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Tome II.
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SIXIESME LIEU

Le moyen.

Lutilité.

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ne souffrir le provigner, puis que la plus-part diceux, rejettans du pied, laissenttous-jours des neveux après eux, dont àplus forte raison les arbres enracinablespar branche, se peuvent f acilement provi-gner. Ceux qui le moins rejettent du pied,sont les noiers et amandiers, quà tellecause nous ne traicterons de ceste sorte :mais ti'ès-bien indifféremment tous autresfruictiers , desquels à ce les plus difficiles,sont les pommiers et poiriers. De ceux-cinéantmoins vient-on à bout par cultureet arrousement, sans souffrir quils endu-rent la soif , mesme leur premier esté ,comme de ce, sur ma propre expérience,vous-vous pouvés arrester. Après don-ques quen la bastardière aurés enté vosarbrisseaux , et iceux auront jetté beaubois , en trois ou quatre vergettons quepour la cause qui soffre , aurés expres-sément laissés , coucherés ces vergettonsavec leur mère-souche dans terre, à lamanière de la vigne , et de mesme lesrechausserés, faisant ressortir les bouts àlaer pour leur accroissement. Ce quireste pour rendre ces arbres-ci au poinctdestre transplantés au verger, mesme laconduicte de leur branclieage , pour àpropos les façonner , a esté enseigné :par quoi ce ne seroit quennuyeuse re-dicte, den continuer le discours. Seule-ment ad-jousterai-je ceci , que le seulprovigner vaut demi-enter, par le moyenduquel les arbres se raffinent davantageà la longue , dont dautant plus excel-lens se rendent - ils, que plus de fois ,réitérant le provignement, lon les aurarecouchés dans terre. Chose quil con-vient refaire à toutes les fois quen aurésarraché des arbres pour transplanter ail-leurs , remplissant le vuide de la bastar-

dière , laquelle par ce moyen, commeune source vifve, fournira avec peu delabeur, autant de plant darbres exquis,que lui imposerés, voire en telle abon-dance , quelle pourra suffire à lentièrefourniture de tout un pays (127).

CHAPITRE XXVI.

Le particulier Logis des Arbres ,selonleurs espèces, et naturel dun cha-cun : avec la Cueillète, et Gardede leurs Fruicts.

Jus ques ici avons-nous discouru géné-ralement des arbres fruictiers, reste àparticulariser leur gouvernement, selonleur singulier naturel : quand,, etcomment veulent estre plantés, entés ,cultivés, et leurs fruicts cueillis et gardés.Afin quavec moins de liazard les esle-vions, que plus près approcherons dunatuiel dun chacun, dont par ce moyenles fruicts ( but de ce négoce) qui en pro-viendront, seront et meilleurs et en plusgrande abondance, que si à laventure etavec science enveloppée, avions planté,enté et labouré nos arbres. Ceci a ja estédict, que de planter tost, en pays chaudet sec : et tard, en froid et humide. Surlaquelle maxime édifierons nos vergers,présupposons , toutes-fois, que soyonsen climat tempéré , comme seulement de devons espérer profit des fruictiers.Ceux de nos fruictiers qui le plustost dé-sirent destre plantés, enrollerai-je ici lespremiers , en suite les autres , selon leurtemps et propre saison.