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Tome II.
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DU THÉÂTRE DAGRICULTURE. 169

comme dit Copineau, de causer un flux et re-flux de variations perpétuelles , on ne voit quede la braise , qui ne donne point de flamme ; aulieu dun combustible fournissant cette énormefumée qui, disoit-on, inondoit tous les fours ,et qui auroit pénétrer tous les œufs , étouffertous leurs germes , aveugler tous les gens oc-cupés à les soigner, on ne voit quune matièreà demi - consumée , mise en état de ne pouvoirplus donner de fumée ; et on apprend que toutecelle que les voyageurs ont aperçue au-dessusdes fours en activité de service, ne sortoit que dufourneau uniquement employé à les en garantir.

Enfin, au lieu de cette chaleur impossible àconcevoir, qui , alimentée pendant les dix pre-miers jours , sans pouvoir passer de beaucouple trente-deuxième degré, se conservoit, disoit-on , sans aliment pendant les onze derniers , demanière à procurer la même température , onvoit les œufs chauffés , pendant tout le temps delincubation , par un feu constamment entretenuau même degré ; seulement on a cru devoir letenir plus voisin des œufs les dix premiers jours,et plus éloigné les onze derniers.

La seule objection un peu valable est cellequon a faite contre le peu délévation des piècesinférieures des fours, ce qui doit rendre très-pénible lopération journalière du retournement,du déplacement des œufs; mais on pourroit re-médier ici à cet inconvénient, qui, dailleurs,nen est pas un en Egypte , les habitans serecoquillent plus facilement que nos Européens.

Poussins élevés sans le secours des Poules.

Il ne suffit pas de faire éclorre des poussinssans le secours des poules , il faut encore pouvoirles élever sans elles. Cette dernière partie delart présente plus ou moins de difficultés , sui-vant le climat et la saison dans lesquels on veutlexercer.

En Égypte , ce ne sont point les Berméens ,les conducteurs des fours, qui prennent ce soin :presquaussitôt que les poussins sont sortis deleurs coquilles , on les remet , par bandes dequatre à cinq cents , à ceux qui ont fourni lesœufs ; et les femmes , dans chaque maison , sechargent délever cette quantité de poussins.

Dans ce pays, il pleut très-rarement, les

Théâtre d'Agriculture, Tome II.

maisons , au lieu de toits , ont des terrassesbornées par des petits murs de quatre à cinqpieds (un mètre trente-six à soixante-dix cen-timètres) de haut. Cest dans ces enclos, sur lesol desquels est répandue une couche de terrefine, que les poussins passent la journée; ils ysont surveillés pour les garantir des milans , etpour leur distribuer du blé , du millet et du rizconcassés : à lapproche de la nuit, on les ren-ferme dans des cages faites de branches de pal-miers et garnies intérieurement de grosse toile,et on les retire dans les appartemens. Un moissuffit pour les mettre en état dêtre aggrégés àla volaille de la basse-cour.

Dans nos climats , lorsque les poussins sontéclos , ils ont besoin de rester pendant quatre àcinq jours dans le couvoir , exposés à une tem-pérature à-peu-près égale à celle qui étoit néces-saire pour lincubation des œufs. Il leur faut enoutre des mères artificielles ; ce sont des espècesde cages peu élevées , garnies intérieurement depeaux de moutons, et disposées de manière àrendre aux poussins le même service que celuiquils recevroient en se cachant sous les ailes etle ventre dune poule.

Les quatre ou cinq premiers jours expirés,on les transporte , avec leurs cages , dans unechambre exposée au midi et chauffée par un2)oèle construit et alimenté de manière à entre-tenir une chaleur de dix-huit à vingt degrés ; oubien, en suivant le procédé de Bonnemain, onles met dans une pièce régnent, à des dis-tances égales et à très-peu délévation au-dessusdu sol, quatre tuyaux fixés sous des planches ; àces tuyaux remplis deau chaude , sont attachéesdes flanelles lâches et chargées de légers poids ,de manière à faire présenter aux poulets descorps mollets qui puissent échauffer principale-ment leurs dos.

Dans lune ou lautre de ces étuves , les pou-lets se tapissent ou courent à leur gré. Pourquils y soient proprement, le sol est couvertdune couche de sable fin , qui reçoit les excré-inens , et quon enlève tous les jours à laidedu balai : les mères artificielles sont nettoyées,les peaux sont battues , la laine peignée , lespoulets salis lavés à leau tiède , les murs blan-chis à la chaux ou tapissés de nattes.

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