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S I X I E S M jE LIEU
cher la vertu du soleil, qu’elles la forti-fient , à l’utilité de la plante, selon le na-turel de telle matière, comme tous lesjours s’expérimente, le soleil passant àtravers le verre, mettre le feu, en esté ,au bois sec, à la paille, et à toute autrelégère matière, sur lesquelles il frappe.Ces couvertures, sont grands chapeauxfaçonnés comme cloches par bas , oucomme cliappes d’alambics, n’ayans borden l’extrémité. Leur grandeur est d’unpied de diamètre pour enveloper la fos-sette de la melonière, en laquelle sontsemées les graines , et l’espesseur tantgrande qu’on peut, pour estre moinssujets à se rompre. Touchant la fossette,il en a esté dict ce qu’il convient : et com-ment le fond en est eschauffé par récentfumier de cheval, qu’on met dans terre :aussi de l’ordre de semer la graine. Don-ques, estant la terre eschauffee , et lesfroidures rabbattues par le rencontre duverre , les melons y fructifient à plaisir ,pourveu qu’avec patience l’on tienne lescouvertures sur les plantes tant qu’onpourra, c’est assavoir, aussi long tempsque leur accroissement le permettra, queles chapeaux pourront contenir le ramage,et que les chaleurs du temps arrivées ,ayent chassé la crainte des froidures.Outre lequel service, telles couverturespréservent et graines et jettons de tousleurs ennemis : estans par le rempart duverre , empescliés d’y toucher les rats ,les limaces, chenilles, fourmis, et autresbestioles , qui les dégastent quand elles ypeuvent attaindre.
Touchant le feu duquel l’on se sert encertains lieux pour avoir des melons, etle moyen de l’employer, nous en avonsi, op . «vi. renvoyé la pratique ci-après au discours
des orangers : où le seigneur estant enpays froid (car ce n’est ouvrage de simplemesnager) s’instruira de l’ordre qu’il a àfaire tenir , pour se pourveoir d’un siprécieux fruict : sans regarder à la grandedespence, puis que le seul plaisir est letotal de ce qu’il peut espérer de telleforcée culture (5o).
Le gouvernement des concombres etcourges , est le mesure que celui des me-lons , par symboliser en naturel : qui estde craindre communément le froid. Maiscomme le melon est le plus délicat fruictde ces trois sortes-ci , aussi pour lui leplus spécial soin est réservé. Selon leslieux, chauds, tempérés, ou froids, seraordonné de la conduicte de ces plantes,pour les loger dès l’ensemencement, ouen plaine campagne, ou sur couches defumier, ou sous couvertures : dont le plusdésirable est celui auquel elles se peuventparfaire, sans nécessité de transplanter,pour les raisons dictes.
Des concombres communs y a-il,blancs,verts, griseastres : grands, moyens, pe-tits , discernés par telles qualités. Touslesquels finalement deviennent jaunes ,ay ans outrepassé le poinct de leur parfaictemeurté. Ils désirent fort l’eau , sans la-quelle ne peuvent vivre : aussi moyennantle fréquent arrousement, avec merveilles’accroissent-ils de jour à autre. Au con-traire, ils haïssent l’huile, duquel s’es-loignent si on les en approche. Par ar-tifice peut-on avoir des concombres entoutes saisons et tous-jours frès, commeon lit de l’empereur Tybère César, quitant aimoit ce fruict-ci, qu’il s’en faisoitordinairement servir , le recueillant deses concombrières portées sur roues, descaves au soleil, et remuées d’un lieu en
Concombreset courges.
Concombres.