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Tome II.
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DU THEATRE D A G R I C U L T U R E.

L 7 C

à cette même languette tient une corde qui des-cend jusquau pied de lescabeau :, elle est ar-rêtée par une petite planche mobile, que lem-pâteur peut presser du pied ; par ce mouvementla corde tire la languette de fer, qui, en sabais-sant, force le secret, dont la soupape se ferme ,à descendre plus bas dans le fond de lenton-noir ; et par-, ce secret faisant les fonctionsdune pompe foulante , presse la pâte , et lo-blige à sortir par le bout du tuyau courbe, quelengraisseur tient dans le bec de loiseau, au-dessus de sa langue. Il a soin de retirer le pouletà linstant quil sent quil a pris assez de nourri-ture ; sil a dépassé la dose convenable , il le faitdégorger dans un vaisseau placé au-dessous dela machine, pour lempêcher détouffer. Chaquefois quon se sert de lentonnoir, on a soin de lelaver à leau fraîche , dans la crainte quil nyreste de lamangeaille qui saigriroit. Les pouletsnourris de cette manière , qui convient sur-toutaux marchands de volaille, sont, au bout dehuit jours, bien blancs, et dun goût excellent :en quinze jours ils ont acquis leur plus hautpoint de graisse. Il y a des personnes qui ajoutentà la nourriture prescrite un peu de semences dejusquiame (hyoscyamus niger, L.) , dans la vuede la rendre somnifère , et de faciliter ainsi len-grais en faisant rester lanimal parfaitementtranquille ; mais il reste à savoir si cette se-mence partage réellement les propriétés de laplante d elle provient. Dautres y mêlent desfeuilles et graines dorties (urtica dioïca, L.) ,séchées et réduites en poudre.

Je ne dirai rien de linutilité darracher à lavolaille quon veut engraisser, les plumes dedessus la tête , de dessous le ventre , et desailes ; elle doit être aisément sentie : il en estde même de la méthode de leur crever les yeux.Ces opérations ne contribuent en rien à lembon-point des malheureuses victimes de laplus détes-table sensualité.

Dans le temps la Nation avoit un goût dé-cidé pour les épices et les aromates , on imaginade varier à son gré la saveur et le parfum de lachair de la volaille , et de mêler à la pâtée des-tinée à lengraisser , plusieurs semences très-odorantes ; mais on sent que cette méthode ,qui ne pouvoit guère être employée que par

des gens très-riches , ne fit pas fortune chezles cultivateurs, et quelle dût passer commeune fantaisie. Cependant nous croyons quil fau-drait reprendre cette ancienne idée, en mettantseulement plus de sagesse et déconomie dansson exécution; nous croyons quil seroit très-important de rechercher et de reconnoître lessubstances communes qui , ajoutées à la nour-riture de la volaille , peuvent la rendre plusfine et plus savoureuse. En effet, si les grivessont excellentes dès quelles mangent du raisin,et leur chair aromatique et un peu amère quandelles ne trouvent que des baies de genièvre ; siles merles sont moins bons lorsquils vivent degraines de lierre; sil y a tant de différenceentre le lapin casanier, mangeur de choux, etcelui qui broute le serpolet, que ne doit-on pasespérer en faisant entrer dans la nourrituredes poulets des substances capables de modifieravantageusement la saveur naturelle de leurchair ! Ne sait-on pas déjà que des dindes quiavoient mangé beaucoup de feuilles doignons ,se sont trouvées dun goût exquis, tandis quedautres qui, ayant passé par la forêt de Fontai-nebleau, avoient mangé du genièvre, en avoientun très - désagréable? Que ceux du ci-devantGâtinois, qui mangent la graine du carthame ousafran bâtard , ont la chair jaune et amère ? Nesait-on pas encore que lortiegrièche, le persil,le fenouil, la chicorée sauvage , la mille-feuille,lail, toutes ces plantes hachées et mêlées à lapâtée des dindonneaux , ont changé avantageu-sement la saveur de leur chair? Enfin, ne sait-onpas que les poulets, dans la subsistance desquelsentre du phosphate calcaire , deviennent plusforts et leurs os plus solides? (P.)

Il me semble que lon na pas encore réunides données suffisantes en théorie et en pratiquesur ce qui constitue lengraissement des ani-maux, ni sur les effets différens qui résultentà cet égard, au moins dans le nord de lEu­ rope , i°. de la température , 2 °. du choix desalimens et de leurs préparations ,3°. et enfin ,des boissons.

Je ne parle pas du mérite que la castrationdonne à la chair et à la graisse de ces malheu-reuses victimes, cest une invention des pays dumidi ; je parle de lengraissement obtenu par