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Tome II.
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seul remède à tel changement ; quoi-quecertains Antiques nous ayent laissé parescrit cela se pouvoir faire en vuidantlhumeur amère de larbre, par un troufàictprès de ses racines,après lavoir pro-fondément deschaussé. Eschéant denterlamandier, ce sera en canon plustost quepar autre manière, bien-quil souffre pas-sablement lescusson , mais non lenteren fente , à raison , tant de la durté deson bois, qui, par trop restraindre, estouf-fei'oit le greffe, q ue par ne se vouloirfendre à propos. Pour convenablementouvrer en cest endroit, est de besoinétester les amandiers quon veut enter,et celui duquel lon désire tirer des gref-fes : et ce un an devant, afin que, etcanons et sujets estans de mesme aage etgrosseur , se puissent parfaictement bienconjoindre ensemble. Devant ou aprèsavoir bourgeonné, seront faicts ces entes-ci : pourveu que les arbres et les greffessoyent entrés en sève , ainsi quon le pra-tique ès chastagniers , ci-après noté. Peudamandiers se treuvent ne tenir quelquechose de lamer , auquel vice les arbresaugmentent, à mesure quils sadvancenten aage , tendans plus à lamertume , lesvieux que les nouveaux amandiers.

Quand rc- La cueillète des amandes sera lors

amandes, qu elles commenceront d elles-mesmes acheoir des arbres, nues et despouillées deleur première couverture : lesquelles lonabbattra avec des perches, sans offèncerles arbres que le moins quon pourra,choisissant pour ceste oeuvre un beaujour et chaud. Puis, du tout desvelo-pées , leur ayant osté par force ce qui deleur peau ne se sera voulu oster par gré,seront exposées au soleil pour deux ou trois

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les garder, jours y ahn de s y secher. Apres les re-

tirera-on à couvert sur des planchers, lesy tenant escartées, et les remuant sou-vent , pour sy achever dapprester : à ceque vuides de toute nuisible humidité ,soyent finalement retirées au grenier , et emmoncellées, estre conservées sainesplusieurs années (i 32 ).

En mesme saison que lamandier sera coudrier.planté le coudrier, cest à dire de bonneheure , à cause de son advancé bouter :nestant tant à craindre le dégast de seschatons par les froidures, que pour les enpréserver lon en falle reculer le planterde larbre, ainsi quon faict de lamandierpour le respect de ses fleurs, comme a estéreprésenté. Il requiert terre de moyennebonté, plus légère que poisante, plus hu-mide que sèche. Quant àlaer, quel quilsoit, chaud ou froid, ne sesloigne beau-coup de son naturel : car on le void sac-croistre et ès montaignes froides , et èscampagnes chaudes , mais spécialementen certains quartiers du Vivaretz,esquelspour leslévation du pays la vigne ne peutcroistre , toutes-fois le coudrier vientnaturellement : et à la coste de la mer Mé­ diterranée , vers Marseille , climat chaud,d labondance des noisetes est distri-buée par toute la France . Le fruict ducoudrier est diversement appellé , ave-laines et noisetes, aussi y en a-il de di-verses figures et conditions , rondes etlongues, franches et sauvaiges. Touchantla figure des noisetes, il y a peu darrest,car de toutes sen treuvent de bonnes,toutes-fois moins de fausses, des longuesque des rondes : mais à la condition fautaviser soigneusement, pour nen prendreque des franches. Il nest question de sa-muser à affranchir les coudriers sauvai-ges , puis que les branches des francs sen-racinent