DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 483
mière est préférée : dans le temps de l’intro-duction du tabac en Europe , elle a été employéecontre presque toutes les maladies ; depuis lorsson emploi médicinal a diminué. L’usage ha-bituel qu’en font plusieurs Nations entières acontribué encore à diminuer cet emploi, parceque les individus accoutumés à son action cessentd’en être affectés d’une manière énergique : elleréunit des propriétés âcres et stimulantes , avecune vertu évidemment narcotique ; aussi soneffet est-il très-variable selon le mode de l’ap-plication.
Quoquelicoq (papaver rhœas). L’usage ducoquelicot a beaucoup diminué depuis que celuide l’opium s’est répandu : le suc de cette plantepossède à un moindre degré les propriétés dupapaver somniferum.
Passerage ( lepidium latifolium). Elle estmaintenant hors d’usage , quoique sa saveur poi-vrée semble annoncer des propriétés énergiques.
Buglose. Elle est maintenant hors d’usage.La buglose de France et de presque toute l’Eu rope tempérée et méridionale est Vanchusaitalica de Retz, et diffère de l’espèce du nord, àlaquelle Linné a donné le nom d 'anchusa of-ficinalis. Cet exemple pourroit servir à confir-mer l’analogie des propriétés entre les espèces dumême genre; car ces deux plantes , etl 'anchusaangustifolia, ont été autrefois employées in-distinctement.
Camomille. Ce nom est maintenant appli-qué à deux plantes ; savoir : la camomille com-mune ( matricaria chamomilla ) , et la camo-mille romaine ( anthémis nobilis) : j’ignore dequelles plantes parle notre auteur, lorsqu’il citedes camomilles à fleurs jaunes ou pourpres.
Agripaume ( leonurus cardiaca). On nel’emploie plus aujourd’hui.
Ortie. Notre auteur confond ici deux plantestrès-différentes ; i°. l’ortie morte ( lamium al-bum) n’est plus employée , et n’a pas de poilsdont la piqûre soit cuisante ; 2°. l’ortie grièche ;sous ce nom on confond les urtica urens et dioïca.La piqûre des poils de ces plantes est très-cui-sante , et on l’emploie quelquefois comme unstimulant, pour rappeler la sensibilité dans cer-taines parties extérieures du corps : ces deuxorties sont en outre employées comme astrin-
gentes. Ce qui peut devenir plus utile , c’est desavoir que les fibres de l’écorce peuvent rem-placer le chanvre, et sont employées, sous cerapport, dans le nord de l’Asie , et que l’herbemême est un aliment sain pour les bestiaux ,lorsqu’étant à moitié fanée ou un oeu humectée,ses poils ont perdu la force de piquer.
Manrube (marrubium -vulgare ) ; paroitètrele np«V;«, des Grecs , d’où notre auteur a, parcorruption , tiré le nom de pressiim. (Z). C.)
CHAPITRE XVI.
(118) L’Histoire nous apprend que les hommes Pagei%<>,ont planté des arbres fruitiers des la plus haute colo "'“ !I '
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antiquité , mais il ne paroit pas que jusqu’ausiècle d’Auguste , leur culture ait été assujétieà des principes réguliers. Il y a tout lieu decroire qu’avant cette époque , on se contentoitde plein-vents , d’espèces peu perfectionnées ,greffées sur des sauvageons crus au hasard , à-peu-près comme on le voit encore aujourd’huidans quelques cantons de la France éloignés desgrandes villes. L’espèce de faveur que prit laculture des arbres en Italie , et probablementdans tout l’Empire romain , au moment de lachûte de la république , tenant aux richesses etau luxe qui régnoit alors , cessa, lorsque la per-pétuité d’un gouvernement dévastateur , et desguerres sans cesse renaissantes , eurent absorbéles unes et par-là anéanti l’autre. Les invasionsdes Barbares du nord achevèrent de faire perdre lesouvenir des bonnes cultures , et l’abrutissementreligieux qui en fut la suite n’étoit pas propreà le rappeler. Aussi ne trouve-t-on dans lesauteurs du moyen âge rien qui annonce quel-ques essais de perfection à leur égard. Il fautarriver jusqu’à François I pour retrouver uneculture régulière d’arbres fruitiers ; mais de-puis lors on s’en est continuellement occupé,et c’est à Olivier de Serres qu’on doit d’en avoirle premier indiqué par écrit la pratique et lathéorie.
Cet écrivain , si supérieur à son siècle, a fortbien vu tous les avantages qui résultent de l’é-tablissement des vergers, soit pour la société engénéral, soit pour les propriétaires en particu-
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