SIXIESME LIEU
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et aussi blancs que Je l’autre; il ne s’agit qued’enfoncer le plant très-profondément. ( V.)
rage Ï 29 , ( 12 ) Rés. C’est une tresse ou une cordée d’ail
iïZZ 11 ’ ou d’oignon ; la tresse est double ; les oignonsou les aulx y sont attachés par la fanne quiest tressée avec du glui (c/e), et forment uneespèce de chapelet. C’est une façon d’empaque-ter l’ail ou l’oignon , qui approche de la torched’oignons de Paris , où on les vend à la torche ,à la glane, à la botte et au décalitre (boisseau).
Ce mot rés vient du latin restis , corde ; etPline a dit restis alliorum, botte d’ail ; les Es-pagnols disent , dans le même sens , ristra,tresse d’aulx. (//.)
Page a 3 o, (,3) Au-delà du quarante-cinquième degré,'venë'dern non seulement les aulx mis en terre après l’hiverdaussent parfaitement, mais encore c’est la sai-son ordinaire de les planter, et non l’automne.On en plante aussi quelque peu vers la fin deFrimaire (mi-Décembre ) , et pendant l’hiver.
C’est beaucoup de laisser trente-trois centi-mètres (un pied) d’intervalle entre les rayons ,quinze à seize centimètres (cinq à six pouces)suffisent; mais on éloigne chaque bulbe de neufà douze centimètres (trois à quatre pouces). L’ailcraint au moins autant que l’oignon les fumiersqui ne sont pas parfaitement consommés : il neréclame d’arroseinens que dans les sécheressesexcessives.
On cultive dans quelques cantons l'ail à ro-camboles ( allium scorodoprasum, A.), qui semultiplie par les petites bulbes qui naissenten groupe au sommet de sa tige. Ses usageset sa culture sont les mêmes que ceux de l’ailordinaire.
Il me semble que , dans l’emploi des mots se-mer et planter, il seroit préférable d’appliquerexclusivement le premier à toute graine ou se-mence , grosse ou petite ; et le second , à toutesles autres parties des plantes , comme Olivier de Serres l’indique lui-même plus loin , pourles arbres. (U)
CHAPITRE V.
idem, (i4) Depuis le temps HP Olivier de Serres , les
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Hune 2 3 . progrès de la culture , les mélanges occasionnés
par la communication accidentelle des poussièresfécondantes , l’introduction d’espèces étran-gères , ont accru à un tel point le nombre des es-pèces ou variétés jardinières, dans beaucoup denos plantes potagères, que, dans quelques-unes,on peut à peine aujourd’hui les compter , ou dumoins les reconnoitre toutes bien distinctement.
C’est ainsi qu’au lieu de trois ou quatre sortes delaitues dont parle notre auteur, nous en avonsaujourd’hui plus de quarante, en y comprenantles différentes variétés de romaines ou chicons ,race qui paroît lui avoir été inconnue. Il seroittellement long d’entrer dans le détail de toutesces especes, que nous croyons devoir nous enabstenir : nous renverrons, pour cela , le lecteurau Traité des Jardins , ou le nouveau de laQuintinye, au Cours d’Agriculture de Rozier,etc. , où ce travail est fait d’une manière satis-faisante. (U)
( 1 5) Olivier de Serres , qui n’avoit pas d’autres Pa ê econnoissances botaniques que celles que l’on 11
possédoit de son temps, prend ici l’épinard mâlepour la femelle, et -vice versa. On sait que cen’est que depuis que les observations et les ex-périences de Linné ont porté le jour sur cettebranche si importante de l’histoire naturelle,que les organes sexuels et les lois de la géné-ration dans les végétaux ont été reconnus d’unemanière claire et positive. Malheureusement leslumières sont si lentes à se répandre , qu’encoreaujourd’hui presque tous les habitans des cam-pagnes prennent le chanvre mâle pour le chanvrefemelle , et que les jardiniers ne reconnoissentpas mieux les sexes dans l’épinard et dans lesautres plantes dioïques qu’ils ont tous les jourssous les yeux.
La recette que donne ici notre auteur, pouravoirdes épinards d’une grandeur extraordinaire,est encore un de ces préjugés tel que ceux dont lapratique de tous les arts est encombrée, tantqu’ils ne sont pas éclairés par une saine théorie.
( La note (35) du second Lieu a déjà parlé de lamême recette appliquée aux blés). Aujourd’hui,on peut avoir, sans ce soin , des épinards extrê-mement larges , grâce à une nouvelle variété ac-quise depuis peu d’années, et cultivée sous lenom à'épinard anglais } variété dont les feuilles