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SIXIESME LIEU
poiriers , des pommiers , et d’autres arbres déjàtrès-perfectionnés , il est de fait qu’on n’a pasencore de notions exactes sur les résultats. Cettecirconstance avoit déterminé Rozier à faire unesuite d’expériences sur cet objet, et il les avoitcommencées avec cette supériorité qui lui étoitpropre ; mais des événemens antérieurs à la ré-volution, non seulement ne lui ont pas permis deles continuer, mais même de tirer quelque profitde ce qu’il avoit déjà fait : c’est donc à recom-mencer. Il est à désirer qu’un amateur éclairéveuille bien s’en occuper ; car les conséquencespeuvent en être très-importantes, soit sous lepoint de vue du perfectionnement de la culture ,soit sous celui de la physique végétale. ( L . B.)
CHAPITRE XIX.
Page 346, (121) Nos pères plantoient chaque année des
colonne il, vergers et conservoient les anciens, et chaque
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année nous en détruisons sans en replanter.Avoient-ils raison? avons-nous tort? Nos jar-dins , remplis d’espaliers , de pyramides, de que-nouilles , de nains , les remplacent-ils avanta-geusement ?
Il est très-certain que, quand on examine unvaste pommier dont les branches plient sous lepoids des fruits dont elles sont surchargées, onest porté à croire qu’il n’y a point de meilleurmoyen de se procurer des pommes , que de plan-ter des plein-vents : c’est aussi ce qu’ont d’abordfait tous les peuples lorsqu’ils ont commencé àdevenir agriculteurs. Cependant, d’un côté, ona remarqué que les arbres de cette espèce em-ployoient beaucoup de terrein , ne donnoientabondamment du fruit qu’au bout d’un grandnombre d’années, et encore de deux ou trois an-nées l’une, que ce fruit étoit généralement petitet très-sujet à manquer par l’effet de l’intemTpérie des saisons, etc., etc.; d’un autre côté, on aobservé que la même espèce d’arbre, soumise àdes procédés particuliers, fournissoit un produitdès la troisième année , et que ce produit étoitbeaucoup plus assuré , plus beau , et même, endéfinitif, plus considérable , ainsi qu’on le prou-vera au chapitre suivant : de-là on a été porté àpréférer les arbres placés dans les jardins à ceux
des vergers, et c’est ce qu’on fait en ce moment,sur-tout autour des grandes villes , et dans tousles lieux où l’opulence peut payer l’augmen-tation de dépense qu’une culture plus soignéeamène nécessairement.
Je suis loin de blâmer le goût actuel, qui esttrès-favorable au développement de l’industrieagricole , et auquel on doit le perfectionnementdes espèces , mais je voudrais cependant voirconserver les vergers , qui, à côté des inconvé-niens annoncés plus haut, présentent des avan-tages incontestables, dont le principal est d’exis-ter , une fois plantés , sans dépenses, pour plu-sieurs générations , et de fournir par conséquentannuellement, presque pour rien, des fruits àleurs propriétaires. D’ailleurs, il est beaucoupd’arbres , tels que les cerisiers , les pruniers,les noyers , etc. , qui ne se prêtent pas faci-lement aux caprices du jardinier , et qui de-mandent par conséquent à être laissés en plein-vent. On dira peut-être que ces arbres, ainsique tous les autres, pourront être dispersés surle bord des routes, sur la lisière des champs,dans les vignes, etc., et cela est vrai ; mais ilsy seront plus battus par les vents, plus exposésaux intempéries de l’atmosphère , aux pillagesdes malfaisans, etc. On doit conclure de ces ré-flexions, je crois, qu’il est à désirer, pour l’avan-tage général de la société, que les trois modes deculture des arbres fruitiers soient simultanémentemployés par-tout ; savoir : celui des jardins, desvergers renfermés , et en plein champ.
Ordinairement on place le verger à côté de lamaison, etonl’entoure ou de murs, ou dehaies,ou de fossés , pour le mettre à l’abri des bes-tiaux et des voleurs : c’est le lieu des ébats desenfans , souvent des animaux domestiques , telsque les génisses , les poulains. On calcule rare-ment son exposition ; cependant elle n’est pasd’une petite importance pour la réussite et lavigueur des arbres, l’abondance et la qualitédes fruits qu’ils doivent produire : l’ouest et lenord sont les pires, et on doit les éviter autantque possible. Un terrein profond et substantielest celui qui convient le plus ; car on doit éviterégalement, et la trop grande aridité , et la tropgrande humidité.
Depuis François I , qu’on peut regarder
comme