DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 267
virons en autre usage que de plaisir selonles occurences : y laissans place pour lesnouvelles plantes, que de jour à autrepourrons recouvrer. Pour la diversité desouvrages de ce jardin-ci, diverses plantessont employées , hautes et basses. Estonnelles et cabinets , serviront les ar-bustes : et ès compartimens et autres mi-gnardises du parterre, dont la qualitérequiert de demeurer bassement , lesherbes à ce ployables , comme en lieuconvenable sera particularisé.
Commenceant par les arbustes diraique d’iceux les plus remarquables sontles roziers , distingués en quatre princi-pales espèces : une de rouges, autre d’in-carnates ou escarlatines, et deux de blan-ches. Les rouges sont celles de Provins propres à faire la conserve , les incar-nates, dictes de Provence et par d’aucunszebedées, celles d’où distille la bonne eauroze et servans aux apoticaires ès syropset autres choses : l’une des blanches ,outre la couleur, est au reste semblableà l’incarnate : l’autre est la damasquineou musquate, ainsi dicte pour sa précieusesenteur. Ceste-ci est fort petite, composéede cinq fueilles, les autres en ayansbeau-coup davantage , plus toutes-fois tantmieux le terroir leur agrée. Outre cesrozes-ci, y en a des jaunes et rouges plai-santes à voir, non à flairer : mesme lajaune , dont la senteur est plus mauvaiseque bonne : la rouge n’estant d’importuneodeur , ains seulement est-elle tant foibleet petite, que presques l’on n’y en reco-gnoist aucune. En nombre et grandeur defueilles, comme aussi en ramage, s’ac-cordent ces deux rozes-ci, avec les da-masquines , ce qui les faict accoupler en-semble pour communément servir en ca-
binet , dont pour telle diversité le cabinetse rend de plaisante représentation. Tou-chant les sauvaiges appellées canines,de plusieurs espèces s’en treuve-il parles hayes et buissons qui ont de la valeur :sur toutes lesquelles , les esglantines em-portent le prix, approchans des damas-quines. Tous roziers requièrent le terroirbon et vigoureux, toutes-fois, plus léger,que poisant : plus sec , qu’humide, lefréquent arrousement ostant la force dela roze. Et par racines et par branches,on les plante : par branches ou bouteures,au défaut de plant enraciné pour advan-ceinent d’oeuvre , préférant l’un à l’autre.Le temps en est divers, selon les diversessituations. Si c’est en pays chaud et sec,en Octobre ou Novembre l’on les mettraen terre : si en froid et humide , en Fé-vrier et Mars . Ne les faut profonder enterre plus d’un pied, et de pareille me-sure seront arrengés en la fosse équidis-tamment. Vous servant en cest endroitdes branches de rozier , les recourberésen la fosse en les estordant, pour tantmieux les faire enraciner, mais si deplant chevelu, le mettrés droictement enterre comme arbres fruictiers. Deux outrois fois chacune année , seront marrésles roziers , afin de les descharger desronces , buissons, et hei'bes nuisibles quise meslent parmi eux par la négligencedu jardinier. Convient aussi souvent lescurer et esmunder, comme de deux endeux ans $ leur ostant avec la serpe, dubois tout ce qu’on verra s’y envieillir et lesujxerflu aussi. A ce que par nouveauxjettons , l’on aie abondance de rozes bienqualifiées, telles n’estans jamais les crois-santes sur rameaux vieils et endurcis ten-dans à leur fin. Sera en outre très-bon en
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Quel terrait*requièrent ,et commentles planter.
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