DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.
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Dans tous les cas , il est nécessaire de distinguerles differentes sortes pour bien indiquer leurculture.
Les petits radis ronds , de toutes les cou-leurs , et les petites raves longues, peuvent êtresemés en pleine terre, depuis la fin de Pluviôse(mi-Février) jusqu’en Fructidor (Septembre).On les sème clair , à la volée ; on les recouvrepeu : deux doigts de terre par-dessus sont plusque suffisans , sur-tout si on peut terreauter lesemis, ce qui est très-bon. Dans les chaleursde l’été , il faut en semer peu à la fois et sou-vent , et arroser beaucoup : c’est dans cette sai-son qu’ils sont extrêmement sujets à monter.Les semis du premier printemps , au contrairede ce que dit Olivier de Serres , sont ceux pourlesquels cet inconvénient est le moins à craindre.Les différons moyens pour en avoir de très-hàtifs , sont : i°. celui indiqué par l’auteur;2 °. un autre à-peu-près analogue, qui consisteà en semer à la mi-Vendémiaire (fin de Sep-tembre) sur les vieilles couches à melons ouautres , après leur avoir donné une i:>etite façonà la fourche. Ces radis se forment tout-à-fait,ou à moitié, avant les grandes gelées , à l’ap-proche desquelles on les arrache et on les re-plante très-près les uns des autres , sur un adosexposé au midi ; il est facile ainsi de les couvriret d’en conserver beaucoup sur un petit esjiace ;c’est par ce moyen qu’on en a presque toutl’hiver; 3 °. en en semant à la mi-Nivose (com-mencement de Janvier) sur les couches nou-velles et sous châssis ; puis de la mi-Pluviose(fin de Janvier) jusqu’à la fin de Pluviôse ( mi-Février) également sur couche , mais sans châs-sis , avec une simple couverture en paillassons.Dans les terreins légers on en risque quelquessemis en pleine terre dès la mi-Pluviose (com-mencement deFévrier) le long des cossetières ouplates-bandes du midi, mais on compte peu surceux-là. Il est bon d’observer que , pour les se-mis sur couche , le lit de terre qui recouvre lefumier doit - être très-peu épais ,, les radis entournent plus vite. La semence doit aussi êtretrès-peu recouverte.
Ce sont les gros radis noirs et les gros blancsd’Ausbourg que l’on sème grain à grain et àquelques doigts de distance ; mais ce sera assez
de les enterrer de trois à six centimètres ( un àdeux pouces). La saison est de Prairial en Ther-midor (depuis Juin jusqu’en Août): on peutsemer de ceux d’Ausbourg un mois plutôt. Cesradis , sur-tout les noirs , se conservent très-bien l’hiver , enterrés dans le sable , dans unecave ou autre lieu à l’abri de la gelée.
Pour avoir de bonne graine de toutes les va-riétés de radis et raves , il ne suffit pas de laissermonter à graine un bout de planche de celle quevous voulez récolter , mais il faut choisir avecsoin un certain nombre de racines les plus fran-ches , chacune dans leur variété , et les replan-ter isolément , à une assez grande distance ,pour qu’à la floraison il ne puisse y avoir au-cune communication entre les poussières fécon-dantes. Les radis semés en Fructidor (Septem-bre) , qui ont été conservés l’hiver sur un ados,sont les porte-graines préférés. On les replantealors en Ventôse (Mars). (V-)
( 3 o) Il y a quelques variétés dans la rave , Fa s e =44 ,lesquelles diffèrent par le plus ou moins d’ap- 11 ’
platissement de la racine , et par la couleur ducollet, qui est verte dans les unes , rouge dansles autres , etc. ; mais ce nom ne doit s’appli-quer ici à aucun des navets longs, quoique dansquelques cantons, on nomme aussi raves cer-tains d’entr’eux.
La culture de cette racine est si importante ,qu’elle ne peut être trop recommandée. Sesavantages sont développés dans une instructionpubliée par la Société royale d’Agriculture , en
1785, réimprimée et répandue par ordre duGouvernement , in-8°. et in- 4 °. , en 1786 ,
1787 , et en l’an XI , que nous invitons les lec-teurs à consulter : ils trouveront encore d’autresinstructions sur cette racine , dans les Mémoirespubliés par cette Société.
Il est important d’observer que , déjà dutemps àdOlivier de Serres, et peut-être long-temps avant lui , on cultivoit ces racines engrand pour lanourriture des bestiaux. (Af. etV .)
(01) Les navets très-fins ne s’obtiennent que mge 45 ,
dans les terres douces et sablonneuses: ceux de I '
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Preneuse , de Saulieu et des autres crus les plusrenommés , semés dans une terre forte , dégé-nèrent au point de n’y être pas reconnoissables.