DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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Far distinc-tion d’espècesséparées.
Commentseront faictesles fosses àplanter lesarbres.
alignement, et en confusion 5 faisans desvergers séparés et de l’une et de l’autresorte, pour avoir le contentement qu’onreçoit communément de l’assemblage deschoses diverses. Ces vergers ainsi dispo-sés , seront divisés par-entr’eux en largeset droictes allées , autant longues que lelieu le permettra. A quoi pour augmenterle plaisir du pourmenoir, sera ad-joustéceci, que de distinguer les races desarbres , pour distinctement les planter,chacune selon son espèce , dont en outre,plus de fruict proviendra , que si ellesestoient confusément meslingées, chacunaimant son semblable. Les arbres qui leplus rejettent du pied , sont les plus pro-pres à planter confusément : les autres, àestre alignés, pour de tous ensemble tirerce qu’en cest endroit l’on désire, assa-voir , passage et arrest de la veue; tellediversité rendant le verger agréable. Aceste cause , planterons confusément lescoudriers, grenadiers et coigniers , et lesautres en ligne droicte, laissons néant-moins à la disposition d’un chacun, d’enfaire, et des uns et des autres arbres, desvergers confus et alignés , voire d’en mes-linger les arbres par-ensemble , commel’on voudra ; en ceci n’y ayant aucunesujection.
Après ces résolutions , préparera-on lelogis des arbres. Les fosses en seront creu-
sées fort grandes, c’est à dire, larges,pour à l’aise s’y pouvoir loger et allongerles racines des arbres : non beaucoup pro-fondes , par n’en estre nul besoin, at-tendu que les racines ne pénètrent guièresavant en bas , pour l’amertiune et cru-dité de la terre , qu’elles refusent. C’estpourquoi par dessus toutes autres fosses,sont plus prisées celles qui sont f aictes en
rayons longs, comme ceux ausquels l’onplante la vigne , où les racines des arbress’estendent à volonté, pour le facile accèsqu’elles treuvent dans la terre de nou-veau remuée le long du fossé ou rayon.De telles fosses néantmoins ne nous ser-virons-nous en cest endroit, les réservansau plantement des arbres du taillis, oùl’on les dispose près .à près l’un de l’autre :ains pour l’espargne , ferons - nous destrous et fosses séparées , non moindresen largeur, que de six pieds, en terreargilleuse et forte , et de quatre, en sa-blonneuse et foible. Moyennant laquelleespace, les racines des arbres auront dulieu assés pour s’esgayer à l’aise , avantque rencontrer la terre des extrémités dela fosse, dont la durté ne permet aux ra-cines de s’y fourrer guières avant. Cesmesures-ci sont pour les fruictiers du ver-ger : aux autres estant nécessaire de l’am-plifier selon leur portée, comme noiers,chastagniers , et autres de la campagne.Touchant leur profondeur, outre ce quejaen a esté touché, ceste cause sera ad-joustée, pour ne fourrer trop avant lesarbres en tex - re , que la poisanteur de laterre, singulièrement de celle qui se ren-contre estre argilleuse, estouffe les ra-cines des arbres , dont tost ils périssent.Suffira en tel endroit creuser les fossesun pied et demi, en intention d’y re-mettre au fond environ demi-pied deterre assaisonnée , pour sur icelle asseoirles racines des arbres en les plantant. Enterroir sablonneux etléger, quelque demi-pied davantage y enfoncera-on , commeaussi la raison veut faire les fosses quel-que peu plus profondes en lieu pendantet sec, qu’en plat et humide. En creu-sant les fosses , sera faicte distinction des
Leur largeur,
Et profon-deur , selonles terres.
Convientdistinctementemployer le *terres t