses poussins tant de tendresse et de solli-citude , seroit à coup sûr ma poule favorite etcelle que je proposerais de substituer à toutesles autres ; mais malheureusement deux de sesœufs nen valent pas un de la poule commune,et cest à regret que je la relègue dans la basse-cour des curieux , elle peut cependant servirdexemple aux mères coquettes et dépensières.Ce ne seroit pas la première fois que lorgueil-leuse raison aurait reçu des leçons de lins-tinct. (P.)

(9) Il est suffisamment constaté que la poulena pas besoin du concours du coq pour produiredes œufs. On a vu une poule , en cage pendantdeux ans , pondre régulièrement tous les deuxjours, depuis le mois de Ventôse (Mars) jus-quà la fin de Fructidor ( Septembre) , sans ja-mais manifester le désir de couver, et sans queles œufs eussent moins de qualités cpie ceux depoules en liberté, ayant eu communication avecles coqs. Ils naissent naturellement sur cettegrappe quon nomme lovaire, et peuvent ygrossir , mûrir, se perfectionner, sans être fé-condés ; ce sont ce quon appelle des œufs clairs :le principe de vie communiqué par lacte dumâle pour le but que la Nature se propose , naaucune influence sensible sur le goût et la pro-priété alimentaire des œufs.

Pour appuyer cette vérité, il me suffira dedire que , pendant deux hivers , on na mangéchez moi que des œufs clairs ; quon na pas re-marqué quils fussent différens, pour le goût,des œufs fécondés ; et que qui que ce soit na

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