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SIXIESM E LIEU
Divers avitsur Ventrete-nement dufonds du ver -ë er.
Quelle
prairie estla moins nui-sible aujcçrbres.
croissement des arbres , sous leur om-brage, lapotagerie se treuvera opprimée :auquel cas, cédant le jai’din aux arbres ,les arbres demeureront fortifiés suffisam-ment , pour se passer de tant exquiseculture , se contentans de moindre trai-tement (l52).
De là en hors, diversement manie-onles arbres du verger , selon les lieux etfantasies. Aucuns abandonnent les arbresà la prairie, ne les cultivans du tout rien,ou si peu, que le liouer à l’entour destiges ne leur peut servir de beaucoup,attendu l’estendue des racines se paissansau loin. Autres leur continuent la culturejusqu’à leur extreme vieillesse, semans auparterre quelques grains ; pour , commed’une imposition , tirer la despence dulabourage. Etbien-que ceux-là quelques-fois rencontrent bien, c’est par le bénéficedu fonds et de l’aer, que cela procède : etparticulièrement pour certains arbres sup-portans assésbienlenon-labourer, commeenti’’autres, les pommiers et poiriers.Mais tous-jours , pour la générale bontédes fruicts, ceux-ci se treuvent mieuxfondés, d’autant que toute sorte de fruictssortent meilleurs de terre labourée quede la délaissée , comme a esté dict. Enceci est utile le parterre du verger empréé,que d’engarder les fruicts de se froisser,cliéans de maturité sur l’iierbe : et quesans grande tare du foin , plaisamment,l’on se pourmène en tous temps, sous lesarbres. Sur lesquelles commodités, ba-lancées avec leurs contraires , le prudentet scavant mesnager prendra avis selonson lieu.
S’il escliet de convertir le fonds du ver-ger en prairie, à la commune préférera-onla luzernière , pour le naturel de la lu-
zerne ou sainfoin, qui, non plus que lesarbres , ne veut estre broutée par lesbestes ; et qui au bout de dix ou douzeans veut estre arrachée , comme a estémonstré : chose qui revient au grandavantage des arbres, lesquels après longséjour se treuvent ravigouris , commerenouvellés parce deffrichement. A la lu-zerne nuisent les ombrages des arbres,desquels elle est empeschée, et de s’ac-croistre au pré , et de se sécher , estantfauchée : et aux arbres la luzerne causeceste incommodité, que de leur faire en-durer la soif en esté, elle ne voulant estrearrousée. Lesquelles difficultés serontadoucies, en fumant le fonds pour ad-vancer l’herbe , et après l’avoir couppée ,l’emporter dehors le verger, au plain pou-voir du soleil, pour s’y sécher et préparer :et touchant l’arrousement, y aller retenu,afin que seulement pour rafreschissementès grandes chaleurs, l’on leur face courirun peu d’eau , dont en ce cas , la luzernen’en sera qu’accommodée, ainsi qu’a estéreprésenté ailleurs (i53).
Quant aux grains , les moins nuisiblesaux arbres, sont les légumes, excepté lesciches , que bannirons du verger avec lesorges et millets, pour leurs naturels des-sicatifs, importunans par trop les arbres,de mesme les chanvres et les lins : rete-nans les fromens , seigles et avoines ,pour y estre semés, ainsi que mieux s’ac-cordera ; non toutes-fois avec espérancede grand rapport, pour l’embarras desombrages, ains seulement pour en retirerce qu’on pourra à la descharge du labou-rage. Ici se représente le dégast qu’onfaict des blés en les trépignant , pourcueillir des arbres les fruicts primerainsou de liastiveau , comme cerises, poires
Au Lieu IV,Chap. iv.
Quels grainsmoins im-portuns.