DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.
\.6y
tion , mais il aide le moins possible les poussinsà sortir de leurs coquilles.
Le couvoir de Bonnemain paroit bien pluscompliqué que les précédens ; mais cependant ilest plus facile à diriger ; il offre sur eux quatreavantages rem arqua b les :
i°. Celui d’une chaleur infiniment plus cons-tante, à l’aide de son régulateur ;
2 °. Celui d’une chaleur humide plus parfaite-ment semblable à celle de la poule couvante;
3°. Celui d’appliquer principalement cettechaleur à la surface des œufs , c’est-à-dire del’appliquer presque immédiatement aux germesdes œufs eux-mêmes , qui paroissent, d’aprèsl’intention de la Nature , se diriger toujours demanière à recevoir ainsi la chaleur de la poule;
4°. Celui de ne pas produire une aussi grandeévaporation des liquides contenus dans les œufs,et par-là , de n’occasionner aucun empêchementà l’exclusion des poulets non retenus à leurscoquilles par un reste de blanc d’œuf desséché.
Aux procédés de Rcaitmur, de Copineau, deDubois et de Bonnemain, on en pourrait encorejoindre beaucoup d’autres qui ont été imaginésen France ; mais c’en est assez pour avoir l’idéedes efforts tentés pour établir dans ce pays un artcapable de rivaliser avec celui des Egyptiens .Tous ces procédés ont réussi plus ou moins. Ilest sorti quelques poulets des différons établis-semens où on les a mis en pratique. Mais, ilfaut l’avouer, la quantité qui y sont éclos n’estguère plus considérable que celle obtenue parles Grecs et les Romains; elle n’est rien encomparaison de celle qui sort annuellement descouvoirs d’Egypte , et nous avons toujours àregretter que nos savans , au lieu de vouloir in-venter un art nouveau , ne se soient pas plutôtappliqués à perfectionner celui des Égyptiens,et à l’approprier à notre climat. Nos regretsseront encore bien plus grands , lorsque l’ou-vrage surl’Egypte , qu’on prépare en ce moment,nous apprendra qu’il n’est pas aussi défectueuxqu’on l’a imaginé sur les faux rapports des voya-geurs ; lorsqu’on verra qu’il n’est pas impossiblede l’établir en France , tel qu’il est, sans avoirbesoin de le perfectionner, comme on peut en ju-ger par l’extrait que je vais donner de ma corres-pondance avec M. Boudet, pharmacien en chef
de l’armée d’Orient, et de celle de M. Rouyer,pharmacien de première classe de la même ar-mée , tous deux réunissant les talens pour bien<observer.
Fours à Poulets, ou Couvoirs de l’Egypte .
Ce sont des bâtimens faits en briques noncuites , mais séchées au soleil ; on peut voir le•détail fidèle et exact de leur construction et deleurs dimensions dans les ouvrages de Veslingius,■de Niebuhr et d’autres voyageurs. L’intérieur■deces bâtimens est coupé, dans sa longueur,par une galerie ou corridor qui sépare deux«rangées parallèles de fours, dont le nombre varie■depuis trois jusqu’à huit de chaque côté. Chacun•de ces fours est à double étage ; la pièce supé-rieure a une porte donnant sur le corridor , unttrou à sa voûte, qu’on bouche et qu’on ouvre à vo-lonté ; des fenêtres latérales , qui ne sont jamaisfermées, et qui communiquent avec les piècessupérieures des fours voisins ; une ouverture«circulaire, ou centre de plancher, par laquelle onpeut descendre dans la pièce inférieure, et au-tour de laquelle est ménagée une rigole destinée;à recevoir et à contenir de la braise allumée,dont la chaleur se rend , par l’ouverture ci-dessus , dans la pièce inférieure : celle-ci a,comme la première , une porte qui s’ouvre surle corridor ; c’est sur le sol de cette pièce quel’on place les œufs.
En avant du bâtiment principal dont ces fourslfont partie , sont plusieurs pièces : l’une moins•vaste que les autres, sert de fourneau à convertirles mottes de fumier en braise , à leur ôter lafaculté de répandre dans les fours où on les met,une fumée qui nuirait aux œufs ; une autrepièce est destinée à recevoir les poussins qui«doivent éclorre ; dans une troisième , on y dé-pose les œufs qu’on doit mettre dans les fours :«dans la quatrième logent les gens chargés de«diriger toutes les opérations du couvoir.
Les bâtimens qui contiennent les fours et tousleurs accessoires , sont toujours construits au«niveau du terrein ; jamais on n’est obligé de des-cendre pour y entrer : seulement ils sont assezgénéralement adossés contre de petits monti-«cules très-fréquens en Egypte , et qui sont for-més près des villes et des villages , par des