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SIXIESME LIEU
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promptement et beaucoup de racines à-la-fois.Cette machine se trouve gravée dans plusieurstraités d’économie rurale ; Cretté - Palluel,Chanorier, et notre collègue M. Bourgeois ,directeur de l’Etablissement de Rambouillet ,l’ont fait exécuter pour le service de leurs ber-geries et de leurs vacheries. (P.)
( 34 ) On connoît aujourd’hui plusieurs autresvariétés de betteraves : la jaune, la blanche,celle de Castelnaudary , qui est plus petite , d’unrouge très-foncé et d’une forme plus turbinéeque les autres ; la betterave champêtre ou ra-cine de disette , dont il sera parlé plus bas. Enfinnous avons reçu depuis peu, d’Allemagne , sousle nom impropre de steck-r'ùben, une variété quiparoît prendre beaucoup de faveur dans ce payspour la culture en grand ; elle a des rapports avecla betterave champêtre, de laquelle elle vient pro-bablement; mais sa racine est d’une forme pluscylindrique , plus allongée , et sort d’avantagede terre. ( V.)
On cultive en Allemagne , exclusivement pourla nourriture des bestiaux, la variété de betteraveconnue sous le nom de racine de disette, et quenous appelons aussi betterave champêtre. Ellediffère des betteraves ordinaires, en ce que saracine ne s’enfonce pas toute entière dans laterre, qu’une partie s’élève à la surface et ac-quiert beaucoup de volume ; que son feuillagedétaché à propos et successivement, donne plu-sieurs récoltes de fourrage pour les vaches etpour les cochons.
Introduite en France , en 1775, par Vilmorin,cette plante ne prit pas d’abord la faveur qu’elleméritoit ; elle fut bornée , pendant plusieursannées, à de petites cultures : mais , vers 1784,Commerell, témoin dans la Souabe du produitconsidérable qu’on retiroit de cette plante , enfit venir une assez grande quantité de graine ,multiplia les essais , publia des instructions ,et débarrassa cette culture des gênes et des soinsqui font rejeter , à la campagne, les meilleursprocédés.
Comme la betterave champêtre est la variétéqui a servi aux expériences faites à Berlin et àParis , dans la vue d’opérer en grand l’extractiondu sucre , de suppléer la canne , et de subvenir
par ce moyen aux besoins de la consommationd’une matière pour ainsi dire exotique, devenueaujourd’hui parmi nous une denrée de premièrenécessité ; nous nous permettrons d’examinerici rapidement jusqu’à quel point les espérancesqu’on a conçues à cet égard sont fondées.
De toutes les parties des plantes cultivéesdans nos climats , ce sont les fruits succulensqui renferment une plus grande quantité desucre ; et dans ce nombre les raisins occupent lepremier rang, comme parmi les graminées d’Eu rope , c’est le mays : après les fruits, on pourraitcroire que ce sont les racines charnues qui de-vraient être les plus riches en sucre; mais la ra-cine , cet organe qui s’enfonce presque toujoursdans la terre , étant destinée à servir la plantedans l’obscurité , ne peut recevoir les influencesimmédiates de la lumière solaire , dont l’ab-sence est si souvent préjudiciable à la couleuret à la saveur exquise de nos fruits ; les prin-cipes qu’elles renferment ne sauraient éprouverune élaboration favorable à la saccharification ;la végétation intérieure parait plus occupée à for-mer la substance fibreuse ou parenchymateuse ,qu’à transformer la matière muqueuse extractiveen un véritable sucre. Sans doute qu’au midi de la France , la betterave deviendrait suscep-tible de fournir une plus grande quantité desucre , sur-tout si elle étoit cultivée dans unfonds sablonneux, le plus propre à la générationde l’un de ces matériaux immédiats des végé-taux ; et si , dans les autres variétés de cetteplante , on choisissoit de préférence la jaune ,qui, à plus juste titre que la betterave cham-pêtre , mérite le nom de betterave à sucre , ensupposant que , toutes choses égales d’ailleurs,elle produisit autant de racines , ne coûtât pasplus de frais de culture , et ne fût pas plus dif-ficile sur le choix du terrein.
A la vérité il faudrait, avant d’entreprendre untravail de cette importance , connoître , par desessais préliminaires , le résultat effectif qu’onobtiendrait; car on sait que le sucre existe par-tout où la saveur qu’on lui connoît se manifeste.Il n’est pas nécessaire , pour s’assurer de sa pré-sence dans un corps quelconque , qu’on puissel’en retirer sous forme sèche et cristallisée ; l’étatconcret n’est le caractère distinctif que d’une