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Tome II.
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SIXIESME LIEU

Aucune de nos espèces ne supporte les ge-lées de nos hivers un peu rigoureux ; le seulnavet de Suède ou rutabaga, introduit en France depuis quelques années , a la propriété de ré-sister aux plus grands froids. Sous ce rapport,sa culture est infiniment intéressante , et inéri-toit bien lattention que la Société dEncourage-ment lui a donnée, en proposant cette cultureen grand pour sujet dun prix. On a imprimé àtort, dans quelques ouvrages modernes , quecette plante étoit la même chose que le chou deLaponie ou chou-navet; la Société dAgricul-ture de Paris , dans un rapport authentique , adémontré la fausseté de cette assertion.

Parmi les navets cultivés en grand pour lanourriture des bestiaux , on doit distinguer unetrès-grosse espèce fort répandue dans les-partemens du Rhin ( en Alsace ) , dans le Pa-latinat, et dans une partie de lAllemagne ,sous le nom de navet de campagne, et dé-signée plus souvent, dans les ouvrages de jar-dinage , sous celui de gros navet de Berlin . Cenavet, très-long et en partie hors de terre , de-vient énorme dans les terreins profonds qui luiconviennent,et est dun très-grand produit.(U).

Page 245, ( 32 ) La navette, que lon ne peut rapporter

VgnTÂ ' quau brassicanapus de Linné , paroit être les-pèce sauvage, souche primitive de tous nos na-vets cultivés. Elle se sème le plus souvent enautomne , ainsi que le dit lauteur ; mais quel-ques cantons en ont aussi une variété particu-lière pour le printemps, appelée navette deprintemps et navette dété. On peut consultersur cette culture, ainsi que sur celle du colsa ,autre plante oléagineuse très-utile, dont Olivier de Serres na pas parlé , louvrage que labbéRozier a publié, et qui est intitulé : Traité surla meilleure manière de cultiver la navette et lecolsa, et den extraire une huile dépouillée deson mauvais goût et de son odeur désagréable ;Paris , 1774 ) in- 8 °. ; dont il a reporté lextraitdans son Cours dAgriculture.

La Commission dagriculture et des arts aaussi publié une Instruction sur la culture de lanavette dété, dans laquelle cette plante estconsidérée relativement à ses avantages poul-ies animaux. ( H. et T. )

( 33 ) Aujourdhui le nom de carotte a prévalu p age! us,presque par-tout, et on distingue les différentes 11 .

sortes par la désignation de leur couleur , cequi est préférable. Il seroit à désirer que lon re-nonçât entièrement au mot pastenade , qui peutfaire confusion, en ce quil se rapproche dunom du panais ( pastinaca .)

Outre la carotte blanche et la rouge , on en aaujourdhui de jaunes , et aussi une petité va-riété courte et hâtive , qui est excellente. Onpeut semer des carottes en Germinal (Avril) etmême plus tard ; mais il est préférable de syprendre dès le mois de Ventôse (Mars), sur-tout dans les terres légères. Quand la graine estbonne et nouvelle , on auroit tort de semerdru, car quoiquon ait la facilité déclaircir, ilarrive presque toujours quon en laisse trop. Onsème aussi des carottes en Fructidor (Septem-bre) , pour en avoir de bonne heure au prin-temps ; il faut quelles soient couvertes dans lesgelées un peu fortes. Enfin on peut en semer surcouche à la mi-Pluviose (fin ue Janvier), et enpleine terre , sur les plates-bandes du midi, enPluviôse (Février) ; dans ces deux cas , cest lacourte hâtive qui est préférable.

Cest ici le lieu de dire un mot du panais(pastinaca sativa, Z.) que sans doute Olivier de Serres na pas connu, puisquil nen parle pas.

Cette racine très-nourrissante, et dune saveuraromatique , demande, comme la carotte , uneterre bien ameublie et défoncée profondément.

Elle se sème clair en Ventôse (Mars) , et toutesa culture consiste à être éclaircie après la le-vée , sil y a lieu , et ensuite à être sarclée etarrosée au besoin. Le panais le plus ordinaireest long ; il y en a une variété à racine ronde ,qui nest pas moins bonne, et que lon doit pré-férer dans les terreins qui nont pas assez deprofondeur pour lautre. ( V .)

Les racines potagères , dont nous connois-sons aujourdhui un grand nombre de varié-tés , nétoient cultivées autrefois que dans lesjardins ; mais dès quon en eut apprécié lesavantages pour la nourriture des hommes et desbestiaux , on destina à ce genre de culture desterreins dune plus grande étendue : 011 les semaen plein champ , et il est prouvé maintenantquelles y viennent aussi parfaitement lorsquon

leur