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SIXIESME LIEU
tant la meilleure. Les deux viennent na-turellement ès coustaux secs et arides ,dont ils ont la racine fort dure. Par plantenraciné et par bouteures l’on se meublede thym. L’un et l’autre défaillans, l’onrecourra à la semence : laquelle mise enterre en la lune du mois de Février , sa-tisfera à vostre désir. Le thym se plantecommodément en l’automne et au prin-temps , au croissant de la lune , pourveuque la terre ne soit trop humide. Re-quiert la chaleur du soleil , et d’estrecouppé et tondu en saison. Ainsi traicté,et caressé par la générale culture du jar-din , ceste plante s’augmentera en beauté :mais elle descherra de senteur , ses fleursn’estans tant odorantes en lieu labouré,qu’en désert. La graine de thym est simenue, qu’à peine la peut-on recognoistreparmi la fleur, qui la retient et l’accom-paigne jusques à sa parfaicte meurté,dont pour 11e se descevoir, sans autre re-cerche, la fleur sera amassée lors qu’onla verra commencer à desclieoir, et sansse soucier d’en séparer la graine , toutcela ensemble sera semé. Les abeilles etles connins aiment fort la fleur du thym,aussi leur acquiert-elle bonté de miel etde chair, accompaignée d’odorante sen-teur, ainsi qu’apparemment se remarqueen divers endroits de Languedoc , où lesabeilles et les connins se paissent dethym (82).
Sarriète. La sarriète, par d’aucuns appellée sa-drée, est fort approchante du thym. Elles’accroist aisément aux lieux sablonneuxet maigres, parmi les cailloux des ruis-seaux. Tirée de là par ses rejects, et cul-tivée en jardin, reprendra très-bien et serendra bonne. Sa graine aussi sert en cestendroit semée au temps, où , et ainsi,
comme le thym , et par-après de mesmegouvernée (83).
Pour l’affinité du serpoulet aux deux serpouUt.précédentes herbes , comme elles il esteslevé : aussi communiquent-ils ensembleleur bonne senteur de fueille et de fleur ;et le service des cimes de leurs jetions àestre réduictes en poudre pour la pota-gerie, où elles se rendent propres. Demesme donques que lesdictes plantes , leserpoulet se loge en terre, et s’y conserve.
En ce qu’il désire l’eau toute l’année, ap-proche plus du naturel de la sarriète, quede celui du thym, qui se plaisant ès lieuxsecs, ne peut profiter ès trop humides (84).
Ceste plante-ci, a quelque correspon- Fairigue.dance en l’odorement avec les autres.Demeure néantmoins la fabrègue plusdélicate que ni le thym , ni la sarriète,aussi ne souffre-elle d’habiter ailleursqu’en jardin bien cultivé. L’on en sèmela graine, et après en transplante-on lesjettons , l’hyver estant passé, tous-joursen croissant de lune. Ceste particularités’y treuve, qu’aimant fort l’eau, arra-chée du séminaire, après mise dans unefiole de verre plaine d’eau , ses racinesse prennent dans l’eau, et s’y nourrissentcomme dans la terre : pourveu que la fiolesoit exposée au soleil partie du jour, noncontinuellement, c’est assavoir, despuisle levant jusqu’à midi : d’où retirée surle chaud du jour, de peur d’eschauffèrpar trop l’eau, au détriment de la plante,la fiole soit laissée à l’aer le reste du temps.
Ainsi avec merveille, void-on la fabrèguese nourrir en lieu si foible, et ses raciness’escarter à volonté en l’eau, qu’à loisirl’on remarque au travers du verre.
Par racines et branches , nous - nous Menu.fournirons de mente , lui donnant terre