Auberges.
Pesches.
3 7 4 SIXIESME LIEU
nant pareille nourriture, sans augmen-tation de culture, se diminueront et decorps et de saveur. Les petits s’entretien-nent mieux en leur estât par le seul semer,que les gros. Il n’y a que l’enter qui soità priser en ce mesnage, pour avoir fruictde requeste, e t en abondance. Tout abricotdespouille nettement son noiau, au con-traire l’auberge le tient fermement (128).
Il y a diverses qualités d’auberges ,toutes symbolisans avec les abiûcots. Lesauberges incarnates d’un costé , jaunesde l’autre, colorées de rouge-brun en lachair attachée au noiau, sont fort pri-sées : celles aussi de jaune doré, duracines,ayans lachair ferme. Plus ou moins char-gées de couleur sont les unes que les au-tres , selon le fonds et le solage. De com-paignie avec les raisins se meurissent lesauberges, excepté une espèce qui est plus-tost meure que les autres, d’environ sixsepmaines ; et ce qui, en outre, la rendrecommendable, est la saveur musquatequ’elle a particulière : au reste de pluspetit corps qu’aucune des autres (129).
Encores plus qu’en aubergesl’on abondeen espèces de pesches, discernées parleursdiverses grandeurs, couleurs , saveurs.Les grosses jaunes durans, surpassenttoutes autres en bonté, pour leur agréablegoust et longue conservation , se lais-sans facilement sécher au soleil : commec’est aussi du naturel de toutes autrespesches, que d’estre pellées et séchées,pour le facile despouillement de leursnoiaux. Commodité qu’on ne treuve, niès abricots, ni ès auberges, difficilementse pouvans long temps garder, qu’enconfitures et compostes : pour laquellecause, convient les manger venans fi'es-chement de l’aibre. A autre usage ne sont
non plus propres les presses, pavies, mire-coutons , alampers, groignons , pesche-nois, pesche-noire et semblables fruictsà noiau, estans tous de inesme parentageavec les sus-nommés : mais par divers en-temens, à la longue, se sont esloignés deleur origine. De ces fruictiers-ci, exactedistinction n’en peut estre faicte qu’avecbeaucoup de difficulté, se diversifiansen-cores à toutes les fois qu’on les transmuede terroir ou de climat ( 1 3 o). De se peinerd’enter ces arbres-ci, n’est aucunementnécessaire, à cause que par le seul semer,les fruicts sortent du tout bons : toutes-fois meilleurs par la vertu de l’enter.Tous lesquels arbres, abricots, auberges,pesches et leur suite, sont d’eux-mesmesde courte vie, spécialement les entés,pour la délicatesse qu’ils ont plus grandeque les autres. De ce nombre , ceux quile moins durent, sont les abricottiers etaubergers , ne pouvant leur tendreursouffrir grandes froidures. C’est pourquoiqui désire n’avoir faute d’abricots ni d’au-berges , se résolve d’en planter des arbreschacun an, comme l’onfaict deschous, afinque les nouveaux, substitués aux vieux,fournissent à toutes saisons abondance defruict. Les peschers résistent un peu da-vantage , mais non tant qu’il ne falle pas-ser par tel chemin, si on veut avoir con-tinuation de cueillète de pesches. Parautre moyen que par replanter de nou-veau, se remeuble-on d’aubergers 5 c’esten leur couppant le tronc entre deuxterres, quelques quatre doigts, où rejet-tans , se renouvellent aussi tost, si quedans une couple d’années se remettent àfructifier comme devant, tant ils sontde bonne volonté. Le temps en est à l’is-sue de l’hyver, en temps beau et serain,
Ne viventlonguement .