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Tome II.
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C INQUIESME LIEU

les poules quon cliaponne pour en faire despoulardes, ne pondent plus dès que lopérationest faite.

Il y a, en général, deux manières de faireles poulardes, ou en enlevant lovaire, ou enfaisant une incision dont la cicatrice obstrue lecanal et empêche les œufs de se former et dedescendre. Si , dans lun ou lautre cas, lopé-ration étoit mal faite , il ny auroit rien dex-traordinaire que la poule produisit encore desœufs : il en seroit en cela comme du coq , à quiquelquefois on ne peut enlever les deux testi-cules ; sil en reste un , cela suffit pour quilconserve un reste de voix, et quil coche encoreles poules ; alors on le nomme cocâtre : il 11estni chapon , ni coq , et il est rare quil acquierrelembonpoint du chapon ordinaire.

Les Romains avoient défendu la castrationdes poules , quoique cette opération leur pro-curât des poulardes qui pesoient quelquefoisquinze à seize livres (sept à huit kilogrammes)et dune très - grande délicatesse : sans doutecette défense 11avoit été faite que parce quilstrouvoient beaucoup plus davantage à en ob-tenir des œufs ; et elle auroit été inutile, si lacastration ne les avoit pas empêchées de pondre.Il nous paroît difficile , dailleurs, que les poulespuissent pondre et sengraisser à-la-fois ; car cenest que leur stérilité , quand elles sont biennourries et bien soignées, qui leur fait prendrelembonpoint surnaturel quelles acquièrent, etqui donne à leur chair plus de délicatesse.

Au reste , nous nous proposons de répéterquelques expériences à ce sujet ; nous seronssecondés par des propriétaires placés sur diverspoints de la France , et qui sont aussi intelligensquinstruits. ( P. et H. )

Page 19, (28) Voyez ce qui a été dit de contraire à

ugnë'U 11 cette opinion dOlivier de Serres , sur lâgeles poules cessent dêtre bonnes à pondre, ci-devant , note (17), page 161, colonne I. ( H .)

Page ao, (29) La manière dengraisser la volaille semble

devoir être extrêmement simple. On pourroitcroire quil suffit de lui distribuer , à des heuresréglées, une nourriture saine et abondante, ca-pable de la rassasier : à la vérité ce procédé luiseroit très-salutaire, il augmenteroit sa force et

sa vigueur ; mais pour remplir le but quon sepropose , il nest point nécessaire de la fortifier,de lui procurer une santé vigoureuse; on veut,au contraire, lui donner une véritable maladie ,une sorte de cachexie , dont leffet est un em-bonpoint extraordinaire, si supérieur à celui quilui convient pour quelle jouisse de ses facultésdans toute leur énergie , quelle ne manqueroitpas de mourir de gras-fondu , si on ne la tuoitpas à temps. On veut lengraisser , non pour sonavantage , mais pour le nôtre ; et, pour y parve-nir , on emploie des moyens quelle ne choisi-roit pas elle-même.

Une méthode plus expéditive que celles in-diquées par Olivier de Serres , consiste à mettreles volailles dans une cage ou épinette placéedans un endroit chaud , à les empâter deux outrois fois par jour , au moyen dun entonnoir ,avec de la farine dorge, davoine, de petit millet,de mays , détrempée dans du lait ; à leur donnerdabord une petite quantité de ce mélange unpeu liquide , par la raison quon ne leur donnepoint à boire ; puis , à augmenter successive-ment la dose jusquà leur remplir entièrementle jabot, leur laissant tout le temps de se viderà laise, avant de recommencer la même ma-nœuvre , pour ne pas troubler leur digestion.Lépinette employée dans ce procédé est unesuite de petites loges dans lesquelles chaquevolaille est séparée, comme emboîtée, et tel-lement resserrée , quelle ne peut se remuer quetrès - difficilement : tout ce qui lui est permisde faire , cest de passer sa tête par un trou, etde rendre ses excrémens par un autre.

Lentonnoir à la faveur duquel un hommepeut empâter une cinquantaine de poulets enune demi-heure, est ainsi décrit : Sur un esca-beau à hauteur de bras, sélève une espèce den-tonnoir , dans lequel on verse la mangeaille; dubas de cet entonnoir sort un tuyau courbe ,à-peu-près comme celui dune théière; on faitdescendre en dedans de lentonnoir , jusquesvers le bas, un secret garni dune soupape , àcôté de laquelle la mangeaille passe dans le fondde lentonnoir : ce secret est suspendu par unepetite verge de fer, attachée à une languetteaussi de fer, qui fait ressort, et qui sélève de-puis lescabeau jusquau-dessus de lentonnoir;