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que pour un si petit nombre il ne faut pas faireexprès un jardin médicinal, tel que celui ouceux dont l’auteur donne le plan. Aux motifsque j’ai déjà allégués pour proscrire ce jardin,j’ajouterai que pour être bien cultivé , il exigeun jardinier qui réunisse plus de talens que n’enont ordinairement ceux qui n’élèvent que desplantes potagères ; que les plantes médicinalesqui peuvent y croître n’y étant jamais que paréchantillons , il doit s’en trouver beaucoup quine sont pas en assez grande quantité pour suf-fire aux besoins de la maison; et qu’enfin, dansle nombre de ces plantes, il y en a certainementplusieurs qui sont assez difficiles à remplacer ,lorsqu’elles viennent à manquer. Le but de l’au-teur ne peut donc jamais être rempli qu’incom-plètement, tandis qu’avec le moyen que je pro-pose , on obvie aux inconvéniens , puisqu’on esttoujours sûr d’avoir à sa disposition les plantesqui conviennent dans le traitement de presquetoutes les maladies, sans avoir à s’occuper dessoins qu’exige nécessairement un jardin , danslequel, au milieu de végétaux utiles, on en élèved’autres dont on peut se passer. ( De.)
Page 3c6, (n6) Pierre Richier de Belleval, étoit aussi
"s * 11 ’ contemporain d ’Olivier de Serres , qui en fait unéloge justement mérité. Né en i564 (*) , il mou-rut en i 632 , après avoir créé deux fois le jardinbotanique de Montpellier , et avoir avancé centmille livres pour cet objet, ce qui formerait au-jourd’hui plus du double de cette somme. Labotanique lui doit Lobel, l’Escluse, Lœsel, etles deux frères Bauhin .
Mon collègue et mon ami M. Broussonet , quiremplit dignement aujourd’hui la chaire de bo-tanique de Richier de Belleval, à Montpellier ,et qui , comme lui, vient aussi de recréer lejardin botanique de cette Ecole célèbre , nes’est pas contenté de proposer successivementles éloges d ’Olivier de Serres et de Belleval à laSociété royale des sciences de Montpellier , ila encore rassemblé et publié quelques opusculesde botanique de ce dernier, et les a réunis à celui
(*) On lit sur son portrait, qu’il a gravé lui-méine ,et dont M. Broussonet m’a remis un exemplaire :.tftalis suœ, 66 , i63o.
iP Olivier de Serres , sur l’écorce du mûrierblanc.Voyez la Notice bibliographique des écrits denotre-auteur , en tête de ce volume. {H.)
CHAPITRE XV.
> 7 ) Angélique. L’angélique sauvage ( an- Page 3*7,gelica sylvestris) est très - inférieure à l’angé- 1 ‘
lique archangélique ( angclica archangelica ) :la racine de celle-ci est aromatique , tonique ,et stomachique; mais on n’a plus maintenantaucune confiance en ce médicament pour pré-venir la peste , et pour guérir les morsures desserpens et des chiens enragés. En général , lesAnciens ont attribué ces propriétés à toutes lesplantes aromatiques et fortement toniques , eton retrouve encore cette opinion chez les peuplessauvages : elle peut avoir quelque fondement ;car on sait bien que l’atonie est une circonstancequi dispose le corps à recevoir les impressionscontagieuses ; mais il faut convenir en mêmetemps que l’utilité de ces prétendus antidotesest au moins extrêmement exagérée. Les jeunestiges de l’angélique servent d’aliment habituelen Laponie , et chez nous on les confit au sucre ;peut-être cette plante mériterait-elle d’être cul-tivée comme le céleri?
Valériane. La valériane officinale ( vale -riana ofjicinalis) est un des médicamens indi-gènes les plus actifs : sa racine, séchée, ré-duite en poudre , a produit des effets marquéspour guérir l’épilepsie ; Tissot va même jusqu’àregarder comme incurable toute épilepsie qui arésisté à ce remède. Il a été aussi employé avecquelque succès dans des maladies analogues,telles que l’hystérie , la danse de Saint-Vit, etmême la paralysie : il offre cependant quel-ques anomalies qui tiennent sans doute moinsà la nature du remède qu’à la variété même desmaladies nerveuses. Quelques jiraticiens l’ontsubstitué au quinquina dans les fièvres inter-mittentes , et ce remède indigène mérite de fixerde nouveau, sous ce rapport, l’attention desmédecins de la campagne. On peut suppléer lavalériane officinale , par la valeriana Plut, lavaleriana Celtica, etc.
Pain-de-pourceau (cyclamen Europccum ).
Cette racine est entièrement hors d’usage; elle