DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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L’on peutmettre dusaffran auverger.
Et des raves.
Aussi yplanter de lavigne.
musquées, abricots, et semblables : afinque ce mal préveu de loin, soit destournédès la fondation du verger mesme. Celase fera en rengeant à part les arbres dontla maturité des fruicts précède celle desgrains, sous lesquels semerés autre choseque blé de telle sujection : où y en se-mant , la perte s’arrestera en peu d’espacede terre que tels arbres contiendront,plus supportable que s’ils estaient es-cartés par le verger. Les pommiers, très-petit nombre excepté, ne causent tel des-ordre , ni aussi généralement les poiriersd’automne et d’hyver : non plus les fi-guiers , coigniers , mesliers , dont la tar-dité des fruicts donne loisir de retirerentière la despouille du fonds.
Le saffran y peut estre mis , souffrantet le trepis en herbe, et le cueillir de sonpoil, sans autre deschet que général,venant de l’ombrage des arbres, sous les-quels ne rapporte tant la saffranière ,qu’exposée en plain soleil. La chaleur dusaffran altère aucunement les racines desarbres, mais l’eau intervenant là-dessus,corrige telle intempérie sans nuire ausaffran, qui en est accommodé , oppor-tunément distribuée. Le remuer du saf-fran revient au soulagement des arbres ,quand pour icelui de quatre en quatre oude cinq en cinq ans , la terre est de nou-veau rompue et remuée , sens - dessus-dessous , dont les racines des arbres re-prennent nouvelle force. Utilement aussifera-on des raves et naveaux sous les ar-bres ; leurs labour etcueillète (qu’on faicten les arrachant) accommodans les arbres.
Reste un autre moyen , pour, à bonmarché , cultiver le verser : c’est deplanter quand-et les arbres, de la vigne,parmi laquelle s’accroissans les arbres,
avec eux , elle rapportera du fruict poursatisfaire aux frais du commun entrete-nementde ces plantes, ainsi meslingées.
Non toutes-fois pour guièi'es plus longtemps, que pour une vingtaine d’années,passées lesquelles, la vigne oppriméesous l’ombrage des arbres accreus en per-fection , sera arrachée : quittant la placeaux arbi’es, qui seuls l’occupant, de làen hors , s’y maintiendront en bon estât,autant longuement que le naturel desplantes le permettra, à cause de la provi-sion de bonne nourriture, que par lemoyen susdict, les arbres auront faicte.
L’excès de chaleur et d’humidité Cclll- Discours sursant la ruine des fruictiers, faict que plu- eJnuZdl.sieurs condamnent du tout le fumer et arlre1 'l’arrouser des arbres. Monstrant l’erreurde telle opinion, dirai au contraire, quepour avoir abondance de bons fruicts etprécieux, le fumer et i’arrouser sont très-requis aux arbi’es , comme l’excellencede leur nouniture : pourveu qu’avec justeproportion l’on se seive de l’un et del’autre. Et de faict, où treuvera-on lesfruicts exquis, qu’ès lieux engraissés etarrousés ainsi qu’il appartient ? Non èsimportunés du trop maigi'e, gras , sec,et humide. Ce sera donques avec un jus-quesoù, qu’employerons ces commodités,à ce que nos arbres se maintiennent enbon estât. Ceste restrinction se rapporteà la qualité des fumiers et des eaux ; àleur quantité ; au temps et moyen deleur emploi ; mesme au pays où l’on est.
Le meilleur fumier pour les arbres, est leplus vieux et mieux pourri, ou neufs etvigoureux terriers : les eaux, celles defontaine ou autres salutaires, telles qu’a-vons choisi pour la prairie. Convient mo-dérément user de l’un et de l’autre, car