DU THEATRE D’AGRICULTURE. 441
mois, pour l’avoir toujours bon. Il dégénèrepromptement dans notre climat.
'L'oignon blanc d’Espagne , très-gros, applatiet doux, se sème en Pluviôse et Ventôse (Fé-vrier et Mars) ; il n’est pas d’une longue garde ;il perd sa douceur et une partie de son volumeaprès tptelques années de culture en France ,pourquoi il est nécessaire de renouveler souventsa semence en la tirant d’Espagne , de Portugal ou d’Italie , où il est fort répandu. Dans le midion le mange souvent cru. Il y en a une variétérouge, qui n’en diffère que par la couleur et unpeu moins de douceur. Deux autres variétés,l’une blanche et l’autre rouge, d’une forme alon-gée , ont à-peu-près les mêmes qualités et lesmêmes inconvéniens ; leur culture est semblable.
L 'oignon pâle est l’espèce la plus commune,sans doute parce qu’elle est la plus avantageuseet la plus utile. Cet oignon, d’un rouge très-pâle, ou plutôt jaunâtre , est de bonne gros-seur , applati, très-ferme, et se conserve pluslong - temps qu’aucun autre; il est rustique,réussit presque toujours , et en tout terrein. Onle sème depuis le 25 Nivôse jusqu’à la fin deVentôse (depuis la mi-Janvier jusqu’en Mars .)
L 'oignon rouge, plus foncé, est très-bon aussi ;sa nuance varie jusqu’au violet; il est d’uneforme plus oblongue que le précédent , d’ungoût plus fort qu’aucun autre oignon, et se gardetrès-bien : c’est celui qui réussit le mieux dansles terres fortes. On le sème dans la même saisonque le pâle.
Nous ne parlerons pas de quelques autres va-riétés plus curieuses qu’utiles , qui ne peuventfigurer avantageusement dans un potager.
Une recommandation plusieurs fois répétéedans le cours de cet article , est que la terredestinée à recevoir les oignons soit bien fuméeet engraissée : cela exige explication : l’oignonhait le fumier ; si la terre où on le sème encontient qui ne soit pas entièrement consommé,il est très-exposé à graisser, comme disent lesjardiniers , et à périr ; il est donc nécessaireque les planches où on veut en cultiver, aientété préparées dès l’année précédente , et mêmequ’elles aient porté, après la fumure , une ré-colte d’autres plantes potagères , comme deschoux, pois , haricots, etc.
Théâtre d’Agriculture , Tome II.
La seule culture pratiquée dans ce temps ,étoit celle où la transplantation a lieu. Olivier de Serres n’indique nulle part le semis de l’oi-gnon en place , très-usité aujourd’hui ; nous enparlerons au second article sur cette plante ,
Chapitre VII, jardin d’été, note(24), page 446 .
L’oignon d’automne se replante j>resque tou-jours. ( E- )
(10) Il existe, cependant, entre la culture dela ciboule et celle qui vient d’être indiquée cùlo ’ m ‘ II
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pour l’oignon, deux différences essentielles; lapremière, que la ciboule se sème plus ordinaire-ment au printemps qu’en automne ; la seconde ,qu’on peut se dispenser de la replanter : dansles environs de Paris , on en sème beaucoup enplace ; à la vérité elle ne devient pas aussi forteque celle replantée.
Il y a deux variétés de ciboule, l’une blancheet l’autre rouge. Ceux qui veulent en avoir tou-jours de petite et tendre, en sèment plusieursfois dans le courant de l’été.
Olivier de Serres ne parle pas de la ciboulevivace ; c’est une très-bonne espèce , plus douceque l’annuelle : on la multiplie en séparant sesbulbes au printemps ou en automne.
Nous dirons aussi un mot de la civette, cive,ou ciboulette, très-petite et vivace. On la mul-tiplie comme la précédente , par la séparationde ses touffes : l’une et l’autre font très-bien enbordures , qui doivent être replantées tous lesdeux ou trois ans. (T)
(11 ) Dans quelques cantons on employé, pour ut m ,ravigourir les poireaux et leur donner une vé- mlonne ^ 11 ■gétation extraordinaire, le marc de raisin , quel’on répand dessus en place de terreau : aucunamendement ne leur convient mieux.
Il est assez ordinaire de ne planter les poi-reaux qu’à la fin de Prairial (mi-Juin); maison pourroit le faire beaucoup plutôt ; à Paris ceux du semis de Pluviôse (Février) , sont déjàbons à manger à cette époque ; pour cela on lesamis en place en Germinal (Avril).
On peut s’éviter la double culture que néces-site le mode de plantation indiqué par l’au-teur , en plantant droit , ainsi qu’011 le faitpresque par-tout aujourd’hui. On obtient, decette manière , des poireaux tout aussi beaux
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