seul remède à tel changement ; quoi-quecertains Antiques nous ayent laissé parescrit cela se pouvoir faire en vuidantl’humeur amère de l’arbre, par un troufàictprès de ses racines,après l’avoir pro-fondément deschaussé. Eschéant d’enterl’amandier, ce sera en canon plustost quepar autre manière, bien-qu’il souffre pas-sablement l’escusson , mais non l’enteren fente , à raison , tant de la durté deson bois, qui, par trop restraindre, estouf-fei'oit le greffe, q ue par ne se vouloirfendre à propos. Pour convenablementouvrer en cest endroit, est de besoinétester les amandiers qu’on veut enter,et celui duquel l’on désire tirer des gref-fes : et ce un an devant, afin que, etcanons et sujets estans de mesme aage etgrosseur , se puissent parfaictement bienconjoindre ensemble. Devant ou aprèsavoir bourgeonné, seront faicts ces entes-ci : pourveu que les arbres et les greffessoyent entrés en sève , ainsi qu’on le pra-tique ès chastagniers , ci-après noté. Peud’amandiers se treuvent ne tenir quelquechose de l’amer , auquel vice les arbresaugmentent, à mesure qu’ils s’advancenten aage , tendans plus à l’amertume , lesvieux que les nouveaux amandiers.
Quand rc- La cueillète des amandes sera lors
amandes, qu elles commenceront d elles-mesmes acheoir des arbres, nues et despouillées deleur première couverture : lesquelles l’onabbattra avec des perches, sans offèncerles arbres que le moins qu’on pourra,choisissant pour ceste oeuvre un beaujour et chaud. Puis, du tout desvelo-pées , leur ayant osté par force ce qui deleur peau ne se sera voulu oster par gré,seront exposées au soleil pour deux ou trois
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les garder, jours y ahn de s y secher. Apres les re-
tirera-on à couvert sur des planchers, lesy tenant escartées, et les remuant sou-vent , pour s’y achever d’apprester : à ceque vuides de toute nuisible humidité ,soyent finalement retirées au grenier , etlà emmoncellées, estre conservées sainesplusieurs années (i 32 ).
En mesme saison que l’amandier sera coudrier.planté le coudrier, c’est à dire de bonneheure , à cause de son advancé bouter :n’estant tant à craindre le dégast de seschatons par les froidures, que pour les enpréserver l’on en falle reculer le planterde l’arbre, ainsi qu’on faict de l’amandierpour le respect de ses fleurs, comme a estéreprésenté. Il requiert terre de moyennebonté, plus légère que poisante, plus hu-mide que sèche. Quant àl’aer, quel qu’ilsoit, chaud ou froid, ne s’esloigne beau-coup de son naturel : car on le void s’ac-croistre et ès montaignes froides , et èscampagnes chaudes , mais spécialementen certains quartiers du Vivaretz,esquelspour l’eslévation du pays la vigne ne peutcroistre , où toutes-fois le coudrier vientnaturellement : et à la coste de la mer Mé diterranée , vers Marseille , climat chaud,d’où l’abondance des noisetes est distri-buée par toute la France . Le fruict ducoudrier est diversement appellé , ave-laines et noisetes, aussi y en a-il de di-verses figures et conditions , rondes etlongues, franches et sauvaiges. Touchantla figure des noisetes, il y a peu d’arrest,car de toutes s’en treuvent de bonnes,toutes-fois moins de fausses, des longuesque des rondes : mais à la condition fautaviser soigneusement, pour n’en prendreque des franches. Il n’est question de s’a-muser à affranchir les coudriers sauvai-ges , puis que les branches des francs s’en-racinent