DU THEATRE D’ AGRICULTURE.
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Jdurtfi.
vestent : laquelle ostée , par renouvelle-ment de brancheage, se renouvelle aussila grâce de ces plantes ( 56 ).
En plusieurs endroits de la Provenceet du Languedoc , le rosmarin (ajîpelléaussi, libanotis , pour la senteur d’en-cens qu’il représente ) vient naturelle-ment par les déserts , et en telle abon-dance , que les fours à cuire pain en sontescliauffés. Là 11e se doit-on travailler àles eslever ès jardins, ains seulement oùle climat ne favorise si avant telles plan-tes. Souffrent néantmoins aisément l’aerfroid, mais plus gaiement viennent-ellesen tempéré. Par bouteures ou branches ,est le vrai planter du rosmarin, par làfaisant plus ject, que par racines ne parsemence, employée au défaut des autres,et la vraie saison, l’automne, ne se re-prenant guières bien au printemps. C’estl’arbuste le plus agréable aux abeilles quenul autre , pour la bonté de sa fleur, quiest aussi fort primeraine , abondante , etde longue durée , dont tel bestail s’ac-commode très-bien. Il tient reng hono-rable au jardin , employé en bordures ,en cabinets et tonnelles ( 5 j ).
En pays chaud, le murte ou myrtevient gaiement sans nulle culture 5 enfroid, ne peut vivre qu’avec souci etpeine ; mais en tempéré gaiement s’é-difie-il. Pour la beauté de ses f ueillcs , ilest recerché, et pour autres utilités avec.Il pare très-bien le jardin bouquetier avecbeaucoup de lustre. De deux principalessortes de murte y a-il distinguées par cesmots , noir et blanc, pour la différencede leurs fueillages, l’un l’ayant de vert-
brun , et l’autre de
vert-gai,
les deux
gardons toute l’année la naïfveté de leurs
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couleurs. En la diversité de leurs fleurs,
se recognoist aussi y avoir de deux es-pèces de murte, l’un la produisant blan-che , l’autre jaune. De toutes lesquellesnous meublerons nostre jardin, mais plusd’estat ferons-nous de ceste-là, que deceste-ci, pour recognoistre quelque casde plus exquis en la fleur blanche , qu’enla jaune. Le murte , outre la faveur del’acr, désire la terre subtile et douce, pluslégère que poisante, et d’estrc mignardéavec du vieux fumier et bonne culture.
C’est q>ar semence qu’on s’engeance demurtes , quand le plant enraciné et labranche défaillent : ce qui avient , lorsqu’on est contraint les envoyer prendretrop loin, par s’esventer en chemin. En-cores préfère-on la racine, à la branche,pour l’advancement plus grand que faictl’une que l’autre. Estant question de seservir de la semence, l’on la mettra enterre deux doigts de profond , le lieu aupréallablc dès plusieurs mois proprementdisposé. Au mois de Mars et croissant delune , en est la droicte saison , non de-vant , pour crainte des froidures : des-quelles faut préserver les nouveaux jet-tons sortons de ces semences-ci, par cou-vertures qu’on leur tiendra au dessus,jusqu’à ce que la peur des gelées passée ,on les expose au beau temps. La diffi-culté du naistre et d’en conserver aprèsles jettons en leur première aage , causequ’aucuns logent premièrement ces se-mences-ci , dans des vazes de terre, d’oùles plantes fortifiées, sont en suite re-muées en autre endroit : ou bien tenuesès vazes , pour tant plus aisément les pré-server des froidures durent leurs impor-tunités. Eschéant de les transplanter, leclimat le souffrent, au bout de deux ansde leur naissance, seront les murtes ar-
Lfur
canduicte.