DU THEATRE D’AGRICULTURE.
Usure et grandeur d’un cul de verre. Jettesa graine dans un estui, de la figure etgrandeur d’un gros bouton de pourpoint.La graine est poinctue au milieu ; on lasème au printemps , en terre bien cul-tivée et engraissée (74).
Pois de Les pois de merveille seront ici em-
rsonesiu. jj s na J ssen t dans une vessie de la
grosseur d’un esteuf, trois en chacunevessie. Les pois sont noirs, ayans unemarque blanche au milieu , de la figuredu cueur. Son ramage monte en haut ,à cela estant guidé. Les pois pour se-mence , seront mis en terre au tempsque dessus, et là bien cultivés. Ne durentcpi’une saison non plus que les précé-dentes plantes (yS).
Cartoufle . Cest arbuste , dict cartoufle , porte
fruict de mesme nom, semblable à truf-fes , et par d’aucuns ainsi ajipellé. Il estvenu de Suisse , en Dauphiné, despuispeu de temps en çà. La plante n’en durequ’une année, dont en faut venir au re-faire chacune saison. Par semence l’on s’enengeance, c’est à dire, par le fruict mesme,le mettant en terre au commencement duprintemps , après les grandes froidures ,la lune estant en decours , quatre doigtsprofond, désire bonne terre, bien fumée,plus légère que poisante : l’aer modéré.Veut estre semé au large , comme detrois en trois , ou de quatre en quatrepieds de distance l’un de l’autre, pourdonner place à ses branches de s’accrois-tre, et de les provigner. De chacun car-toufle sort un tige , faisant plusieursbranches , s’eslevans jusqu’à cinq ou sixpieds, si elles n’en sont retenues par pro-vigner. Mais pour le bien du fruict, l’onprovigne le tige avec toutes ses branches,dès qu’elles ont attaint la hauteur d’un
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couple de pieds ; d’icelles en laissant res-sortir à l’aer, quelques doigts , pour làcontinuer leur ject: et icelui reprovigner,à toutes les fois qu’il s’en rend capable,continuant cela jusques au mois d’Aoust :auquel temps les jet tons cessent de croistreen florissant, faisans des fleurs blanches,toutes-fois, de nulle valeur. Le fruict naistquand-et les jettons, à la fourcheure desnoeuds, ainsi que glands de chcsne. Ils’engrossit et meurit dans terre, d’où l’onle retire en ressortant les branches provi-gnées, sur la fin du mois de Septembre,lors estant parvenu en jiai’faicte maturité.
L’on le conserve tout l’hyver parmi dusablon deslié en cave tempérée ; moyen-nant que ce soit hors du pouvoir des rats,car ils sont si friands de telle viande, qu’ypouvans attaindre, la mangent toute danspeu de temps. Aucuns ne prennent lapeine de jirovigner ceste plante, ains lalaissent croistre et fructifier à volonté,cueillans le fruict en sa saison : mais lefruict ne se prépare si bien à l’aer, quedans terre, en cela se conformant auxvraies truffes, ausquelles les cartouflesressemblent en figure ; non si bien encouleur, qu’elles ont plus claire que lestruffes : l’escorce non rabouteuse , ainslice et desliée. Voilà en quoi tels fruictsdiffèrent l’un de l’autre. Quant au goust,le cuisinier les ajipareille de telle sorte ,que peu de diversité y recognoist-on del’un à l’autre (76).
Aux truffes , nous accouplerons les Mosmmm.mousserons, potirons ou boulets, pourcueillir en nostre jardin ces fruicts passa-gers et volontaires. Au temps passé, es-timé l’artifice 11’avoir aucun pouvoir deles contraindre de s’accroistre en lieu cer-tain; mais tant grande est la curiosité de