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SIXIESME LIEU
Basilic.
l’herbe au mois de Mai en semblable lieuet poinct de lune, si toutes-fois trans-planter l’on la veut. Transplantée ou non,l’on la cultivera selon son mérite, c’estassavoir , avec tel soin qu’elle ne soufïredu voisinage d’autre plante, ni de la sé-cheresse , afin que gaiement elle s’ac-croisse. En la transplantant, elle seramise quatre doigts dans terre, de demien demi-pied de distance , l’une de l’au-tre , deux tiges joignans ensemble. Sila graine semée sort de terre inégale-ment , ainsi que cela avient fort souvent,l’on arrachera le superflu des lieux es-quels elle se trouvera trop espiesse , pourle planter ès places vuides , où la semenceaura rarement poussé ; par ce moyen ,un endroit sera réparé par l’autre. Ainsifaisant, seront suivis les deux avis de laconduicte de ceste plante : et par tellediversité , ne pourra-on faillir d’en avoircontentement. La graine , principal re-venu de la marjolaine, s’en retire encouppant les cimes des jettons qui la con-tiennent , et ce, plusieurs fois chacun, àmesure qu’on apperçoit la graine se meu-rir : demeurant le tronc de la marjolaine,vif en terre quelques années , commej’ai dict.
Le basilic souffre d’estre semé en l’au-tomne , liyver, et printemps : mais avecplus d’advanceinent est-il eslevé en cestesaison-ci , qu’en autre de l’année , lesemant en lune nouvelle. De l’édifierpar racines et bouteures , l’on ne se sou-ciera , car plus seurement vient-il semé ,que planté. Requiert le terroir bon , etd’estre souvent arrousé, plustost sur lechaud du jour, qu’en la fresclieur dumatin ne du soir, contre le commun na-turel de toute herberie. Le coupper sou-
vent avec l’ongle le faict rejetter abon-damment , voire mieux que le tondantavec le fer, duquel l’on s’abstiendra encest endroit. Les Anciens tiennent quela plante de basilic envieillie, se con-vertit en serpoulet (86).
L’auronne , dicte menu cyprès , pour Aurortne.le grand rapport qu’elle a avec cest ar-bre, autrement appellée, garderobe , seplante par rejettons enracinés, à fautedesquels suppléera la semence , la met-tant en terre bien préparée au printemps,la lune estant nouvelle. Ceste herbe seperd par l’extrémité des froidures et deschaleurs : pour laquelle délicatesse, luichoisit-on lieu fort tenrpéré. Aucuns i’es-lèvent dans des vazes , pour facilementla préserver des importunes froidures etchaleurs, remuans les vazes de lieu enautre , selon les occurences. Difficultéqui rend impropre l’auronne à servir èsbordures du parterre : ne laissant, toutes-fois, d’estre bien-séante au jardin avecplusieurs autres herbes, qui pour tout lo-gis n’ont que des quaisses ou autres vazes.
Encores qu’iln’yaieaucun fenoilaigre, ïiw.si est-ce que des deux principales espècesque nous en avons, l’un est appellé doux,à la difïérence de l’autre. Pour la saveuret l’odeur , le doux est le plus désirable :aussi a-il les grains plus gros que l’autre ,par là manifestant sa franchise. Tout fe-noil vient bien de plant enraciné , maismieux de graine, la semant au printemps,la lune estant nouvelle. Le fenoil désirebonne terre , et bonne culture , pour ledescharger d’importun voisinage : et d’es-tre quelques-fois arrousé en la sécheresse:moyennant lequel traictement, tost s’ag-grandira-il.Mais quelque diligence qu’ony mette, si ne le peut-on faire monter