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Tome II.
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SIXIESME LIEU

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l'homme , que faisant profit de tout, paraccident a-il rédigé en art ces te science.Le pur fumier de brebis, de lui-mesmeengendre des mousserons assés bons :mais avec de la terre , des meilleurs etplus délicats. Ce sont ceux qui estansblancs au dehors, vineux au dedans, nonguières grands, sont les plus prisés. Serafaict un lict de quatre doigts de haut avecterre fort desliée , comme celle que lestaupes poussent à laer, et par dessusmis du f umier, de pareille hauteur, après,de la terre , en suite du fumier, ainsi parlittes faisant une couche de deux à troispieds de haut. La couche est finalementarrousée de la décoction de mousseronsbien choisis j cest assavoir, de leaulon aura bouilli des mousserons , que ,tiède , on jettera par dessus soir et ma-tin. Par lequel moyen, la couche pro-duira en abondance , des mousseronstrès-bien qualifiés : non toutes-fois enautre saison quen lautomne et prin-temps, comme propre à telle viande. Parautre artifice, lon se fournit de mousse-rons par tout lon veut, et ce avecbeaucoup de facilité : car il ne faut quytransplacer de la terre en laquelle cefruict-ci croist naturellement , que choi-sirés selon les races qui mieux vousagréeront (y en ayant des bonnes de di-verses couleurs , comme jaunes , rouges,noirs) et laffermir doucement sans lapresser. Mais ce sera terre non emme-nuisée, ains enlevée en grandes pièces,comme gazons, afin de ne destraquer lasemence. Y ad-joustant larrouser avec ladécoction susdicte, servira à advancer lefruict , non quil y soit nécessaire. Ilsemble nestre ici le lieu de parler detelle matière , veu quil est destiné pour

les arbustes du jardin bouquetier. Mais yayant logé la cartoufle, avec raison , pal-estre arbuste , je lai voulu accompaignerdu mousseron , pour la sympathie de cesdeux fruicts : dont la provision est agréa-ble, pour leur utile nouveauté, conten-tement accouplable avec la plaisanteodeur des belles plantes du jardin (77).

Revenons aux plantes. Ceste-ci se fa- Belvtdere.çonne en arbrisseau, montant à la hau-teur dun homme , avec la proportion re-quise à un grand arbre : à laquelle beauté,estant joincte la plaisante couleur vertede son ramage, ressemblant àlhyssope,lui faict tenir reng honorable au jardin.

Elle est venue des Indes. Seslève par se-mence et par racines. Craint le froid :cest pourquoi on la loge en abri de labize regardant le midi : ou, pour plus deseurté, en pots de terre ou quaisses, latenant à couvert durant les froidures (78).

Aussi des Indes est abordée une herbe Grunul.en Hollande , dont la nouveauté et laqualité la font recercher. Elle ne se nour-rit , ni dans la terre , ni dans leau , ni àlaer, ains dans la maison suspendue sousles planchers, près loin du feu commelon veut. En Hollande elle est appellée,grunal, au langage du pays, qui signifietous-jours verdoyante. La manière deleslever est den rompre un jetton avecles doigts, non le coupper par aucun fer-rement , puis lenveloper de terre grasseet argilleuse, dans laquelle aura esté misde lhuile, faisant ressortir la cime du jet-ton. Largille est couverte dun linge ,cest envelopement lié avec une corde-lete , et icelle attachée au plancher le jet-ton regardant en bas. il produit desnouveaux jettons presques plats , grosenviron comme le poulce, sallongeans

dun