DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 477
objet, il suffit d’indiquer aux lecteurs les meil-leures sources où ils pourront puiser , telles quel 'Art deformer les Jardins, traduit de l’anglois,de Wathely ; VEssai sur les Jardins, parWn-telet ; la Théorie des Jardins , par Morel, déjàcitée, et celle par Hirschfeld, traduit de l’alle mand ; De la Composition des Paysages, parGirardin; Sur la formation des Jardins, parl’auteur des Considérations sur le Jardinage ;l’Essai sur l’Art des Jardins , traduit de l’an-glois de Walpole ; la Description des Jardinsdu goût le plus moderne, par Siegel, etc. ( H .)
CHAPITRE XI Y.
Page 3o6, (11 5 ) La disposition d’un jardin destiné à
11 ’ cultiver des plantes médicinales, telle que l’au-teur la propose, ne seroit certainement pas cellequ’il conviendroit d’adopter aujourd’hui , ellen’est pas assez commode , elle présente mêmedes inconvéniens dont il est facile de s’aperce-voir, pour peu qu’on y fasse attention.
Quelques plates-bandes bien dressées et pla-cées les unes à côté des autres suffisent toujourspour contenir les plantes médicinales, dont on abesoin dans une campagne ; d’ailleurs , on saitque les plantes usuelles sont d’autant plus pour-vues de propriétés, qu’elles croissent sans cul-ture, dans des terreins qui leur sont propres, etdans des expositions qui leur conviennent ; c’estdonc dans ces endroits qu’il faut les aller cher-cher, et il est bien rare que dans un rayon dedeux ou trois myriamètres ( quatre à six lieues)on ne trouve pas celles dont on est dans le casde faire usage.
Dans une terre où on veut tirer parti de tout,et où, par conséquent, l’économie la plus sévèresur toutes les dépenses doit se faire remar-quer, un jardin de botanique ne peut jamaisêtre qu’une affaire de luxe , qui, dans le cassupposé, est toujours déplacée , et cela avecd’autant plus de raison , que l’entretien de cejardin doit coûter beaucoup , et exiger une sur-veillance continuelle dont on ne peut jamaisêtre indemnisé par les petits avantages qu’ilprocure. A la rigueur, si on vouloit s’éviter la
peine d’aller chercher au loin les plantes mé-dicinales qui croissent spontanément dans lacampagne , on pourroit en élever quelques-unes en même temps que les plantes potagères ,et dans les mêmes carrés. La culture des pre-mières se faisant comme celles des secondes , iln’y auroit aucuns frais de plus à faire , et onn’auroit pas besoin d’avoir un terrein destiné àun usage particulier , comme celui que l’au-teur demande. C’est même à - peu - près cettemarche qu’on suit à présent dans tous les grandspotagers où on voit souvent les bordures desplates-bandes formées avec du thim, de la sauge,de la marjolaine , de la lavande , de l’absynthe,de la germandrée, et d’autres plantes de cetteespèce. Toutes croissent très-bien dans ces en-droits , on les a avec profusion , elles offrent uncoup-d’œil agréable , elles retiennent les terres,elles parfument l’air, elles procurent aux abeillesl’occasion de récolter une grande quantité demiel ; enfin elles ne gênent, en aucune manière,la culture des plantes potagères qui les avoi-sinent. Quant aux autres plantes médicinales ,qui par leur nature particulière ne pourraientpas être placées comme celles dont on vient deparler , on leur assignerait des endroits qu’oncroirait leur mieux convenir ; et, comme le nom-bre de ces plantes ne doit jamais être très-consi-dérable , on conçoit que, sans frais et sans pertede terrein , on suffirait facilement aux besoins.
En annonçant que le nombre des plantes mé-dicinales qu’un particulier a intérêt de cultiverdans un terrein qu’il habite et qu’il exploite lui-même, doit être peu considérable, on conçoitque je ne suis pas d’accord avec l’auteur , et quepar conséquent je suis loin d’admettre qu’il soitnécessaire d’avoir toutes celles qu’il indique. Eneffet, en parcourant la liste des plantes qu’il veutqu’on cultive dans son jardin médicinal, j’en re-marque beaucoup dont les propriétés étant par-faitement analogues peuvent être substituées lesunes aux autres ; j’en remarque d’autres aux-quelles il attribue des propriétés qu’elles n’ontpas , et beaucoup qui sont parfaitement inutiles(voyez la note (117) ci-après). Ainsi, en restrei-gnant le nombre des plantes médicinales à unevingtaine au plus, on auroit à-peu-près toutescelles qui seraient nécessaires; et on voit déjà