DU THEATRE D’AGRICULTURE.
racinent avec autant de facilité que lessarmens de vigne. Et comme la vigneavec plusd’advancemenl s’édifie par plantchevelu que par simple sarment, aussien cest endroit préférerons-nous les re-jettons enracinés,prins ès pieds des vieilsarbres , aux seules branches , desquellesnéantmoins ne ferons difficulté de nousservir, en cas de nécessité. Or, soit plantenraciné ou non, nous le choisirons de lameilleure race qu’il sera possible , autho-Marquei de îisée par l'expérience. Les plus rempliesnoisetes sont le plus a priser, a laquellemarque nous-nous arresterons, sans avoiresgard au corps : car souvent avient queles plus grosses noisetes sont les moin-dres en valeur, le dedans de leur fruictestant léger , langui, ridé , de mauvaisgoust, dont la débite est d’autant plusavilée , que moins l’on tire d’argent deschoses légères que des poisantes se ven-dans au poids, ainsi que d’ordinaire l’onfaictde cefruict-ci : préférant néantmoinsles grandes aux petites noisetes, les deuxestans bien qualifiées. C’est aussi marquede bonté aux noisetes , que la couleur deleur coquille , laquelle tant plus appro-chera de rouge,tant mieux vaudra : pour-veu aussi que la coquille ne soit trop grosseet dure, ains modérément espesse et fer-me. Sous ces addresses nous édifierons lacoudraie, soit, ou par plant enraciné, oupar branche : ou par un troisiesme moyen,de semence : laquelle facilement et avecbeaucoup d’utilité l’on employé ès en-droits où le plant défaut. Les jettonsvenus de la semence , sans les transplan-ter , se convertissent en bons arbres ,pourveu que la semence soit mise environun pied dans terre, à ce que les arbresen provenans se treuvent sortir d’assésThéâti'e d’Agriculture, Tome II,
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profond, pour leur affermissement. Ainsiaviendra, pourveu qu’on ne remplisse lafosse , y mettant la semence : ains on enlaisse demi-pied de vuide, attendant de lacombler l’année d’après, les jettons s’es-tans haussés. Ce sera avec espoir de bonet certain revenu, si, sans nous rcstraindreà nombre certain de coudiûers, nous enplantons grande quantité (à l’exemple deMarseille , où la terre est fructueusementemployée à la nourriture de ces arbres-ciet des figuiers ). D’autant que les noi-setes estans de très-facile récolte et desemblable conservation, se gardent plu-sieux’s années : et toutes entières , noncassées comme amandes, se vendent auxmarchands, qui ainsi les transportent partoutes les provinces , dont le mesnagertire argent, et du bon et du mauvais dece fruict-ci.
Sur la cueillète, ceste observation estnotable, par prévoyance, que de loger lescoudriers dans l’enceint des jardinages,ou ailleurs , d’où l’on en jmisse aisémentet sans perte , retirer le fruict de lui-mesnxe chéant des arbres •, car c’est ainsiqu’il convient le recueillir, sans se donnerpeine de l’abbatti’e. Attendu qu’il désireestre serré en parfaicte maturité , pourestre et l'empli en dedans , et roxxx endehors : qualités venantes par le seul bé-néfice du soleil, avec la patience du laisserle fruict sur l’arbre, jusqu’à ce poinct-là,qu’il s’achève de préparer. Après qu’onaura amassé les noisetes presques nues ,avec peu de peine le reste de leur des-pouille sera enlevé, s’en allant en pous-sière : puis le fruict mis au soleil pourquelques jours, s’y préparera, pour en-après le serrer au grenier, remmoncelleren lieu sec , toutes-fois peu aéré , et là
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RécolteHt garde desnoisetes .
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