DU THEATRE D’AGRICULTURE. 2 5 7
ains et vignes et arbres robustes, à quoi ilpourveoira selon les occurences. Cetraic-tement et la culture qu’on donnera auxraiforts , laictues et autres viandes misesdedans la melonière, servira aux melonsde grand advancement, pour inviter leursracines à s’accroistre, selon leur naturel,qui est de s’allonger autant dans tei're ,que leur fueillage par dessus icelle. Etlors qu’on verra chargé de fleurs le ra-mage des melons et s’accroistre copieuse-ment, avec l’ongle en seront roignés lesbouts et cimes des jettons, pour, cngar-dantla substance de la plante de se perdreLes en herbe, l’employer aufruict. L’arrou-arrousera. semen j. y sera ac {-j 0 usté en temps oppor-tun , et continué jusqu’à ce que le fruictsoit parvenu aux trois quarts de son ac-croissement, estant autant nécessaire dele faire achever par sécheresse, commerequis de le commencer par l’humidité ,Qua„dca- afin de le rendre savoureux et sain. Pour*ÏZ2r°“' laquelle cause , lors qu’on s’appercevrales melons estre ja assés grands, on leurostera entièrement l’eau, la bannissantde la melonière : voire pour l’asséchertant mieux , la laissera-on sans culture.Mais ce sera sur la fin du fruict, ayantau-paravant (dès avoir enlevé de maturitéles raiforts, laictues et autres drogueriesnourries dans la melonière) esté très-bien marré le fond de la planche, quoi-que vuide en la plus-part, et icelui rayonnéy>our y faire courir l’eau : et par dessusles crestes des rayons, mis des petits bas-tons traversans pour supporter le ramagedes melons, lors que peu à peu s’accrois-sant , il s’allonge courant etcouvrant toutela planche, à ce qu’il ne touche à l’eau dé-coulante par dessous au fond des rayons,non j>lus au fruict 5 estant supjîorté parThéâtre d’Agriculture , Tome II.
tels appuis ; par en tout temps, tel fruict,craindre la mouilleure. Aussi mettra-ondessous les melons approchons la matu-rité , des tuilleaux, des pierres plates, desaix, et autres choses pour les esloigner dela terre, et faire qu’ils ne communiquentnullement à sa naturelle humeur. De Moymmesure, par couvrir la nuict, les gar -Z'dtZdera-ond’estrchumectésdesrozéeschéans " v * da " u "
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lors. Ainsi n’estans touchés d’aucune hu-midité procédante, ne du ciel , ne de laterre, les melons en meurissent plustost,et mieux, et en est rendu leur goustplusdélectable que plus fort, sur leur fin , ilsse cuiront par chaleur. Le coupper descimes de leur ramage est tant utile en cestendroit, que la maturité du fruict en estadvancée : car deschargés, les melons,de telles superfluités , ensemble de laplus-part des fueilles, la substance de laplante leur reste entière, dont ils se ren-dent d’autant meilleurs, que moins surleur fin leur aura - on laissé à l’entourd’empescliemcns.
Les melons ne pouvans souffrir retar-dement aucun en leur cueillète , contrai-gnent le jardinier de les visiter à tousmomens sur leur dernière aage, pour lesprendre justement au poinct de leur par-faicte meurté, devant ni après, n’estansau manger ni plaisons ni salutaires. Enquoi ils sont singuliers, car il n’y a autrefruict que la terre produise, ne se ployersans grande tare, à estre cueilli quelquepeu verdelet, ou trop meur. La maturitédes melons, se prévoiddès quelques joursau-paravant. Us s'approchent de leurpoinct, à mesure qu’ils s’acquièrent lustrequelque peu reluisant, qu’ils s’appoisan-tissent, et qu’ils commencent de sentirbon. Mais lors sont-ils parvenus au poinct aéZtZ" 1 '
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