DU THEATRE D’AGRICULTURE.
Farrstailler,
Et rccnter.
de leur ramage , ayent occupé la placede ceux qui ont défailli, ne vous mettesen peine d’y en replanter d’autres, tantpour la difficulté de leur reprinse parmitelle presse, que pour n’estre la chosenécessaire : attendu que ces voisins-là sa-tisferont largement à telles défectuosités.
Est laissé à la liberté du jardinier, s’ilvoid que ses espaliers ne se fournissentuniment et à suffisance, d’en coupperuniversellement un ou plusieurs quar-tiers , demi-pied dessus l’enteure de cha-cun arbre , par où rejettans copieuse-ment , il réparera les lieux qu’il désire ,les remettant tout de nouveau avec plusde lustre qu’au commencement •, joinctque, par tel renouvellement, les fruictss’en augmenteront en bonté. Et si tout-
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d’une-main il réente généralement tousles arbres de l’espalier, tant soit peu surl’enteure, ou de ses propres fruicts , oud’autres meilleux’s, ce sera pour lui faireproduire des fruicts du tout excellens enbonté et beauté. Par tel ordre aussi serajeunira l’espalier , quand par vieillessese treuvera surchargé de brancheage ,dont la trop grande abondance lui osteet le lustre et le fruict. Pour lequel renou-vellement faire à propos , a esté pourveudès le fondement de l’espalier, ayant or-donné les arbres en estre plantés assésprofondément, afin de les pouvoir par-après commodément enter entre deuxterres sur le franc, eschéant réformation.Ainsi ne paroistra en l’espalier que nou-veau bois , tout le vieil demeurant cachédans terre , icelle réunie au plan du lieu :dont se remettra à fructifier à son accous-tumée, voire produira-il fruicts plus ex-quis qu’au-paravant , par l’artifice duréenter.
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J’ai dict en l’ordonnance de l’espalier Divenet
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n y avoir aucune sujection. cmivant la- pa u in .quelle liberté l’homme d’esprit se manieradiversement encest endroit, dressant desespaliers de différentes sortes, pour or-nemens de son lieu. En allées de deuxrengées équidistantes de douze à quinzepieds : les unes droictes , les autrescurves , à l’entour de ses jardins, en tra-vers , s’entre-croisans les unes les autres,comme mieux se pourra accommoder.
Aussi en environnera-il des jardins sé-parés, taillés de diverses figures, trian-gulaires , quadrangula-ires , pentagones,rondes , ovales, et autres par la guide dela fantasie. Pour en aucuns de tels jardinsmettre du saffran , en d’autres des lé-gumes , des chardons - à - bonetier, dugaude , de la garance , et semblableschoses plaisantes à l’œil et profitables àla bource. Des riches labyrinthes dresse-011 avec des espaliers, pour l’abondancedu fruict qui en sort, et très-plaisansavec , pour la gentillesse de l’entrelas deleurs diverses plantes. Ainsi qu’un ingé-nieusement composé de cerisiers, se voidau jardin de monseigneur le Connestable,à Alés, joignant une très-belle tonne demeuriers blancs.
Les bouts et cimes des arbres seront f„m <-<»■-roignés à toutes les fois qu’on s’apperce- ^a'brlTdcvra excéder la mesure donnée, qui pourra l ' a r aüer -estre de quatre à cinq pieds pour les plusbas , et de neuf à dix pour les plus hauts.
Sur lesquels ne souffrirés sur-saillir au-cuns jettons, ains là justement et uni-ment les ferés coupper. Si tontes-fois yvoulés laisser quelques arbres sur-sail-lans les autres, le pourrés faire , pourveuque ce soit par mesure limitée, en orne-ment de l’espalier, qui sera, si de trois