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SIXIESME LIEU
radiés de leur séminaire , sans retarde-ment , et incontinent plantés un pieddans terre droictement , comme fruic-tiers, en escartant doucement leurs ra-cines , et aj>rès en avoir recomblé la fosseuniment sur terre, le tronc sera couppéquatre doigts pardessus. Quant à la dis-tance d’une plante à l’autre , le naturelde l’œuvre en ordonnera. Si c’est pour encomposer un cabinet, ou des bordures èsallées, conviendrales arrenger, plus prèsl’un de l’autre que si 011 les vouloit escar-ter parle jardin, qui sera toute l’addresseque je vous donnerai là dessus. Gaignerésune couple d’années de temps, si édifiésles murtes par plant enraciné ou de bran-che, et éviterés le liazard d’en faire le-ver la graine de terre , pour sa foiblesses’y estouffant aisément. Et bien-que leplant n’aie presques point de racines ,n’importe, pourveu qu’il s’y treuve aubout quelque peu de bosse, par le moyende laquelle se reprend facilement, encela imitant les oliviers. Touchant labranche, pour la faire marcoter ou clie-veler dans terre , convient la cueillir èscimes des jettons des vieux murtes , lachoisissant fertile et polie: puis l’ayantestorse et recourbée , la logerés en lafosse, et icelle recomblée de terre et unieau plan, le bout de la branche en ressor-tira deux ou trois doigts. Par tel ordre ,s’enracinera et accroistra-elle fort bien ,moyennant que souvent la terre d’alen-tour soitbeschée , en temps sec arrousée,en hy ver fumée avec fien menu, et tous-jours tenue nettement par sarcler et es-herber: comme de mesmefaudra prendrecarde de si bien traicter les semences oùl’on les aura logées , qu aucune maligneplante ne leur nuise. Des murtes se dres-
sent des excellens cabinets au jardin bou-quetier, à l’aide des roziers de damas etdes jessemins meslés ensemble , lesquelsfaisans la couverture du cabinet et facedu septentrion, tiendront en abri lesmurtes estans plantés ès autres trois en-droils : et ne pouvons les murtes pourleur bassesse monter guières hautement,serviront là convenablement de muraille.Ainsi estant le cabinet composé de cestassemblage, la diversité de telles gentillesplantes le rendra très-plaisant, pourveuque la disposition et proportion du cabi-net respondent à la matière, que je réserveà l’engin du jardinier, en attendant qu’àplus de loisir je vous fournisse de plu-sieurs et divers pourtraicts de cabinets ettreillages, pour vous reposer et pourme-ner au jardin, afin de vous relever dejreine touchant l’invention.
Le fruict du murte appellé mirtil,sont des baies enfermons la graine, qu’onne retire des branches, que les geléesn’ayent touché dessus , pour leur matu-rité. Elles servent à plusieurs choses demédecine : aussi est utile tout ce que lemurte produit, racines , bois , fueilles ,fleurs. C’est la viande des grives ettour-dres en certains endroits de la Provence,que les baies de murte ; dont tels oiseauxs’y engraissent et en devient leur chairtrès-agréable, à cause de la bonne sen-teur qu’elle en retire ( 58 ).
Au défaut de murte, en pays froidl’on se sert du bouis, pour la conformitéde leurs fueilles symbolisans ensemble :l’ayant le bouis , ainsi que le murte, per-pétuellement verte et lice, comme satin.Aux injures des temps résiste le bouis,sur lui n’ayans aucun ou peu de pouvoir,ne froidures, ne gelées. C’est pourquoi est-
Bouts.