DU THEATRE D’ AGRICULTURE.
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chauffé la terre , est le droict poinct decueillir les violetes , car sur le chaud dujour, l’on ne treuve en elles que peu desenteur (98).
lemia. Les grosses et menues pensées , outrele nom qu’elles ont de commun avec lesvioletes , par d’aucuns appellées , vio-letes d’automne , se ressemblent en ceci,que par mesme gouvernement on les es-lève, désirans mesme terre. Ces fleurs-cin’ont que la beauté sans aucune senteur,en récompence de laquelle , sont - ellesde fort longue durée, voire jusques bienavant dans l’hyver, moyennant qu’on lesarrouse en temps sec : ce que sans regretferés, puis qu’il n’est à craindre l’humi-dité leur oster la bonne senteur, par 11’enavoir aucune (94).
Marguerites. Elles marchent avec les précédentesfleurs , ayans ceci de plus particulier,que par le seul planter l’on les eslève. Dupied des vieilles marguerites , le nou-veau plant est tiré , et ainsi enraciné estmis en terre. Geste fleur ne sent nonplus que la pensée : mais sa beauté ré-compence tel défaut, pour sa figure etdiversité de ses couleurs meslinaées etdistinctes, selon leurs espèces. Une sortede marguerites y a-il ayant la fleur largeet espesse , de laquelle cinq ou six mar-gueritons sortent, chacun porté par sapetite queue d’un doigt de long, faisanstous ensemble un beau bouquet : qui es-tant conqiosé d’une seule fleur, s’en rendd’autant plus désirable, que la plante estassés rare (q 5 ).
Souci. Encores que le souci vienne en toutterroir sans culture, si est-ce qu’estantmis en bonne terre et soigneusement la-bourée , change bien de visage : commel’expérience monstre ses fleurs en devenirThéâtre d’Agriculture, Tome II.
plus belles, grandes et espesses, estantcaressé, que laissé sans soin. Il y a plu-sieurs espèces deceste fleur, toutes l’ayansjaune, plus ou moins haute en couleur ,avec quelque peu de bonne senteur, leurstiges se haussans selon la diversité de leursraces, en telles qualités discordantes dequelque peu les unes des autres. Et no-toirement en ceste-ci, que d’une sorte desouci se treuve le jiied monter de trois àquatre pieds , produisant une large etespesse fleur, jaune, grande comme uneroze , sans nulle senteur , par d’aucunsappellée, passe-velours, à cause que sesfueilles sont veloutées. Tous lesquels sou-cis parent longuement le jardin, gardansleurs fleurs jusques bien avant dans l’hy-ver. L’on les édifie par semence , souf-frent le remuement et transplantement,comme aussi d’estre maniés ès saisonsd’automne et du printemps. Le plus re-quis de leur culture, est le tondre souventde leurs rameaux superflus , car ainsideschargés, produisent gaiement leursbelles fleurs grosses et doubles (96).
Voici une fleur qui ne sent du tout
» 1 * ; , , , velours .
rien non plus que les precedentes, c estle passe-velours, dont la seule beauté ,avec raison, la faict loger au jardin enlieu apparent. Elle est fort belle à voir ,faicte en pyramide , de couleur incarnatesclatant : et qui plus est, séchée , nedescheoit que bien peu de son lustre.Qualité qui a faict ceste plante estre pard’aucuns appellée , passe - velours im-mortel. Il se sème ès mois de Mars etd’Avril en lune nouvelle. Et bien-que laplante monte assés hautement, commede quatre à cinq pieds , et s’affermisseainsi que bois, si est-ce qu’elle a faictson cours dans un esté : au bout duquel,
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