DU THEATRE D’ AGRICULTURE.
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tans du village voisin de son établissement ;bientôt ces paysans deviendraient tous d’aussihabiles conducteurs de fours que les Berméens ,ce qui ne serait pas plus difficile pour eux ,qu’il ne l’est, pour les habitans de Montreuil ,de devenir de bons jardiniers. (P.)
, (25) Tous les ovipares, dans leur couvaison ,
' paraissent retourner régulièrement leurs œufs ,et ramener ceux du centre à la circonférence.Plusieurs ménagères sont dans l’usage de saisirle moment où les poules prennent leur nourri-ture et un peu d’exercice , pour partager avecelles ce soin , afin que la chaleur se commu-nique plus uniformément ; mais il appartientexclusivement à la couveuse. Gardons-nous detoucher aux œufs qui sont en incubation , àmoins qu’ils 11e se trouvent hors du nid; pourlors il faut les y replacer avec précaution.Combien de couvées ont manqué à cause deces soins mal entendus ! Rien ne contrarie et nedérange autant les femelles, que de se mêlerde leur couvée jusqu’au moment où les petitssont éclos. ( P .)
, (26) Dans le nombre des moyens imaginés
' pour multiplier les œufs sans augmenter lenombre des poules , celui de réunir plusieurscouvées sous la conduite d’un chapon, paraîtêtre, jusqu’à présent, le plus utile, puisqu’ilramène tout naturellement les poules à recom-mencer à pondre ; mais il falloit chercher ettrouver un procédé moins cruel que celui indiquépar l’auteur, et c’est précisément ce qu’a faitRéaumur : il a pensé qu’il n’étoit pas nécessaired’enivrer le chapon pour lui apprendre le métierde conducteur, encore moins de lui arracher desplumes qui pouvoient contribuer à mieux ré-chauffer les poulets , et il a prouvé qu’il suffisoitde le mettre seul, d’abord, dans un baquet peularge et assez profond, de le couvrir pour luilaisser peu de lumière , de le retirer deux outrois fois par jour du baquet, pour le placer sousune cage où il trouvoit du grain ; puis , de luidonner deux ou trois poulets, qu’on porte etqu’on fait manger avec lui sous la cage, pourl’accoutumer non seulement à les souffrir, maisencore à en recevoir d’autres, dont on auginen-toit successivement le nombre jusqu’à quarante
ou cinquante , comme dans le premier procédé,et qu’il conduisoit de même.
Le chapon devenu conducteur de poulets ,reparaît à leur tète dans la basse-cour, noncomme il étoit avant, triste , honteux et humi-lié, mais fier, altier et triomphant; et telle estl’influence de l’audace sur tous les animaux,que cet air emprunté en impose tellement atixcoqs et aux poules , qu’ils 11e cherchent pointà le troubler dans l’exercice de sa charge. D’a-bord il est un peu gauche ; l’envie qu’il a deprendre, dans sa démarche, la dignité, la ma-jesté du coq, fait qu’il tient sa tète trop élevéeet trop roide , et qu’il ne voit pas les poussinsqui se pressent sous ses pattes et qu’il écrase ;mais bientôt instruit par ce malheur, il prendgarde à lui, et de pareils accidens ne sc renou-vellent plus. Comme la voix du chapon n’estpas aussi expressive que celle de la poule, pourengager les poussins à le suivre et à se réunirprès de lui, on y a suppléé, en lui mettant aucou un grelot. Une fois instruit à mener lespoussins, il l’est pour toujours , ou du moinsn’éprouve-t-on pas de grandes difficultés pourle remettre sur la voie.
Quand on a obtenu des services d’un individuquelconque, il est rare qu’on le tienne quitte ,et qu’on 11’essaie pas d’en tirer de nouveaux.
C’est ce qu’on fait à l’égard du chapon. On avoulu voir s’il consentirait à couver, et cettenouvelle expérience a encore réussi : après despréparations préliminaires analogues à celles quile disposent à conduire les poulets, on est par-venu à le faire couver ; et cette faculté, dans lechapon , est d’autant plus avantageuse , qu’onpeut mettre sous lui jusqu’à vingt-cinq œufs;qu’après l’incubation il conduit les poulets,et qu’on peut lui faire recommencer la mêmebesogne deux à trois fois, sur-tout lorsqu’on al’attention de le bien nourrir. Si cette pratiqueétoit généralement adojùée, les poules pon-draient sans distraction et sans interruptionjusqu’à la mue. (P.)
(27) Ce que dit ici Olivier de Serres , des poules rage i 9
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chaponnees, qui deviennent ainsi plus iecondes ^ ne uen œufs non propres à faire éclorre , ne paraitpas confirmé par l’expérience de nos jours, où
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