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SIXIESME LIEU
les beschant, les fumer quelques-fois s’ilssont en terre légère , car plantés en bonfonds , n’est besoin prendre telle peine ,la fertilité du terroir leur fournissant assésde vigueur.
Faire ton Pour avoir des rozes de liastiveau oufort primeraines , convient advancer lesroziers par chaleur de fumier. Le moyenest, qu’estans les roziers plantés joignansquelque muraille au regard de midi, etpar là à l’abri de labize , soyent au mois(l’Octobre ou de Novembre , deschaussésprofondément, et la fosse remplie de bonfumier de cheval, meslé parmi un peude bonne terre. Après, durant l’hyvertous les huict jours une fois, seront ar-rousés avec de l’eau tiède expressémentescliauffée sur le feu, plus souvent si letemps se rencontre sec et venteux , riendu tout estant pluvieux et humide. Partelle addresse , dans l’hyver aurés desrozes , pourveu que les préserviés desgelées, les tenant couvertes. Mais ce seraaussi au détriment des roziers , qui pourtel pressé advancement, ne pourront estrede longue durée : car leurs racines se cui-
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sans en la chaleur du fumier, défaillentdans peu de temps. Perte non beaucoupconsidérable, eu esgard au contentementde telle gentillesse , et la facilité de faireaccroistre des nouveaux roziers , pour lessurrogerenla place des morts. L’advancéplanter des roziers , en advance aussi leflorir. A telle cause, seront les roziersenracinés, plantés vers la fin d’Aoust oucommencement de Septembre , la luneestant nouvelle : lesquels logés ettraictéscomme dessus , ne faudront de rendredes rozes en liyver.
JZt les enter. Toutes sortes de roziers se peuvententer en escusson pour meslinger leurs
couleurs : toutes-fois avec moins de peineen recouvre-on de diversement coloréspar le seul plant. Car en assemblant deuxou trois jettons de rozier, différais entelle qualité , et là les contraignant parsubtile union à s’accroistre ensemble , àla façon que j’ai monstrée d’unir les sar-mens de vigne, rapporteront avec esba-hissement des rozes, dont la bigearreurecontentera la veue. Aucuns pour avoirdes rozes vertes entent des roziers blancssur des lauriers, en persant le tronc del’arbre , et y fourrant à travers un jettonde rozier, ainsi qu’il sera monstré ci-après , croyans que les roziers nourris dela substance du tronc de l’arbre, rappor-teront à leurs fleurs, la couleur des fueillesde laurier. Curiosité , dont fèrés fairel’expérience, si la patience de vostre jar-dinier vous en donne le moyen (55).
Ainsi que le rozier, s’édifie le jesse- Jessemins.min, de racine et de branche, ayant ausside commun le non-désirer trop l’arrou-sement (pour l’intérest des fleurs) et lafacilité de service en berceaux , par estreses jettons pioyables à volonté. Il y a dequatre sortes de jessemins remarquées enla couleur des fleurs , blanches , jaunes ,rouges et bleues. A cause de la senteur,les blancs sont les plus prisés, n’estansles autres eslevés que pour la couleur.
C’est avec bonne raison , car estans misensemble et accompaignés du rozier deDamas blanc, pour sa précieuse senteur,qu’en abondance il communique aveccelle des jessemins , le cabinet composéde telles plantes, se rend magnifique.
Le plus de l’entretenement des jesseminsconsiste au tailler, estant nécessaire lesesmunder souvent, pour les deschargerde la rameure superflue dont ils se re-