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Tome II.
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DU THÉÂTRE DAGRICULTURE.

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Lon peutmettre dusaffran auverger.

Et des raves.

Aussi yplanter de lavigne.

musquées, abricots, et semblables : afinque ce mal préveu de loin, soit destournédès la fondation du verger mesme. Celase fera en rengeant à part les arbres dontla maturité des fruicts précède celle desgrains, sous lesquels semerés autre choseque blé de telle sujection : y en se-mant , la perte sarrestera en peu despacede terre que tels arbres contiendront,plus supportable que sils estaient es-cartés par le verger. Les pommiers, très-petit nombre excepté, ne causent tel des-ordre , ni aussi généralement les poiriersdautomne et dhyver : non plus les fi-guiers , coigniers , mesliers , dont la tar-dité des fruicts donne loisir de retirerentière la despouille du fonds.

Le saffran y peut estre mis , souffrantet le trepis en herbe, et le cueillir de sonpoil, sans autre deschet que général,venant de lombrage des arbres, sous les-quels ne rapporte tant la saffranière ,quexposée en plain soleil. La chaleur dusaffran altère aucunement les racines desarbres, mais leau intervenant-dessus,corrige telle intempérie sans nuire ausaffran, qui en est accommodé , oppor-tunément distribuée. Le remuer du saf-fran revient au soulagement des arbres ,quand pour icelui de quatre en quatre oude cinq en cinq ans , la terre est de nou-veau rompue et remuée , sens - dessus-dessous , dont les racines des arbres re-prennent nouvelle force. Utilement aussifera-on des raves et naveaux sous les ar-bres ; leurs labour etcueillète (quon faicten les arrachant) accommodans les arbres.

Reste un autre moyen , pour, à bonmarché , cultiver le verser : cest deplanter quand-et les arbres, de la vigne,parmi laquelle saccroissans les arbres,

avec eux , elle rapportera du fruict poursatisfaire aux frais du commun entrete-nementde ces plantes, ainsi meslingées.

Non toutes-fois pour guièi'es plus longtemps, que pour une vingtaine dannées,passées lesquelles, la vigne oppriméesous lombrage des arbres accreus en per-fection , sera arrachée : quittant la placeaux arbies, qui seuls loccupant, deen hors , sy maintiendront en bon estât,autant longuement que le naturel desplantes le permettra, à cause de la provi-sion de bonne nourriture, que par lemoyen susdict, les arbres auront faicte.

Lexcès de chaleur et dhumidité Cclll- Discours sursant la ruine des fruictiers, faict que plu- eJnuZdl.sieurs condamnent du tout le fumer et arlre1 'larrouser des arbres. Monstrant lerreurde telle opinion, dirai au contraire, quepour avoir abondance de bons fruicts etprécieux, le fumer et iarrouser sont très-requis aux arbies , comme lexcellencede leur nouniture : pourveu quavec justeproportion lon se seive de lun et delautre. Et de faict, treuvera-on lesfruicts exquis, quès lieux engraissés etarrousés ainsi quil appartient ? Non èsimportunés du trop maigi'e, gras , sec,et humide. Ce sera donques avec un jus-quesoù, quemployerons ces commodités,à ce que nos arbres se maintiennent enbon estât. Ceste restrinction se rapporteà la qualité des fumiers et des eaux ; àleur quantité ; au temps et moyen deleur emploi ; mesme au pays lon est.

Le meilleur fumier pour les arbres, est leplus vieux et mieux pourri, ou neufs etvigoureux terriers : les eaux, celles defontaine ou autres salutaires, telles qua-vons choisi pour la prairie. Convient mo-dérément user de lun et de lautre, car