Quandet commentamasser lesolives.
DU THEATRE
fruict} ains de deux l’un, à tout le moinsfort rarement : auquel naturel est de be-soin les entretenir , pour le profit de cemesnage : car mieux vaut de deux en deuxans l’un, avoir bonne cueillète d’olives ,que chacun an, une maigre et chétive. Acela l’artifice utilement intervient. L’ex-périence monstre que quand la terre estensemencée, les oliviers portent du fruict;et estant vuide, s’amusent à faire dubois, pour l’abondance de nourriture quele fonds donne aux arbres : dont s’ad-vanceans en rameurc , se rendent ca-pables , par-après , à fructifier. C’est del’antiquité, qu’on a tiré telle primeur,CoLumelle l’ayant ainsi escrit. Pourdonques avoir esgalcment du fruict cha-cune année, le père-de-famille par-tira en deux ses olivetes, lesquelles , al-ternativement par années , il laboureraet ensemencera : moyennant lequel or-dre, et la faveur du ciel, aura tous-joursabondance d’huile. Pourveu aussi qu’iltienne nettoyés ses oliviers , les esla-guans à propos et par art ; voire les étes-tans en la nécessité, en les deschargeansdu bois superflu : partie des plus re-quises à l’entretenement de ces arbres-ci , en vain attendant fruict, bon , ni enabondance, d’aucun arbre sur-cliargé debranchease.
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La cueillète des olives donne grandefatigue , aussi tient-elle reng entre lesplus importantes des pays d’oliviers. Celaavient du temps , qui est l’hyver, auxjours courts : et pour le naturel de lachose , l’ouvrage en est long , puis quec’est à la main qu’on tire les olives desarbres. Aucuns, pour l’espargne, les ab-battent avec des perches : autres croyentque c’est ruiner les arbres : auquel avisThéâtre d’Agriculture , Tome II.
D’AGRICULTURE. 401
estant joincte la raison, pour le profitdes arbres , faict préférer le cueillir desolives à la main, au battre ; et laissée àchacun sa coustume, dirai le temps deceste récolte estre arrivé, lors que lesolives sont devenues noires, lequel poinctl’on attendra avant que de les cueillir ( ouseroit celles qu’on destine à confire, qu’ilconvient prendreencores ver tes etfermes).Avec diligence, l’on mettra la main àl’œuvre, de peur des froidures tallonnansla saison. Dès le mois de Novembre, peudevant, la besongne est ouverte, con-tinuant tout l’hyver, et plus tard, selonl’abondance de tel fruict. Sur des linceulsestendus ès pieds des arbres, l’on faictcheoirles olives, d’où aisément ramassées,sont après portées au grenier pour y re-poser , attendant le moyen d’en faire ex-primer l’huile. De peur d’offencer lesarbres, en y montant dessus, on accom-mode des eschelles à ce particulier ser-vice , par le moyen desquelles , les arbresenvironnés de tous costés , sans presserleurs branches, avec beaucoup d’aisance,sont despouillés de leur fz-uict. Est dé-fendu de toucher aucunement aux oli-viers , pendant qu’ils sont baignés, oude pluie ou de gelée, de peur de les in-commoder pour plusieurs années. Par-tant , la pluie survenant, ou les geléeschéans dessus , faut avec patience cliorn-mer de ce labeur, en attendant que parle retour du beau temps , les arbres sé-chés , l’on retourne amasser les olivescomme devant : car de cuider remettre lesarbres en estât de pouvoir estre vendan-gés sans leur nuire , par escourre et es-branler, c’est accroistre leur mal. Le gre-nier pour l’entre-pos des olives, sera àcouvert, en lieu frès, sec , plus esventé
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Observationnotable et né-cessaire. pourle bien desarbres.
Quel sera legrenier pourle repos desolives.