DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE,
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été incommodé de leur usage. Combien d’œufsclairs circulent dans le commerce , sans qu’ons’en doute ! Il y a des années où la plupart despoules n’en pondent j)as d’autres ; et les marins,qui n’embarquent des poules que pour avoir desœufs frais , 11e songent pas à leur procurer decoqs. Transportons-nous, d’ailleurs, dans lespetits ménages qui, de temps immémorial, sontdans l’habitude d’entretenir quelques poulessans mâle ; en consomment-ils moins les œufsavec plaisir et sécurité? Que les particuliers quiveulent avoir quelques poules , pour les nour-rir avec les miettes de la table et les débris dela cuisine , cessent de croire qu’elles ne pon-droient pas s’ils 11e leur procuroient la sociétéd’un coq ; et qu’ils soient bien convaincus qu’enle supprimant comme inutile, le grain qu’ilsépargneroient les mettroit dans le cas de nourrirune poule de plus. (P.)
(10) Le mil sarrasin est le sarrasin ordinaire,ou blé noir (polygonuni fagopyrum , L. ) ; onlui donnoit ce nom, comme on appeloit le maïsou blé de Turquie ( zea rnays, L.) , gros millet,et pour le distinguer du mil ou millet ordinaire( panicir ■ miliaceum, P.), et du grand milletnoir (Jiolcus sorghum. , L. ) , ou millet d’A-frique. (PT.)
, (11) Les poules sont les oiseaux les plus fa-
ciles à nourrir : toutes les substances alimen-taires leur conviennent, même lorsqu’elles sontenfouies dans le fumier. Rien 11’est perdu avecelles : on les voit , pendant toute la journée ,occupées sans cesse à gratter, à chercher et àramasser, pour vivre. La semence la plus fine,la plus imperceptible , 11e peut échapper à leursregards perçans : la mouche , dont le vol estle plus rapide , ne sauroit se soustraire à lapromptitude avec laquelle elles dardent leurbec ; le ver, qui vient respirer à la surface de laterre , 11’a pas le temps de se replier sur lui-même , il est aussitôt saisi par la tête et déterré,passe de bec en bec, jusqu’à ce qu’enfin il soitporté assez loin de la foule, par la dernière quil’a obtenu, pour avoir la liberté de le mangerà son aise. Mais relativement à la nourriturequ’on leur donne, l’expérience a appris qu’ilétoit essentiel :
i°. Que la pâtée fût chaude lorsqu’on la leurdistribuoit, parce que dans cet état elle contri-buoit à mieux conserver leur santé , à les rendreplus fécondes, et à les nourrir davantage ;
2 0 . Qu’on pouvoit remplacer la distributiondes grains cuits ou crus , par celle de la pommede terre cuite, mêlée à une certaine quantité defarine de ces grains, ou mieux encore par cemélange converti en pain , puis mis sous formede panade ;
3 °. Que les grains étoient, en général, meil-leurs lorsqu’ils avoient éprouvé la cuisson , etencore plus nutritifs lorsqu’ils avoient subi lapanification 5
4 °. Que la plus excellente nourriture pour lespoules , étoit ce même pain trempé et mêlé avecde la viande bouillie et hachée ;
5 °. Que, quand on employoit les os pour va-rier la nourriture des poules , il falloit les con-casser , si on vouloit qu’elles les digérassentavec autant de facilité et de promptitude queles noyaux des olives, qu’on ne retrouve plusdans la fiente des volailles ; en quoi elles dif-fèrent des animaux ruminans , qui les rendententiers ;
6°. Enfin , que la digestion des poules se fai-sant principalement par trituration, leur ins-tinct lesportoit à avaler des petites pierres ou despetits cailloux, pour aider les forces musculairesde leur gésier ; mais que souvent il arrivoit que,rencontrant du verre , elles l’avaloient commecorps dur, sans s’embarrasser de la faculté qu’ila de couper et de piquer ; que les effets funestesde cette substance , qui ont eu lieu sur plusieurspoules, devraient déterminer les cultivateurs àne pas souffrir que, parmi les débris de la cui-sine qu’on jette sur le fumier , il s’y trouvât duverre , des écailles de moules , des débris defaïunce, etc. ( P. )
(12) Plusieurs économes ont fait usage , avecgrand profit, des verminières qu’indique Olivier de Serres , et elles ont très-bien réussi à Rozier,qui les a aussi essayées ; mais il est bon d’obser-ver que, si la volaille les a à discrétion, elle s’en-graisse à vue d’œil, et pond beaucoup moins ;le trop , dans tous les cas , est toujours nui-sible. Olivier de Serres les regarde comme très-
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