DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.
d’un pied et demi. Sont tous-jours ver-doyans, mais d’une verdeur sans fueilles.L’on y voidcontinuellement nouveaux jet-tonsqui poussentet croissent, et des vieuxqui tarissent et meurent. Ceste lierbene porte ne fleur , ne fruict, ne graine.L’on tient son jus estre venimeux. J’aiestimé à propos de faire ici mention deceste plante, poursararité (bien-qu’ellene serve à nostre jardin), l’accouplantavec la cartoufle et les mousserons, puisque communément s’extravaguent enquelque sorte de nostre matière (79).
J_jes herbes de bonne senteur, propresà faire bordures, sont les suivantes etLavande, ainsi maniées. La lavande tient reng ho-norable en cest endroit, pour la beautéde ses fleurs bleues, bonne senteur, etfacile gouvernement. Elle se plante etpar rejettons enracinés, et par bouteuresou branches, ès mois de Février et Mars,la lune estant nouvelle. Souffre la légè-
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reté du terroir, la sécheresse , la négli-gence du jardinier : se plaist à estre sou-vent tondue, dont se rend propre à bor-der l’entour des quarreaux du parterre,où elle dure en vigueur quelques aimées,sans par trop craindre les mauvais temps.I/yssope. En la lune vieille de Mars , sera se-mée l’hyssope, pour estre transplantéeau mois suivant en semblable poinct delune. Elle vient très-bien en terre lé-gère , mais vigoureuse, pourveu qu’elleThéâtre d’Agriculture , Tome IJ.
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soit exposée au soleil. Ne veut estre ar-rousée , qu’en temps sec et aride , en toutautre haïssant l’humidité. Le tondre à lafin de l’esté, la faict rejetter copieuse-ment , la bonasse de l’automne lui endonnant le loisir : ce que plus tard ne fe-roit-elle, pour le destourbier des froi-dures. Encores en mesnage-on les retail-leures , car les brins des summités coup-pés et séchés, servent à faire poudre pourla potagerie de l’hyver.
De plant enraciné et de semence s’é-difie l’aluine ou absynte, autrement ap-pellé, fort, en lune nouvelle d’Octobre ,de Février ou de Mars . L’on en remarquede trois principales sortes , de romain oupontique, de marin, et de commun. Au-cunes desquelles 11e requerrans le terroirbeaucoup fertil , s’accroissent en terresablonneuse et pierreuse, où avec peu deculture, l’on l’entretient très-bien.
Par bouteures ou branches se fournit-on de trufemande, dicte abrotanumfœ-mina , les recourbant en terre demi-piedprofond, et les en faisant ressortir àl’aer,deux doigts. En l’une des deux saisons, etde l’automne et du printemps, telle qu’onvoudra choisir, cela se fera la lune estantnouvelle : comme aussi s’accroistra-elle ,en telle terre que lui donnerés, avec mo-dérée culture de la main , du fumier etde l’eau. La trufemande se jette fort enrameaux , d’un brin s’en faisant tost unegrosse touffe. Se res-jouit d’esire tondue,dont l’on la rend très-propre en bordures jsa griseastre couleur , telle la gardanttoute l’année, et ses fleurs jaunes durantle printemps , avec leur bonne odeur, larendans recommendable (81).
Deux espèces de thym y a-il, qu’ondiscerne à la fleur, la plus blanche es-
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Aluitt0 ouabsynte,
Trufemande.
Thym.