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SIXIESME LIEU
a,r,. Le citre est une autre espèce de ci-trouille qu’on eslève , principalementpour la graine, servant en médecine , etsa chair pour viande aux pourceaux,autre espérance n’en ayant. Elle est noire,et pour la grossesse de son naturel, facileà eslever (52).
Cornmsr.t Du ventre de tous lesquels fruicts , sym-gniiZ 2 bolisans ensemble , melons, concombres,cts/nm-u. C0UI ,g es ; C ougourdes , citrouilles, tire-onleurs graines et semences pour conserva-tion de l’engeance, quand parvenus enparfaicte meurté , l’on en vuide les en-trailles pour les conserver , séchées àl’ombre, jusqu’au printemps, et pluslonguement si l’on veut.
Lèguma . En ceste première saison du printemps,conviendra semer les légumes qu’on vou-dra eslever au jardin d’esté, exceptés lespois cicbes qu’on réserve pour le com-mencement d’Avril. Et bien-que de ceAiiiiic, tt, aie esté traicté ailleurs, si sera-il ici àpro-ti’np iv. j e ,L re f que si l’on en veut mettreen ce jardin-ci, on le pourra faire en cestesaison ; avec l’observation de la lunevieille , de la culture, de l’arrousement,du tondre de l’herbe des fèves, du bran-cher des pois , pour les faire fructifier,comme a esté dict. Les pois et feves se-ront ramolis dans l’eau pour douze ouquinze heures, devant qu’on les seme,pour tant plustost les faire lever de terre.La cueillète des pois et fèves, se faict dejour à autre despuis que les grains sontformés, dans les gousses jusqu’à leur en-tière meurté, pour en manger des ten-dres en potage et autrement. Et les res-tans parvenus à leur dernier poinct, se-ront cueillis en les arrachant de terre ( lalune estant nouvelle , pour les raisonsdictes ailleurs) après battus et serrés. Les
pois et fèves, entre les légumes sont ceuxde plus de réputation ès beaux jardi-nages. Ils seront accompaignés des cicbes,faziols , et autres de mérite , selon la qua-lité du lieu et autres circonstances le re-quérans : desquels ne sera en cest endroitplus avant discouru, en ayant dict ail-leurs autant que de besoin (53).
La caprière s’édifie comme la vigne ,c’est assavoir par maillots ou crocètess’enracinans dans terre les branches descâpres, de mesme que les sarmens devigne : non toutes - fois tant facilementqu’eux, dont du mystère y a-il à les fairereprendre, afin de les garder d’esventer;mal qu’ils craignent plus que nul autre,et devant et après leur plantement ren-dant doubteuse leur reprinse. Mais très-asseurée est-elle par margotes ou plantenraciné prins au pied des vieilles câpres,à telle cause estant ceste voie-ci, préfé-rable à toute autre. Seule aussi seroit-elle employée , si on y treuvoit du plant àsuffisance , ce que défaillant, conviendrafaire clieveler ou enraciner les maillots ,pour en-après les replanter en la caprière.La semence n’est de grande efficace encest endroit, pour son tardif accroisse-ment : de laquelle néantmoins se servira-on défaillant autre voie ; ainsi qu’à l’ex-treme curiosité , eschéant d’eslever quel-que excellentissime race de raisins, l’onen sème des pépins. Au mois de Novem-bre ou de Mars , selon la propriété duclimat, les ceps des câpres sont taillés,en leur ostant tous les jettons de l’annéeprécédente, excepté un œil du nouveaubois qu’on y laisse à chacun, pour plusfacilement reproduire de ce costé-là, quede l’endurci du cep : et que le fruict ensorte comme lesraisinsdes jeunespampres
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