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Tome II.
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2.Ô2.

S I X I E S M jE LIEU

cher la vertu du soleil, quelles la forti-fient , à lutilité de la plante, selon le na-turel de telle matière, comme tous lesjours sexpérimente, le soleil passant àtravers le verre, mettre le feu, en esté ,au bois sec, à la paille, et à toute autrelégère matière, sur lesquelles il frappe.Ces couvertures, sont grands chapeauxfaçonnés comme cloches par bas , oucomme cliappes dalambics, nayans borden lextrémité. Leur grandeur est dunpied de diamètre pour enveloper la fos-sette de la melonière, en laquelle sontsemées les graines , et lespesseur tantgrande quon peut, pour estre moinssujets à se rompre. Touchant la fossette,il en a esté dict ce quil convient : et com-ment le fond en est eschauffé par récentfumier de cheval, quon met dans terre :aussi de lordre de semer la graine. Don-ques, estant la terre eschauffee , et lesfroidures rabbattues par le rencontre duverre , les melons y fructifient à plaisir ,pourveu quavec patience lon tienne lescouvertures sur les plantes tant quonpourra, cest assavoir, aussi long tempsque leur accroissement le permettra, queles chapeaux pourront contenir le ramage,et que les chaleurs du temps arrivées ,ayent chassé la crainte des froidures.Outre lequel service, telles couverturespréservent et graines et jettons de tousleurs ennemis : estans par le rempart duverre , empescliés dy toucher les rats ,les limaces, chenilles, fourmis, et autresbestioles , qui les dégastent quand elles ypeuvent attaindre.

Touchant le feu duquel lon se sert encertains lieux pour avoir des melons, etle moyen de lemployer, nous en avonsi, op . «vi. renvoyé la pratique ci-après au discours

des orangers : le seigneur estant enpays froid (car ce nest ouvrage de simplemesnager) sinstruira de lordre quil a àfaire tenir , pour se pourveoir dun siprécieux fruict : sans regarder à la grandedespence, puis que le seul plaisir est letotal de ce quil peut espérer de telleforcée culture (5o).

Le gouvernement des concombres etcourges , est le mesure que celui des me-lons , par symboliser en naturel : qui estde craindre communément le froid. Maiscomme le melon est le plus délicat fruictde ces trois sortes-ci , aussi pour lui leplus spécial soin est réservé. Selon leslieux, chauds, tempérés, ou froids, seraordonné de la conduicte de ces plantes,pour les loger dès lensemencement, ouen plaine campagne, ou sur couches defumier, ou sous couvertures : dont le plusdésirable est celui auquel elles se peuventparfaire, sans nécessité de transplanter,pour les raisons dictes.

Des concombres communs y a-il,blancs,verts, griseastres : grands, moyens, pe-tits , discernés par telles qualités. Touslesquels finalement deviennent jaunes ,ay ans outrepassé le poinct de leur parfaictemeurté. Ils désirent fort leau , sans la-quelle ne peuvent vivre : aussi moyennantle fréquent arrousement, avec merveillesaccroissent-ils de jour à autre. Au con-traire, ils haïssent lhuile, duquel ses-loignent si on les en approche. Par ar-tifice peut-on avoir des concombres entoutes saisons et tous-jours frès, commeon lit de lempereur Tybère César, quitant aimoit ce fruict-ci, quil sen faisoitordinairement servir , le recueillant deses concombrières portées sur roues, descaves au soleil, et remuées dun lieu en

Concombreset courges.

Concombres.