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Tome II.
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SIXIESME LIEU

La cufillet»du fruict.

An IdeuVIII, eh. n.

ques-fois les extrêmes sécheresses pres-sans , arrousés : et en lautomne ou prin-temps , tondus et taillés comme a estémonstré .

Ce nest seulement en ces lieux ainsipréparés, les caprières sédifient, ainsaussi ès du tout plats, leurs rameaux yrempans comme concombres, mais nonavec telle utilité quès endroits eslevés,pour lintérest du fruict qui touche àterre, ainsi qua esté dict. Joinctquelesracines des caprières divagans par le jar-din ayans le large, par leur particulièrehumeur, incommodent les autres plantesdu jardin. Ce quelles ne peuvent faire,estans ci-dessus resserrées à lestroict,néantmoins ont-elles place suffisante pourleur entretenement.

Le fruict des caprières est cueilli dejour à autre, sans en attendre certainpoinct de maturité ; car comment quonprenne les câpres , sont tous-jours pro-pres à confire. Mesrne tant plus verteslon les cueille , tant plus apétissantes enrestent-elles : dont avient, que plus pri-sées sont les câpres, que plus petites onles treuve. De jour en jour donques, lonretire de la caprière tout le fruict qui seprésente durant la saison , et tout-dune-main, pour le conserver est-il confit à lamanière enseignée ci-après. La qualité ducâprier estant du genre des arbustes vi-vans longuement , faict sembler nestreici couché en son reng , ains devoir estremis au jardin fruictier. A cela est res-pondu, que, désirans les câpriers destreexposés en plain soleil, et que pour leurbassesse seroient en danger destoufferparmi les arbres du verger, leurs bran-clieage et ombrage les opprimans, avecplus de profit sont-ils logés au jardin po-

tager, quailleurs: joincte leur culture,commune avec celle de la potagerie.

CHAPITRE X.

Du Jardin Bouquetier ou à Fleurs ,premièrement des Arbustes (54).

Lordonnance de Caton est den-richir le jardin potager par fleurs , afinde joindre le plaisir au profit, selon lecommun désir : tenant pour manque etdéfectueux le potager , auquel défautlornement qui procède des belles et flo-rissantes plantes. Et de faict, le grandestât que les Antiques faisoient de labouqueterie , des chapeaux de fleurs ,des herbes et des racines de bonne sen-teur, des perfums, et semblables chosesprécieuses croissans ès jardins, monstrequils accontoient pour article notable ,ces excellentes matières , comme ser-vantes de lhomme, le tenans joyeuse-ment , le conservons en santé , pour de-voir estre soigneusement recerchées. Maisle grand nombre de telles exquises plantescréées de Dieu jiour le plaisir de lhomme,ne peut estre représenté par le jardinier,tant sen faut que de toutes il sen puissepourveoir. En quoi se void estre plusfacile à la Nature de tapisser la terre dela variété de ses fleurs, dinfinies cou-leurs , et odeurs, que par - discours hu-main les mettre toutes en évidence.

Nous embellirons donques nostre jardinbouquetier de tout autant de ces gentil-lesses dont Dieu nous aura donné la co-gnoissance, de partie desquelles, commepour double commodité , nous-nous ser-